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 Le Phénix et le Serpent...

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Syriel
Reine des Vampires
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MessageSujet: Le Phénix et le Serpent...   Dim 11 Sep à 20:26

Je ré-édite également celui-là... je vous dis pas le temps que ça me prend! Imbécile

Je pense qu'il serrait également bon de commencer cette section par une petite intro. Intro qui aurait pour but de vous expliquer ce qu'est "Le Phénix et le Serpent"... Très content

Il s'agit en fait d'une des fanfictions que je m'efforce d'écrire. Je l'ai commencée au mois de mai dernier, le 20, si je me souviens bien. Cela faisait déjà plusieurs semaines que je n'avais plus rien à écrire, et je ressentais plus que jamais l'envie irrésistible de m'inventer une histoire. C'est par une soirée calme que je me suis mise à mon bureau, plume en main, et que j'ai commencé à tracer le commencement de ce qui allait rapidement devenir une histoire pleine de romantisme. Au départ, je la dédiais à mes deux meilleures amies qui, si souvent, m'avaient demandé de leur écrire une romance. Je m'y suis donc mise, avec joie et bonne humeur, heureuse d'avoir enfin un sujet à traiter.

Et puis, avec le temps, j'ai découvert le fantastique site TWWO et je me suis empressée d'y mettre mon récit. Et puis, alors que je n'attendais pas à ce que cela plaise aux lecteurs, arriva Become, qui fut une de mes premières revieweues. C'est d'ailleurs à elle que je dois une partie de mon histoire et j'en l'en remercie chaudement. Je crois qu'elle ne saura jamais à quelle point son soutient et son aide me sont précieuses... Coeur

J'ai donc poursuivis l'écriture de cette fanfic et, voyant que cela plaisait à de nombreux lecteurs, je suis devenue de plus en plus audacieuse. J'ai finalement décidé d'une grande partie de l'intrigue, ainsi que des destins des différents personnages et de la fin. Mais avant d'en arriver là, voici quelques petites infos utiles (juste un mot: il se peut que les dates ne soient pas tout à fait précises...): :mrgreen:

Genre: romance, drame/tragédie, aventure
Rating: G, le plus souvent. Attention, certaines scènes serront classées R par la suite!
Quand?: l'histoire se déroule entre 1983 et 1989. Voldemort est à l'appogée de sa puissance. Les Aurors tentent vainement de lui resister...
Où?: en Angleterre, bien sûr. Certains lieux sont les créations de notre chère Rowling, d'autres sont directement issus de mon imagination.
Qui?: on retrouve plusieurs personnages secondaires tirés d'Harry Potter, tels que les Maraudeurs (désormais adultes) et plusieurs membres de l'Ordre du Phénix. Toutefois, les personnages principaux sont Voldemort (bien sûr!) et une jeune femme prénommée Vivyan. Vous en saurez plus sur elle en lisant ma fic...

Petit résumé: ne vous êtes-vous jamais demandé ce qui avait pousser le plus terrifiant sorcier de tout les temps, Lord Voldemort, à commaître tous ces meurtres? Ce qui l'a décidé à agir? Et si tout cela n'était qu'un cruel revers du Destin, l'ayant contraint à vivre désormais dans le Mal? Vous découvrirez tout cela en lisant cette histoire...

Voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaitez une BONNE LECTURE!!!! dwarf
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Syriel
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Dim 11 Sep à 20:29

Voici donc le premier chapitre de ma fic, "Le Phénix et le Serpent"... J'espère que ça vous plaira! Laissez-moi vos avis, SVP!!!!!!!!!!!! Très content


Chapitre 1 : Fuite en forêt


La jeune fille, terrorisée, courrait à perdre haleine dans les sous-bois. Elle louvoyait rapidement entre les arbres, tentant vainement de semer ses affreux poursuivants. Glissant et trébuchant sur les ornières et la mousse visqueuses qui jonchaient le sol, elle progressait aussi vite que le lui permettait ses jambes meurtries. Les buissons de ronces jalonnant le sentier déchiraient sa courte robe blanche et des pierres tranchantes blessaient ses pieds.
Portant, elle restait belle. La lumière argentée de la lune faisait luire sa peau pâle et lui conférait un aspect magique. De longs cheveux auburn tombaient en cascades sur ses épaules nues, emmêlés de nombreuses brindilles sèches. Ses grands yeux noisette, constellés de taches dorées, reflétaient la peur et le désespoir. Des larmes nacrées perlaient le long de ses cils sombres et coulaient sur ses joues douces. Elle retenait d’une main sa robe éclatante qui glissait sur ses épaules nues, tandis ce qu’elle fuyait loin de ses tortionnaires…

Elle s’arrêta soudain, le souffle court, et se retourna. À vingt mètres derrière elle, les deux hommes ivres poursuivaient leur recherche à grand renfort de cris et de jurons. Ils se rapprochaient de plus en plus et la jeune fille, sentant une angoisse tenace lui serrer la gorge, repris sa course effrénée. Les deux autres la poursuivaient depuis de nombreux kilomètres et elle sentait qu’elle ne tiendrait plus longtemps. Pourtant, elle DEVAIT continuer, il en allait de sa vie !!!
Il y avait eu une grande fête, au village et c’était là que tout avait commencé. Dans ce petit hameau peuplé uniquement de mages et de sorcières, au nord de l’Ecosse, on avait fêté ce soir-là, la fête de Samain, appelée également Halloween. La bière et l’hydromel avaient coulé à flot, les danses et les gigues s’étaient succédées à une vitesse folle et de nombreux hommes étaient déjà ivres avant la fin de la soirée. La jeune fille avait fait forte impression, lorsqu’elle était apparue au milieu des convives, resplendissante de beauté dans sa fine robe de lin blanc, ses cheveux élégamment relevés sur sa nuque. Elle dégageait une aura de chasteté et de pureté, si bien que les jeunes hommes du village s’étaient succédés pour obtenir ses faveurs. Mais elle les avait tous repoussé avec douceur et charme, refusant de danser avec eux. Ils avaient donc renoncé à regret, la laissant seule, sans cavaliers.
Mais cela n’avait guère plus à deux rustres du village. Elle avait repoussé leurs avances insistantes avec tant de grâce que cela les avait mis dans une rage noire. Déjà passablement éméchés par la quantité d’hydromel qu’ils avaient bue, ils avaient suivi la jeune fille tandis ce qu’elle c’était éloignée de la fête, marchant sous la lune. Ils l’avaient coincée contre le mur d’une vieille étable et avaient commencé à l’importuner. Mais leurs agissements ne s’arrêtèrent pas là : rapidement ils immobilisèrent leur proie et relevèrent son jupon blanc, révélant deux jambes fine et fuselées.
Réalisant ce qu’ils allaient lui faire subir, elle avait prestement sorti sa baguette magique et le avait immobilisés d’un seul sort. Elle s’était rapidement enfuie en direction de la forêt, tel une biche effarouchée par deux lions féroces. Malheureusement, elle s’était rendu compte peu après que son maléfice n’avait pas duré très longtemps et que les deux hommes, poussées par leur envie, n’avaient par renoncé à la poursuite. Pire encore : elle s’était aperçue qu’elle avait égaré sa baguette magique dans sa précipitation. Que pouvait-elle faire face à ces deux colosses, sans magie, désarmée ????
Soudain, elle trébucha sur une racine traîtresse et tomba lourdement à terre. Elle tenta de se relever, mais son pied droit était profondément entaillé. Elle sentait le sang couler le log de sa cheville et entendit avec horreur les respirations rauques et haletantes de ses poursuivants. La terreur la figea sur place. Elle n’osait plus bouger, de peur de trahir sa présence et n’entendait plus rien, hormis le sang qui battait ses tempes.
Tout à coup, une chouette hulula, s’envola en lui frôlant la tête. Elle poussa une exclamation de surprise et un des hommes s’écria :
- Viens ! Elle est ici !!!
La jeune fille tenta de ramper sur le sol froid, mais elle sentit une grosse main s’abattre sur son épaule. En un instant, l’ivrogne fut sur elle, immobilisant ses bras, en attendant que son compagnon arrive. Son acolyte ne se fit pas attendre longtemps et la jeune fille, terrorisée, les entendit échanger des propos atroces :
- Dépêche-toi ! disait celui qui la tenait fermement. J’ai réussi à la coincer, elle est à nous… et on va bien s’amuser avec elle !
Son compagnon éclata d’un rire goguenard tandis ce que l’autre caressait la joue humide de larmes de la jeune fille :
- Allez… Sois bien gentille et on ne te ferra pas de mal…
La pauvre malheureuse avait tellement peur qu’elle ne ressentait plus rien. Elle était au bord du gouffre, elle allait tomber et personne ne la rattraperait… Abasourdie de terreur, elle se laissa faire. L’homme, enhardi par son manque de réaction, commença à l’embrasser. Ce ne fut que lorsqu’elle sentit son haleine fétide sur sa bouche qu’elle réagit soudain. Avec toute la violence que lui conférait la terreur, elle envoya avec force son genou dans le ventre de l’homme qui en eut le souffle coupé.
Elle profita de sa douleur pour le repousser brusquement et s’enfuit en clopinant aussi vite que le lui permettait son pied blessé. Elle progressa avec difficulté dans la forêt et déboucha dans une vaste clairière à l’herbe haute. Elle avait à peine parcourut 200 mètres quand elle s’effondra, harassée de douleur et de fatigue. Elle tenta de relever, en vain, et resta alors couchée sur le dos, à attendre la fin. Elle savait qu’il n’a avait plus aucun espoir et, en entendant les respirations haletantes de hommes qui approchaient, elle fut prise d’un spasme de révolte et de honte. Elle n’abandonnerait jamais ! Pourtant, il n’y avait plus aucun espoir. Mais elle continua à y croire et adressa une prière muette à un sauveur invisible :
- S’il vous plait… venez me sauver !
C’est alors que dans un craquement sinistre, la grande silhouette d’un homme vêtu d’une cape apparu…

« Mon dieu ! Que vais-je faire ?! Ils vont me tuer, c’est sûr ! Non, le sort qu’ils me réservent est pire que la mort. Je ne reverrais jamais Sirius, James, Remus et Peter. Oh non ! Je ne vais pas mourir ! AIDEZ MOI !!!! »

Alors, qu'en pensez-vous??? dwarf
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Syriel
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Dim 11 Sep à 20:31

Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que vous allez aimez...
Très content

Chapitre 2 : Un mystérieux sauveur…

L’homme qui venait de transplaner observa la scène avec stupéfaction. La jeune fille presque dévêtue et les deux colosses aux abords de la clairière. Il ne s’attendait certes pas à un pareil spectacle. En réalité, en venant dans ce coin retiré de l’Ecosse, il pensait être totalement seul. Il s’était rendu précisément dans ce bois car il pensait y retrouver un ancien et mystérieux mage qui s’y était retiré depuis de nombreuses années. Ce mage avait, disait-on, d’immenses pouvoirs et un savoir très étendu dans les sciences occultes. L’homme, avide de puissance et de pouvoir, espérait retrouver le mage afin d’apprendre ses secrets. Malheureusement, il avait appris, grâce à une vipère bavarde, que le mage était mort depuis de nombreuses années. L’homme à la cape avait donc renoncer à poursuivre ses recherches et se préparait à rentrer quand un cri avait attiré son attention, le faisant transplaner dans cette clairière.
En réalité, il ne savait pas trop pourquoi il avait transplané à cet endroit précis. Il avait agis sans réfléchir, contrairement à son habitude. Et voilà qu’il découvrait une jeune fille apeurée, poursuivie pas deux rustres…

En entendant le craquement caractéristique d’un transplanage, la jeune fille se retourna et fixa le jeune homme avec espoir. À présent remplie de confiance, elle rampa difficilement à ses pieds et lui prit la main. Son regard noisette rencontra les yeux bleus de l’homme et elle lui murmura d’un ton pressant :
- Je vous en prie… aidez-moi ! Ces deux hommes… ils vont me… je vous en supplie !
Elle s’effondra dans ses bras, épuisée et il la soutint du mieux qu’il pu. Il caressa doucement ses cheveux et la déposa au pied d’un arbre majestueux. D’un coup de sa baguette magique, il fit apparaître une couverture chaude et moelleuse. Puis, il se redressa en murmurant :
- Ne t’inquiète pas, je veillerai sur toi…
Il étira ses lèvres en un sourire tendre et fit face aux deux brutes qui avaient à présent atteint le milieu de la clairière. Son sourire se changea aussitôt en un rictus cruel et ses yeux brûlèrent d’une lueur inquiétante, implacable. Il s’approcha des autres et se campa bien droit devant eux, ombre sinistre dans sa longue cape noire…
L’homme ne dit rien, et se contenta de les observer d’un air grave. Après plusieurs minutes de silence, un des deux ivrognes, à bout de patience, apostropha violemment l’homme à la cape :
- Qu’est-ce que tu nous veux, toi ?! T’es encore un de ces étrangers qui n’ont rien à faire ici ! Dégage de notre chemin, tu nous gènes !!!
L’ombre encapuchonnée se contenta de les fixer d’un regard plus intense et son rictus cruel s’élargit. Il semblait se délecter de l’indécision des deux hommes. Il ne disait rien, mais son silence pesant rendait l’atmosphère encore plus menaçante. Pris d’un sentiment de gène passablement désagréable, les deux acolytes se regardèrent, ne sachant que faire. Finalement, le deuxième, qui n’avait pas encore pris la parole, lança d’un ton rogue qui se voulait intimidant :
- Bouge-toi de là, étranger ! Nous sommes beaucoup trop fort pour toi : à deux contre un, tu ne fais pas le poids !
L’homme à la cape éclata alors d’un rire sardonique et cruel, qui fit trembler de peur les deux brutes.
- Parce que vous pensez réellement pouvoir rivaliser avec moi ? demanda-t-il d’un ton de mépris.
Sa voix était froide, cassante, sinistre et son ton n’exprimait aucuns de ses sentiments.
- Allons donc !continua-t-il d’un air dégoûté. Vous êtes fous ! Vous ne pouvez rien contre moi !
Il sortit des replis de sa cape une longue baguette magique qu’il fit nonchalamment tourner entre ses doigts. Une des colosses s’avança, menaçant :
- Tu vas me faire le plaisir de décamper en vitesse si tu ne veux pas que l’on te renvoie chez toi en petits morceaux…
- La fille est à NOUS !!!hurla l’autre. Nous l’avons poursuivie durant de nombreux kilomètres et nous réclamons notre dû ! ELLE EST À NOUS !!!!!!!
La silhouette sombre baissa la tête et soudain, les deux hommes sentirent qu’il pénétrait leurs esprits. Ils perçurent également un pouvoir et une puissance infinis contre lesquels ils ne pouvaient lutter.
L’homme releva la tête et fixa les deux rustres :
- Oui, dit-il avec lenteur. Je vois clair dans vos esprits mesquins… Ainsi… c’est cela que vous vouliez faire subir à cette fille ? Vous n’êtes guère galants, et elle mérite mieux que vous… bien mieux.
Il leva sa baguette magique et sembla grandir soudainement. Le regard qu’il leur lança était cruel et glacé et ils comprirent avec frayeur que rien ne pouvait plus les sauver désormais.
- Regardez-moi bien à présent, ordonna-t-il d’une vois dure, car c’est la dernière chose que vous verrez…
Il brandit alors sa baguette et murmura les deux mots fatidiques :
- Avada Kedavra.

Un vent glacé souffla sur la clairière tandis ce que les deux hommes s’effondraient, foudroyés par un jet de lumière verte. L’homme à la cape s’avança vers eux et contempla les corps des deux autres. Morts. Il éclata alors d’un grand rire de joie cruelle et glacée. Il n’éprouvait en vérité aucuns remords d’avoir tuer ces deux abrutis. Ils avaient eut ce qu’ils méritaient et de toutes façons, ils ne lui auraient été d’aucune utilité.

Un gémissement de douleur retentit soudain et l’arracha à sa joie macabre. La jeune fille semblait être revenue à elle et tentait de se relever. Il fit disparaître les cadavres d’un coup de baguette magique et s’approcha d’elle. Son expression avait tout à coup changé : il n’y avait nille trace de la cruauté dont il avait fait preuve auparavant. Juste un sourire triste et inquiet et une lueur tendre au fond de ses yeux bleus.
Il s’accroupit doucement près de la jeune fille meurtrie et la regarda. Malgré ses larmes et sa détresse, elle brillait d’une fascinant beauté qui le subjugua. Elle leva vers lui ses yeux humides de pleurs et le contempla également, lui rendant son regard.
D’assez grande taille, mince et plutôt musclé, il semblait assez jeune, mais elle ne parvenait pas à lui donner un âge. Ses yeux brillaient de maturité et d’expérience, comme s’il avait déjà toute une vie derrière lui. Entre 25 et 30 ans, probablement. Il en avait bien plus, en réalité… Des cheveux noirs tombaient par mèches courtes sur sa nuque et volaient dans l’air froid de la nuit. Son regard bleu foncé, impénétrable, donnait l’impression de tout voir, de tout savoir, comme s’il lisait en elle. Il levai ses fins sourcils en une expression inquiète et étonnée tandis ce que sa bouche, au dessus d’un nez bien dessiné, ébauchait un sourire timide. Il semblait être vêtu comme pour un long voyage. Les replis de sa longue cape, tachée par les intempéries, se soulevaient sous les assauts de la brise nocturne, révélant une chemise noire à boutons de jais et un pantalon anthracite, retenu par une ceinture de cuir. Une broche en argent représentant un serpent lové retenait sa cape. De grandes bottes montantes en daim noir complétaient cet ensemble sombre qui mettait pourtant en valeur son teint pâle et ses magnifiques yeux bleus.

Le cœur de la jeune fille s’emballa soudainement lorsqu’elle vit que l’étranger lui souriait. Il était beau et… avait l’air avenant et sympathique. Elle ne pouvait croire qu’un pareil homme soit venu à son secours alors qu’elle était une parfaite inconnue. Les souvenirs de sa terrible fuite en forêt lui revinrent soudain en mémoire. Le froid, la terreur… les hommes qui la poursuivaient… ce qui avait faillit lui arriver… C’était trop pour elle, elle n’en pouvait plus. Les émotions la submergèrent d’un coup, faisant couler des larmes sur ses joues. Elle fut prise de sanglots incontrôlables et son visage fut bientôt baigné d’un flot intarissable.
Dans un élan de reconnaissance autant que de désespoir, elle se jeta à corps perdu dans les bras de l’homme à la capuche, le serrant fortement contre elle. L’homme fut passablement surpris. Il ne s’attendait pas à une telle reconnaissance, un tel soulagement de la part de cette fille. Elle s’accrochait à lui comme s’il était son seul espoir, son seul rempart entre elle et le Néant…

Pris de surprise et ne sachant que faire, il passa lentement ses mains dans le dos de la jeune fille et l’enlaça tendrement, l’attirant doucement à lui…

« Pourquoi ai-je fais cela ? Je ne sais pas, je ne sais plus… Je ne connais pas cette fille et pourtant, elle m’attire. Je n’ai pas encore fini ma quête, et mes compagnons d’armes m’attendent. Je ferrais mieux de laissez cette fille à son sort et de les rejoindre. Mais non, je ne peux pas l’abandonner, après ce qu’elle vient tout juste de subir, pourquoi lui ai-je apporté mon aide ? Je n’en sais rien, ce n’est pourtant pas dans ma nature d’aider les gens… Qui suis-je, mais je suis…. »


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Syriel
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 12:40

Où l'on en apprend plus sur cette mystérieuse jeune fille...
Votre verdict ? Très content


Chapitre 3 : Discussion au clair de lune

Il caressa ses épaules frêles et elle frémit en sentant ses doigts sur sa peau nue. Il l’entourait d’un bras protecteur et effleura ses longs cheveux bouclés d’une main tremblante tandis ce qu’elle enfouissait craintivement sa tête dans la nuque de l’homme. Ils restèrent longtemps enlacés ainsi, se réchauffant mutuellement dans la froide nuit d’automne. Au bout d’un moment pourtant, la jeune fille se détacha lentement de l’étreinte de l’homme et l’observa avec reconnaissance.
Elle leva la main et caressa avec douceur et révérence la joue droite de l’homme. Il sentit ses doigts mouillés de larmes contre sa peau, et cela fut pour lui la plus plaisante des récompenses. La jeune fille ouvrit alors sa bouche tendre :
- Je vous remercie de tout cœur d’être… venu à mon secours… Sans vous, j’aurais été…je serrais…
Sa voix se brisa en un sanglot. Craignant une nouvelle effusion de larmes, l’homme s’approcha d’elle et essuya ses yeux humides.
- Ce n’est rien, vraiment... assura-t-il avec chaleur. Je... je n’ai fais que mon devoir !
Elle lui adressa alors un sourire reconnaissant et charmeur qui lui fit chavirer le cœur. Mon Dieu ! Qu’elle était belle quand elle souriait ! Il avait l’impression de se trouver en face d’un ange tout droit descendu du Paradis. Elle eut alors l’air plus joyeux, comme si elle se sentait vraiment en sécurité avec lui. Il lui rendit son sourire et elle demanda alors d’un air curieux :
- Et… pourrais-je savoir qui j’ai l’honneur d’avoir pour sauveur ?
L’homme sourit. Elle était décidemment bien fascinante. Il s’éclaircit la gorge :
- Je m’appelle Tom, répondit-il d’une voix posée et mature, agréable à entendre. Tom J… Appelez-moi seulement Tom, acheva-t-il, gêné d’avoir hésité.
Elle ri son léger trouble.
- Et bien Tom, s’exclama-t-elle d’un ton chaleureux, veuillez à nouveaux acceptez mes plus sincères remerciements !
Elle avait l’air heureuse et pourtant, une larme opaline perlait encore le long de ses cils. Tom hocha la tête et interrogea à son tour la jeune fille, avide d’en savoir plus sur elle :
- Et vous ? Me ferrez-vous la joie de me dire votre nom ? Que je puisse savoir à qui j’ai porté secours…
La jeune fille secoua gracieusement la tête, faisant voler ses longs cheveux bouclés.
- Je m’appelle Vivyan. Vivyan Dumbledore.
Bizarrement, Tom tiqua en entendant le nom de Dumbledore et son regard se voila d’un étrange éclat. Il se reprit bien vite et demanda à Vivyan qui ne s’était pas rendue compte de sa curieuse réaction :
- Dumbledore ? Excusez-moi… je vais peut-être vous paraître bien indiscret mais… Serriez-vous apparentée de quelques manières que ce soit avec Albus Dumbldore ?
- C’est exacte, en effet, approuva Vivyan. En fait… c’est mon grand-père. Il m’a élevée seul, à la mort de mes parents…
- Oh ! Je suis désolé, je ne savais pas… s’excusa son interlocuteur.
- Ce n’est rien, assura la jeune fille. Elle se leva et fit quelques pas dans la clairière, regardant les étoiles dans le ciel d’automne. Tom, toujours assis sous l’arbre, la suivit du regard, attendant qu’elle poursuive.
- En réalité, continua-t-elle, je n’y pense pas très souvent. Voyez-vous, ils sont morts quand j’étais très jeune, je ne devais pas avoir plus de trois ans. Ils ont été tués par le mage Grindewald, quelques temps avant sa destruction. Après cela, mon grand-père m’a emmenée vivre avec lui, à Poudlard. Cela peut paraître étrange pour une petite fille qui n’avait pas encore l’âge d’aller à l’école, mais je me suis beaucoup plue au château. C’est vraiment un endroit merveilleux, où chaque pièce vous réserve une surprise, vous ne savez pas ce que vous découvrirez en tournant un couloir. Et puis, il y a la bibliothèque. Je ne compte plus le nombre d’après-midi que j’ai passées entre ses vieux rayonnages, à feuilleter des ouvrages rares et anciens. Mrs Pince, la bibliothécaire, n’en croyait pas ses yeux ! Elle n’avait jamais vu un enfant ayant une telle soif de connaissance !

Sa voix vibrait de passion et ses yeux brillaient de bonheur tandis ce qu’elle évoquait ses souvenirs d’enfance, pour le plus grand plaisir de Tom. Bien entendu, les noms qu’elle citait ne lui étaient pas étrangers, ayant passé toute sa scolarité à Poudlard, mais il était suspendu à ses lèvres, tellement ses talents de conteuse étaient excellents. Voyant qu’il l’écoutait avec attention, elle poursuivit avec plus de verve :
- Et les fantômes ! Je ne pense pas que quelqu’un d’autre que moi ai plus eut l’occasion de dialoguer avec eux ! Ils sont vraiment fascinants ! J’aimais particulièrement m’entretenir avec sir Nicholas. Il était d’une telle conversation ! Il avait toujours quelque chose à vous dire ! Quoiqu’il en soit, mon grand-père m’a élevée et je lui dois une grande partie de mes connaissances en matières de magie et de sorcellerie. Il me disait souvent que si la moitié de ses élèves étaient aussi sérieux et studieux que moi, le travail d’enseignant serrait le paradis !
Tom pouffa de rire en entendant cela. Il se souvenait parfaitement de ses propres années de scolarité et se rappelait les multiples coups fourrés que ses condisciples avaient souvent fait subir aux enseignants. D’un geste de la main, il invita Vivyan à continuer son récit, ce qu’elle fit, ravie d’avoir un interlocuteur si attentif :
- J’ai tellement bien écouté ses leçons que, lorsque je suis enfin rentrée en première année, je connaissais bien plus de choses en matière de magie que la plupart de mes condisciples et… j’étais la seule à ne pas me perdre dans le château ! J’étais dans la maison des Gryffondors – Avec Dumbldore comme grand-père, il ne pouvait en être autrement, pensa Tom - et j’ai rapidement fait la connaissance d’un groupe de quatre garçons avec lesquels je me suis très bien entendue. Durant nos années scolaires, nous étions pratiquement inséparables et… je dois dire que nous avons fait les quatre cent coups ensemble. Je leur ai d’ailleurs évité de nombreuses punitions ! Ensuite, une fois mes études terminées, je suis partie m’installer avec plusieurs de mes amis d’école et nous vivons actuellement ensemble…

Sa voix s’éteignit dans la nuit et elle se tourna vers Tom, toujours adossé à l’arbre. Voyant qu’il la fixait intensément, elle rougit fortement et s’excusa :
- Je suis désolée… j’ai du… vous ennuyez avec mon histoire. Après tout, vous n’en avez rien à faire de ma vie !
- Pas du tout, contredit Tom. Au contraire ! Je trouve que vous avez un talent de conteuse extraordinaire et vous n’avez pas l’air d’avoir eut une vie facile ! En un sens, vous me ressembler… Mais… encore une chose…
Il sembla hésiter, sachant qu’il allait aborder un point sensible. Pourtant, c’était le sujet qui lui tenait le plus à cœur ! Se reprenant, il continua sur sa lancée et demanda rapidement :
- Comment se fait-il que vous vous soyez retrouvée dans cette forêt, poursuivie par… ?
Il n’acheva pas sa question et la regarda avec une infinie douceur, ne souhaitant pas la brusquer. Puis il ajouta précipitamment :
- Mais si ne vous ne souhaitez pas répondre…
- Non, l’interrompit Vivyan. Si… si j’en parle, je me sentirai mieux… après…
Elle lui raconta donc tout : la fête d’Halloween au village, les deux hommes, la fuite… Absolument tout. Elle se confia à lui comme jamais elle ne l’avait fait avec un autre homme. Elle lui raconta sa peur, sa détresse, sa frayeur. Tout. Tom l’observait et une lueur de compassion flottait dans ses yeux bleus. Il ressentait également quelque chose de bizarre, un sentiment étrange totalement inconnu pour lui. Dès qu’il regardait Vivyan, il avait l’impression d’être le plus heureux des hommes de la terre. Quand elle souriait, il sentait son cœur chavirer et son estomac se retourner. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Non, il n’était pas… Ce n’était pas possible… Pas lui… Non ! JAMAIS !
Il fut tiré soudainement de ses réflexions par Vivyan qui lui demanda :
- Et vous ? Qu’en est-il de votre vie ? Je serrais plus que ravie de l’entendre, si toutefois vous êtes en mesure de me la raconter… On ne sait jamais, peut-être cachez-vous un secret inavouable ?
«Tu ne crois pas si bien dire… » pensa Tom avec une pointe d’humour. Il se leva et se dirigea vers Vivyan. Il la pris par le bras et lui dit :
- Cela ne vous dérange pas si nous marchons en parlant ?
- Pas du tout, répondit la jeune fille. Je… j’aimerais bien me dégourdir un peu les jambes…

Tout en continuant à deviser, ils marchèrent lentement sous la voûte des arbres et s’aventurèrent dans les bois. Tom avait déposé sa longue cape noire sur les épaules de Vivyan qui frissonnait dans sa robe blanche déchirée et la tenait tendrement par le bras. Elle était si bien, avec lui à ses côtés. Elle ne sentait que son bras qui tenait le sien, sa hanche qui frôlait doucement la sienne tandis ce qu’elle avançait au rythme de ses pas. Soudain, cette nuit lui sembla être la plus belle de toute celle qu’elle avait vécues… Vivyan aurait voulu rester avec Tom jusqu’à la fin de ses jours, elle aurait voulu qu’il continu à la tenir contre lui, elle aurait voulu que cette nuit ne finisse pas…
Tom commença alors son récit…

« Qui est-il ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est qu’il est venu à mon secours, alors que je me croyais perdue dans l’ombre, loin des autres, loin de tout. Mais il m’a redonné confiance, il m’a ramenée à la lumière. Lui parler de ma vie, s’était comme lui donner une partie de moi, une partie de mon âme. Je ne sais rien de lui et pourtant, je crois que nous sommes destinés l’un à l’autre, que nous étions fait pour nous rencontrés. Oui, je le crois, ou du moins, je l’espère. Quand je le regarde dans les yeux, mon cœur bas plus fort, plus vite et j’ai l’impression de me noyer dans la tendresse de son regard bleu. Il est tellement lointain, tellement tendre et inaccessible… IL semble avoir de nombreux secrets, un passé trouble. Quel âge a-t-il donc ? Je l’ignore. Il est sûrement plus âgé qu’il n’y parait aux premiers abords, on dirait qu’il traîne toute une vie derrière lui… Me livrera-t-il ses secrets ? »


Qui est cet homme impénétrable? Et si c'était... dwarf
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Syriel
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 12:41

Un petit récit de l'enfance de Tom, ça vous tente? Et qu'en pensera Vivyan? Lisez pour voir! Très content

Chapitre 4 : L’ombre de mon passé…

- Et bien voilà, dit Tom, tout en continuant de marcher entre les hauts arbres, avec Vivyan à ses côtés. Lorsque je vous ai dit précédemment que je vous ressemblait, c’est parce que je n’ai pas eu une vie facile, moi non plus…
Il s’interrompit un instant, emblant chercher ses mots et continua d’une voix plus assurée :
- Voyez-vous… Ma mère était une sorcière et vivait dans un petit village, au sud-ouest du pays. Elle tomba folle amoureuse de mon père, un Moldu, fils de riches bourgeois de la région. Quelques temps après, ils se fiancèrent, mais mon père abandonna ma mère avant même ma naissance…

Vivyan plaqua une main contre sa bouche et laissa échapper une exclamation de compassion :
- Je suis navrée ! Cela a dû être horrible pour vous et votre mère…
Tom détourna la tête pour qu’elle ne puisse pas voir son regard soudain dur, cruel, implacable et poursuivit :
- Pas pour moi, en tout cas : je n’ai jamais connu mon père et cela ne m’a absolument pas manqué. Mais pour ma mère, cela fut certainement horrible…
Il marqua à nouveau un temps d’arrêt avant de reprendre, sous le regard attentif de Vivyan :
- Neuf mois après, elle mourrait après m’avoir mis au monde. J’étais donc seul. Ensuite, comme je n’avais aucune famille connue, j’ai été placé par les autorités dans un orphelinat moldu. Un endroit affreux, atroce, où il fallait constamment se battre pour mériter sa place. Aussitôt que l’on montrait un signe de faiblesse, les autres « pensionnaires » se jetaient sur vous, vous martyrisait… Vous deviez sans cesse être sur vos gardes et vous méfiez de tout le monde. Au bout d’un moment, on ne ressentait plus d’émotion humaines, plus de sentiments, plus… rien. On était seul avec sa haine et on avait seulement conscience du pouvoir. Car celui qui avait le pouvoir régnait sur les autres et imposait ses lois. Celui qui avait le pouvoir était craint et respecté, jamais quiconque n’aurait songé à le défier. Celui qui avait le pouvoir était libre.

Tom releva la tête et fixa Vivyan :
- Cela fut sans doute les pires années de toute ma vie, mais j’ai tout de même appris une chose : les gens trop confiants sont faibles. Car si vous accordez votre confiance à quelqu’un, vous avez toutes les chances pour être un jour trahi par cette personne. C’est pour cela que je préfère écouter et observer avant de me lier avec les gens…
Vivyan lui rendit son regard et ne fut guère surprise de voir u éclat de tristesse dans ses magnifiques yeux bleus. Cet homme avait vécu des choses horribles et elle avait tout à fait conscience de cela. Pourtant, elle était intimement persuadée qu’il ne lui disait pas toute la vérité, qu’il lui cachait des choses sur son passé. Elle –même avait été d’une grande sincérité, n’ayant omis aucun détails. Mais après tout, c’était à lui de voir ce qu’il souhaitait révéler…
Elle sentait également, et pour une mystérieuse raison qu’elle ne parvenait pas à expliquer, que Tom était quelqu’un en qui elle pouvait avoir entièrement confiance, qui ne la trahirait jamais…

- Mais pourtant, avoua Tom en lui serrant doucement le bras, avec vous… j’ai l’impression de… J’ai l’impression de pouvoir vous faire absolument confiance. C’est étrange, il y a deux heures, vous ne me connaissiez pas, je ne vous connaissait pas, et pourtant…
Vivyan sourit. Même si elle ne le lui avait pas dit, elle ressentait exactement la même chose à son égard, comme s’ils étaient fait l’un pour l’autre… destinés à se rencontrer.
Elle s’éclaircit la gorge et demanda finalement :
- Mais… comment se fait-il que votre père ne vous ait pas élevé comme il se doit ? Et pourquoi vous a-t-il abandonné, vous et votre mère ?
Bizarrement, Tom parut quelque peu gêné par les questions de Vivyan et, lorsqu’il y répondit, on aurait dit qu’il tentait de dissimuler la vérité :
- Et bien… Pour tout dire… hésita-t-il. Mon père n’était même pas au courant de mon existence. Etant donné qu’il avait quitté ma mère avant ma naissance, il ne savait rien de moi et, de toute façon, il aurait refusé de me recueillir. Voyez-vous, il faisait partie de ces Moldus qui déteste les sorciers et tout ce qui attrait à la magie, de près ou de loin. C’est pour cela qu’il a quitté ma mère, peu après qu’elle lui ait révélé sa véritable nature et qu’il est retourné vivre chez ses parents…
Quoiqu’il en soit, les autorités ne sont jamais parvenues à découvrir que c’était lui mon père. Ce qui explique pourquoi j’ai passé mon enfance dans un orphelinat.

Il s’arrêta un moment, reprenant son souffle et continua sous le regard tendre de Vivyan qui l’observait avec compassion :
- Et puis, est venu le moment béni où j’ai reçu la lettre d’inscription au collège Poudlard. Je m’en souviens parfaitement. C’était le plus beau jour de mon existence, j’avais enfin l’occasion d’échapper à la morosité de l’orphelinat et à l’enfer du quotidien. J’allais rencontrer des gens qui serraient semblables à moi et qui me comprendrait ! Car je savais depuis longtemps que j’étais différent des autres, qui je ne leur ressemblais pas… Je suis donc entré en première année. Excellent étudiant, j’ai tout de suite été remarqué par les enseignant et, à dix-sept ans, lorsque j’ai quitté l’école, j’avais un parcours scolaire exemplaire qui m’aurait permis de trouver du travail à peu près n’importe où. Mais, étant d’une nature aventureuse et curieuse, j’ai préféré renoncer à tout cela. Je suis parti, il y a de nombreuses années, faire de nombreux voyages au cours des quels j’ai beaucoup appris. Mes périples m’ont mené au quatre coins du monde et je me suis plongé dans la pratique d’anciennes magies.
Puis, mes explorations terminées, je me suis pour quelques temps installé dans un coin perdu des Carpates, en Roumanie, pour me consacrer à l’étude. (« Mais une étude très particulière ! » songea Tom. ») Je ne suis revenu que récemment en Angleterre et j’espère bien réaliser certains de mes… projets.

Tout en parlant, ils avaient pénétré dans une autres clairière, plus petite que la précédente. Un immense dolmen recouvert de signes cabalistiques se trouvait en son centre. Tom s’arrêta, lâcha le bras de Vivyan et déclara :
- Voilà, vous savez tout de moi, à présent !
« Tout… ou presque ! » songea-t-il.
Pendant un moment, Vivyan resta silencieuse, réfléchissant à ce que lui avait dit Tom. Il y avait tout de même des détails étranges dans son passé et elle sentait plus que jamais qu’elle lui cachait des choses. Mais peut-être que cela ne regardait que lui, peut-être ne souhaitait-il pas le révéler ?
En tout cas, elle était heureuse qu’il se soit confié à elle, qu’il lui ait raconté sa vie. Elle avait le sentiment d’être plus proche de lui…

Finalement, elle s’éclaircit la gorge et murmura doucement :
- Je vois que votre vie n’a pas été non plus un rêve… Mais, continua-t-elle en l’observant avec intensité, vous semblez être quelqu’un d’extrêmement mystérieux et d’inaccessible. Vous me fasciné, à vrai dire, je l’avoue. Vous dégagez une telle aura, une telle impression de force et de pouvoir… C’est étonnant ! Je n’ai rencontré qu’un seule fois ce genre de… prestance.
Tom baissa la tête d’un air un peu gêné et sourit :
- Arrêtez, s’il vous plaît… Vous allez me faire rougir et je déteste ça !
Il semblait si décontenancé que Vivyan éclata d’un rire joyeux. Sa bonne humeur se révéla communicative et Tom ne tarda pas rire lui aussi. Ils réussirent tout de même à retrouver leur sérieux et Tom s’exclama :
- Vous vous fichez de moi ! Allez, avouez…
- Mais non !protesta Vivyan en essuyant des larmes de rire. Je parlais sérieusement. Mais vous êtes tellement drôle quand vous êtes mal à l’aise…
- Vous aussi, se défendit Tom, vous seriez mal à l’aise si…
Mais Vivyan ne lui laissa pas le temps de finir :
- Et quand vous rougissez, on dirait une vraie pivoine !
Tom lui jeta un regard faussement fâché et bougonna :
- Ca ne m’arrive pas souvent ! D’habitude, je suis un vrai bloc de glace !
- Un bloc de glace, vous ?rétorqua Vivyan. Ca alors, ça m’étonnerai !
- Si-si, je vous assure…

Il redevint brusquement sérieux et regarda Vivyan à nouveau. Elle semblait si heureuse et détendue, à présent. La joie avait coloré ses joues de rouge et ses yeux brillaient d’amusement. Tom se surpris à espérer que cette nuit ne finisse jamais…
- Et à part ça, demanda-t-il, cherchant visiblement à orienter la conversation vers un terrain moins glissant, que faites-vous, dans la vie ?
Vivyan secoua sa longue chevelure auburn et répondit :
- Depuis une année, je suis une formation d’Auror au Ministère de la Magie. Ce serrait un rêve pour moi de devenir chasseuse de mages noirs. Une façon de venger mes parents, j’imagine…
« Tiens donc, songea Tom avec surprise. Ainsi donc, elle veut faire Auror… »
- Mais l’apprentissage n’est pas de tout repos, continua la jeune fille. À vrai dire, il faut beaucoup d’endurance, de volonté… et surtout du talent !
- Vous ne devez pas avoir beaucoup de problème à ce niveau-là, assura Tom et l’observant.
Ce fut au tour de Vivyan de rougir :
Non, c’est vrai, acquiesça-t-elle. Et puis, j’ai eu un très bon professeur !
Tom hocha silencieusement la tête. En effet, avec Dumbledore comme grand-père, elle ne pouvait être qu’exceptionnellement douée. Sans doute allait-elle devenir un puissante Aurore qui donnerait beaucoup de fil à retordre aux mages noirs. Il soupira. Quel dommage ! Cela risquait de compliquer les choses…

- Et vous ?questionna à son tour Vivyan. Que faites-vous ?
-Heu… moi ?bafouilla Tom, pris de cours. Je… heu… en fait, j’étudie… heu… j’ai été engagé par…
« Merde, Tom, trouve une brillante idée, VITE !!!!!!!!! »
- Et bien, se reprit-il avec plus d’assurance. Disons que…
Il réfléchissait à toute allure et enfin, trouva, dans les limbes de son esprit, une réponse satisfaisante :
- Durant mon long séjour en Roumanie, continua-t-il, dans les Carpates, plus précisément, j’ai longuement étudié toutes sortes de créatures fantastiques. Les loups-garous et les vampires, essentiellement. Car c’est dans cette partie du monde que l’on trouve la plus grande concentration de créatures maléfiques. Comme je devais présenter une thèse, dans le cadre d’études supérieures que je menais après Poudlard, j’ai choisi les créatures de l’ombre. J’ai d’ailleurs fait plusieurs rencontres intéressantes…
« Comme le comte Dracula, songea Tom avec nostalgie, une personne très étrange, ce comte… »

- Enfin, conclut Tom, tout ça pour vous dire que, étant donné que je ne suis revenu que récemment en Angleterre, je n’ai pas eut le temps de me trouver un emploi convenable. Je vagabonde… pour l’instant.
« Ce qui n’est pas tout a fait exact, étant donné que je suis de retour depuis environ 7 ans… »
Une lueur d’inquiétude s’alluma alors dans les yeux noisette de Vivyan qui demanda d’une voix tremblante :
- Mais alors… Êtes-vous au courant de… certains événements récents ?

« Certains événements récents ? Mais de quoi veut-elle parler ? Non… Ne me dites pas que… Serrait-ce de cela ? C’est tout à fait probable. Comment pourrais-je rester impassible si elle me parle de cela ? J’aurais bien du mal. Non, pas ce soir, pas maintenant ! Me voilà rattrapé par mes actes. Grand dieu ! Aurait-elle découvert mon secret ? Si, comme elle le dit, elle suit une formation d’Auror, c’est tout à fait probable qu’elle m’ait percé à jour. Ce serrait une catastrophe, et Dumbledore serrait ravi ! Non, je ne veux en aucun cas qu’elle découvre cela. Je… je tiens trop à elle pour qu’elle puisse apprendre la vérité. Je… je l’aime !


« Pourquoi affiche-t-il cet air nerveux, tout à coup ? Bien sûr, il doit savoir à qui je fais allusion mais… il y a autre chose que de la peur dans son regard. On dirait… de la crainte, mais pas la même crainte que je ressens en parlant de cela. On dirait qu’il veut cacher quelque chose. Serrait-il… un adepte de forces du Mal ? Pire, un mage noir ? Un Mangemort ? Non, je refuse de le penser ! Il est si doux, si tendre, si… Il ne pas eut une vie facile, c’est vrai (encore pire que moi !), mais de là à devenir un mage noir… Non. Et c’est vraiment la première fois que je ressens quelque chose d’aussi fort pour un homme. Bon, je n’en ai pas connu beaucoup, c’est vrai. Mais là… Mon cœur qui s’emballe, mes mains qui tremblent quand il me touche. Serrait-ce cela, l’Amour ? J’en suis sûre…
»

Il me semble que leurs sentiments réciproques évoluent beaucoup... Mais s'arrêteront-ils là? Et quels sont ces événement récents dont Vivyan veut parler...? dwarf
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Syriel
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 13:17

Oulààà! Un chapitre beaucoup plus triste qui risque d'en émouvoir certains... Avec, en bonus, le premier baiser de Vivan et Tom... Profitez-en!!! (Et ne soyez pas trop jalouses, si vous êtes des filles!!!) Très content

Chapitre 5 : « Adieu ! »

Un vent glacé souffla soudain dans la clairière, faisant voler les feuilles mortes et glaçant les deux sorciers.
- Vous voulez parler de… Lord Voldemort ?murmura Tom d’un ton grave.
Vivyan frissonna en entendant le nom et acquiesça silencieusement.
- Oui, approuva Tom, j’en ai malheureusement entendu parler. Lors de mes voyages, il y avait certaines rumeurs, mais rien de concret. On parlait d’un mage puissant, meurtrier, tuant sans pitié Moldus ou sorciers impurs… Est-ce vrai ?
La voix de Tom était rauque et étouffée, comme si il peinait à prononcer ces mots. Son visage, auparavant chaleureux s^était subitement refermé et avait prit un teint livide.
« Autant jouer mon rôle de vagabond ignorant jusqu’au bout ! » grogna-t-il intérieurement.
Mais il éprouvait une curieuse sensation, curieux mélange de sentiments divers : peine, tristesse, compassion, remord. Il avait l’impression qu’il s’en voudrait longuement de ne pas dire toute la vérité à Vivyan.
« Mais je ne peux pas le lui dire, c’est IMPOSSIBLE ! »
Il fut arraché à ses tourments intérieurs par Vivyan qui lui répondait. Tom se força donc à lever tourner les yeux vers le visage de la jeune fille et l’écouta attentivement :
- Ce que vous m’avez décrit, murmura-t-elle d’une voix tremblante de peur, est malheureusement la sinistre vérité. Ce la fait déjà 7 ans que… Lord Voldemort (elle frémit malgré elle) a fait son apparition. Et de puis, c’est le noir absolu, l’horreur totale. Le monde des sorciers comme celui des Moldus est plongé dans le chaos. Chaque jour, chaque nouvelle semaine apporte son lot de ruine et de morts. Et les forces de Ténèbres ne cessent de gagner en puissance, alors que nous sommes de moins en moins à défendre le Bien.
Au tout début, alors que j’étais encore à Poudlard, Voldemort n’était pas encore très actif, il se faisait discret. On racontait que ce n’était qu’un fou meurtrier et inoffensif. Jamais quiconque n’aurait imaginé que la situation puisse nous échapper à ce point. Mais dans les sphères informées, il en était autrement. On se doutait bien que Voldemort n’allait pas s’arrêter là. Certes, c’est un fou meurtrier, mais il n’est de loin pas inoffensif !
Au fil du temps, de plus en plus de gens l’on rejoint, par crainte ou avidité et son armée maléfique est à présent devenue inattaquable ! Puis, sûr de son pouvoir et de sa puissance, il a commencé son œuvre de mort. Depuis, il tue sans pitié, sans relâche et rien ne peut l’arrêter. Tous ceux qui se sont ralliés à lui sont morts ou l’ont rejoint, victimes sans doute d’un affreux chantage. Nul ne sait le but qu’il poursuit ou la raison qui le pousse à commettre ces atrocités. Une chose est sûre, il est puissant. Recherche-t-il le pouvoir, la richesse ? Non je ne le pense pas. Il doit avoir bien d’autres motivations, mais lesquelles ? En tout cas, conclut Vivyan, une lueur farouche dans le regard, s’il veut la guerre, il l’aura !
« Mon dieu ! pensa Tom avec une pointe de tristesse. Si tu connaissais la vérité ! »
Le sentiment de culpabilité qu’il éprouvait gagna encore en intensité et il se demanda si, après avoir écouté Vivyan défendre le Bien avec tant de conviction, il allait encore pouvoir soutenir son regard sans se prendre pour un monstre. Tout ces gens morts, assassinés, toutes ces familles détruites, tous ces actes abjects perpétrés, il commençait à douter du bien fondé de son entreprise. Ne faisait-il pas fausse route ? N’allait-il pas au devant d’une effroyable erreur ? Allons donc, c’était ridicule ! Et pourtant… Entendre parler Vivyan de ce que lui-même avait fait, l’entendre parler avec autant de courage et de convictions. Il se savait désormais marqué du sceau de la culpabilité. À tout jamais…

Un vent tiède souffla dans les arbres, décrochant au passage quelques feuilles mortes oubliées par l’hiver et jouant avec les cheveux bouclés de Vivyan. Tom s’aperçut qu’elle était de nouveau face à lui, son regard noisette planté dans ses yeux bleus. Elle lui souriait avec tellement de douceur et de tendresse ! À cet instant, il aurait tout donné, tout abandonné pour pouvoir être un homme ordinaire et partir avec elle. Mais c'était impossible, bien sûr.
L’aube naissante pointait déjà à l’horizon, par-dessus les hautes montagnes. Tom regarda avec nostalgie les premiers rayons du soleil pointer au-dessus des sommets et soupira :
- Le jour se lève, et la nuit s’enfuit devant lui…
- Oui, acquiesça Vivyan. Deux amants fidèles qui ne se rencontrent jamais…
Le chant d’un oiseau résonna dans le bois, saluant les premières lueurs de l’aube. Vivyan se rapprocha davantage de Tom :
- Je pense qu’il faut… nous dire adieu ?
- Malheureusement oui, répondit l’homme, je dois poursuivre ma route et vous devez vous en retourner chez vous…
Un triste sourire se dessina sur son visage séduisant et Vivyan demanda avec espoir :
- Mais, ne serrait-il pas possible que vous veniez avec moi ?
Tom eut une expression de regret, chargée de chagrin :
- Non, c’est impossible…
- Mais pourquoi ?
- Un jour peut-être, vous comprendrez. Je… je ne peux pas rester avec vous. Et je le regrette, soyez-en sûre…
Les larmes remplirent les yeux de Vivyan, enfonçant un pieu de glace dans le cœur déjà meurtri de Tom.
- Ne pleurez pas, l’implora-t-il en lui caressant tendrement la joue. Il sorti quelque chose de sa poche. Un baguette magique.
- C’est à vous, je crois, di-t-il avec douceur.
- Ma baguette !s’exclama Vivyan. Je croyais l’avoir perdue… !
Tom sourit. Réaction stupide pour empêcher ses larmes de couler. Il ne tenait vraiment pas à pleurer.
- Je suis un peu comme votre baguette, murmura-t-il enfin. Vous croyez m’avoir perdu à jamais, maintenant que nous devons nous quitter. Mais je suis persuadé que vous me retrouverez, le jour où nous nous reverrons…

Il poussa alors doucement la jeune fille, refoulant ses larmes avec peine :
- Allez, allez ! Dépêchez-vous de transplaner !
Vivyan, tenant la grande cape noire d’une main et sa baguette magique de l’autre, fit quelques pas en direction du centre de la clairière, mais fit brusquement volte face. Elle courut vers Tom qui fut bien surpris de ce revirement. Sans prévenir, elle déposa un tendre baiser sur ses lèvres douces. Tom, prit de court, la fixa avec stupéfaction. Il répondit finalement à son baiser et l’embrassa avec passion. Sa bouche avait un agréable goût sucré et il passa alors une main dans son dos, l’attirant à lui, et l’enlaçant amoureusement. Vivyan frissonna. Mon dieu, c’était si doux, si tendre. Elle se blottit contre son torse musclé et pressa à nouveau ses lèvres contre les siennes. Leur baiser durant longtemps, échange passionné et tendre à la fois. Ils ne souhaitaient pour rien au monde rompre cet instant magique. Tom passa la main dans les cheveux bouclés de Vivyan tandis ce qu’elle continuait à l’embrasser. La main de l’homme remonta le long de son dos et caressa ses frêles épaules nues. Elle frémit au contact de ses doigts. Tom venait de réaliser qu’il avait trouvé celle qu’il cherchait depuis si longtemps.
Finalement, à bout de souffle et sentant les larmes couler à nouveau, Vivyan se détacha à regret de l’étreinte passionnée de l’homme et lui murmura à l’oreille :
- Jusqu’à notre prochaine rencontre…
Puis elle s’éloigna de quelques pas et s’écria avec tristesse :
- Adieu !
Dans un craquement sonore, elle transplana, laissant Tom seul au milieu de la clairière à présent illuminée de soleil.
- Adieu… murmura-t-il.
Une larme coula sur sa joue pâle, lui faisant soudain réaliser à quel point il était triste de quitter Vivyan. La reverrait-il ?

Enfin, dans un claquement de bottes, il se détourna et transplana à son tour.

« Ce fut pour moi un profond déchirement de la quitter, ce jour-là. Je savais mon cœur déjà profondément blessé par les épreuves que m’avait apportée la vie, mais je ne pensais pas que je puisse à nouveau être capable d’éprouver tant de chagrin, de tristesse, de rage. Je quittais là mon seul et unique amour, le seul que j’avais eu et que je n’aurais probablement jamais plus. Dès ce jour, il ne s’est pas écoulé un instant, une minute, sans que je pense à elle, à son sourire, ses yeux ou ses lèvres. Souvent, je doutait : la mort, la violence, faisais-je fausse route ? Je l’ignorais, mais j’espérais que non. J’aurais tout donné, absolument tout pour pouvoir la retrouver, mais je savais mes tentatives vouées à l’échec. De plus, elle était la petite-fille de Dumbledore. Avais-je le droit de l’aimer, moi, le Seigneur des Ténèbres en personne ? Aimer, un bien beau mot, d’ailleurs. Comment pouvais-je encore éprouver de l’amour, alors que je vivais dans la Mort, la Destruction et le Chaos ? Cela semblait impossible, et pourtant. Vivyan a réussit là où tant d’autres ont échoué : elle m’a fait éprouver de la compassion, de la tendresse, mais mieux encore, de l’Amour. Et cela, je ne l’ai jamais avoué à personne. C’était mon secret, mon talisman. »

« Pourquoi ? Pourquoi m’a-t-il dit que nous devions nous quitter ? J’étais si bien ! J’avais enfin trouvé, j’en suis sûre, à présent, le seul amour. Amour qui, visiblement, était partagé. Alors pourquoi ? Jamais je n’avais aimé avec tant d’intensité, tant de passion ! J’aurais donné ma vie pour pouvoir rester encore quelques instants avec lui. Caresser son visage, toucher ses lèvres, si douces ! Enfouir ma tête au creux de ses épaules… Respirer son odeur, sentir tout son corps contre le mien. L’aimer, enfin ! Mais à quoi bon, tout cela, ce ne sont que des espoirs déçus. Je ne le reverrais jamais, ce n’était qu’un rêve, une espérance. Trouverais-je à nouveau l’Amour ? Oh, bien sûr, il y a Sirius, qui vient de me déclarer sa flamme. Il m’aime depuis longtemps, mais je le savais déjà. Je pense que je vais accepter. Mais ce ne serra pas la même chose qu’avec Tom. Sirius est un excellent ami, et il le restera, depuis le temps que nous nous connaissons. Je pense que je vais accepter sa demande. Qui sait ? Peut-être que mon amitié se changera, avec le temps, en amour ? Mais je ne retrouverai jamais le sentiment de bonheur, d’amour illimité que j’éprouvais en compagnie de Tom… J’espère et j’espèrerai encore le revoir et lui avouer tout mon amour…
»


Que de tristesse dans ces quelques lignes... Triste Hé oui, mais ma fois, le monde est cruel: c'était un amour impossible, malheureusement! Mais nos deux amoureux se retrouveront-ils? La question reste ouverte... En attendant, j'attends vos réactions! dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 13:19

Trois ans ont maintenant passé depuis les adieux de Tom et Vivyan. Pour leur plus grande tristesse, ils ne se sont jamais revu, mais n'ont cessé de penser l'un à l'autre, restant fidèles marlgré les distances... Un petit résumé des événements de ces trois dernières années par quelques personnages et une visite dans un lieu qui ne manquera pas de vous ravir... Très content


Chapitre 6 : Trois ans plus tard…


Poudlard, 30 octobre 1985 :

Trois ans ont passé. Trois longues années noires au cours desquelles la situation ne s’est guère améliorée. Lord Voldemort, à l’apogée de sa puissance, semble inattaquable. Le Ministère est débordé et incapable de le combattre, en raison du manque d’Aurors qualifiés. Presque tous ont été tués par le mage noir. Avec ses fidèles Mangemorts, il assassine sans relâche. Sorciers, Moldus, hommes, femmes ou enfants, peu lui importe.

Face à cette situation de crise, et pour préserver l’avenir de notre monde des forces du Mal, j’ai pris une grande décision. Sans doute la plus dure de toute ma vie. Car c’est une chose de se battre soi-même contre Voldemort, cela, j’aurais pu l’accepter, mais je me vois dans l’obligation de demander expressément de l’aide. Je le regrette, mais je vais devoir demander à des gens qui me sont chers, de mettre leur vie en danger pour protéger des personnes innocentes. Ils m’aideront de leur plein gré, bien sûr, mais les pertes seront, je le sais, très lourdes, et si par malheur nous venons à perdre un de nos membres, je le regretterai toute ma vie. Mais si cela peut permettre l’anéantissement de Voldemort… Nous devons tout tenter.


Poudlard, 14 novembre 1985 :
Voilà, c’est fait. Je les ai tous contactés ce matin, et ils ont répondu présent, comme je m’y attendais. Je leur ai longuement expliqué en quoi consistait mon idée et ils ont tous saisi l’ampleur du projet. Pour m’aider, ont-ils dit, ils seraient prêts à mourir. J’espère ne pas en arriver là. Vivyan également s’est portée volontaire, tout comme James, Sirius, Remus, Peter et Lily et je me suis tout juste retenu de le leur interdire. Mais ils ont fini leurs études et après tout…. Bien que Vivyan soit désormais un Auror accomplie, je ne peux m’empêcher de redouter le pire… J’ai peut-être tord de m’inquiéter. Minerva doit avoir raison, je me fais beaucoup trop de soucis… L’avenir me le dira…

C’est tout. Nous sommes 24 et l’Ordre du Phénix est né. En attendant la fin, qu’elle soit bonne ou mauvaise, nous combattrons. Pour l’avenir !


Quartier Général de l’Ordre du Phénix, 24 janvier 1986 : Bon. Très bien. Te voici donc dans ta nouvelle demeure, Vivyan. Un peu vieillot, comme baraque, mais après Poudlard, plus rien ne peut m’étonner. C’était quand même dur de quitter le vieux château, mais j’ai donné ma parole à Albus que je l’aiderai. Et puis, je ne suis pas seule ! Sirius, James, Remus, Peter et Lily sont venus habiter là également. Comme nous sommes jeunes et que nous n’avons pas encore de domicile fixe, mon grand-père nous a gentiment proposé de venir loger au Quartier Général de ce qui se nomme à présent l’Ordre du Phénix. Haut lieu de la résistance contre Voldemort, la maison que nous avons choisie se trouve non loin de Londres et appartient à une ancienne connaissance de la famille Potter, qui nous l’a aimablement donnée. D’accord, elle tombe en ruine et ce n’est pas le luxe, mais nous y serons tout de même très bien. Et puis, nous sommes là pour nous battre, pas pour discuter.

Un certain nombre de mission nous attend. Le plus souvent, de l’espionnage, ce qui demandera une grande habileté et beaucoup de dissimulation. Ce ne sera pas facile, nous en sommes conscients, mais nous avons tous accepté de mettre notre vie en danger en prononçant le serment magique qui nous lie à l’Ordre. Mais je ne peux m’empêcher de trembler en attendant la suite…

Malgré ces trois années passées, je ne suis pas parvenue à oublier Tom. J’aime Sirius, bien sûr, mais je sens au fond de moi que ce n’est pas exactement la même chose. Ce n’est pas le GRAND Amour. Enfin bon, passons. À dire vrai, je suis plutôt inquiète : Sirius et James sont partis en mission au début de la semaine et ne sont toujours pas revenus. J’espère qu’il ne leur est rien arrivé. Minerva n’a malheureusement pas pu les accompagner, car les vacances scolaires sont terminées et qu’elle a dû reprendre son poste à Poudlard, en compagnie d’Albus. J’aimerai tant que Sirius soit là…

Le Manoir, 24 janvier 1985 :- Tout est prêt, n’est-ce pas ?
La voix du Maître claqua, sèche, froide et dure, comme à son habitude. Le jeune homme qui se tenait devant lui se recroquevilla de terreur, n’osant lever la tête de peur de croiser le regard impitoyable de la grande silhouette sombre qui dardait sur lui ses yeux bleus, si cruels. Les choses avaient été faites, bien sûr, mais il venait de se rendre compte qu’il avait oublié un détail important. La protection. À moins que quelqu’un d’autre ne s’en occupe. Mais…

La respiration du jeune homme s’accéléra et il sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine, distillant le poison de la peur dans ses veines. Il passa la main dans ses cheveux châtains clairs, et se résolut à lever ses yeux marron et son nez en pointe, semblable à celui d’un rat, vers l’homme qui lui faisait face.
- Oui… bredouilla-t-il. Tout a été fait selon vos ordres, Maître… Mais… mais…
- Mais quoi ?s’impatienta le sorcier maléfique. Vas-tu parler, enfin ?
- Nous n’avons pas encore… pas encore résolut la question de la… protection…
- La protection ?!siffla l’homme. Tu n’as nul besoin de te soucier de cela. Lucius s’en charge, et j’ai moi-même prévu de nombreux sortilèges pour parer à diverses éventualités !
- Mais je pense que… tenta courageusement le jeune homme.
- Il suffit !!!cria l’homme en noir. Depuis quand, un misérable Mangemort se permet-il de contester mes décisions ? As-tu besoin que je t’apprenne l’obéissance que tu me dois ? Que je te rappelle le serment que tu as prêté ?
- Non… non… Maître, s’il vous plaît… supplia le jeune homme en reculant vers le mur sombre de la pièce, dans une tentative vaine d’être hors de portée du mage.
- Endoloris, murmura l’homme, d’un ton presque nonchalant.

Le jeune homme aux cheveux châtains poussa un hurlement de terreur et de douleur, se retournant convulsivement sur le sol, parcouru par des spasmes de souffrances incontrôlables.
- Pitié, pitié… hurla-t-il, au désespoir.
- Pitié ?! Comment ça « pitié » ? T’imagines-tu que Lord Voldemort pardonne aussi facilement ? Pour qui te prends-tu ? Tu n’es pas irremplaçable. Tu n’es qu’un pion, un serviteur et pour l’instant, ta vie est au bout de ma baguette. Il en sera toujours ainsi. Et je compte bien que tu t’en souviennes. Est-ce clair ?
- Oui, oui… hoqueta le jeune homme entre deux cris. Je… je vous le jure…
- Très bien, approuva Voldemort en levant sa baguette et en interrompant le sortilège. Nous verrons bien, à l’avenir, si tu tiens tes paroles, Queudver.

Queudver se retrouva, haletant et terrifié, sur le tapis qui recouvrait les dalle de marbre de la bibliothèque du manoir. Il se redressa péniblement et resta face à son maître, en tremblant.
- Autre chose ?demanda Voldemort sur le ton de la conversation, comme si tout ce qui venait de se passer était sans importance.
Queudver leva péniblement la tête et marmotta :
- Oui, Maître. C’est à propos de Dumbledore. Comme… comme vous le savez, je dispose de très bonnes informations, étant donné qu’il me fait confiance. Alors voilà : il y a quelques mois, il a crée un ordre très particulier, l’Ordre du Phénix.

Voldemort haussa un de ses sourcils sombres et fit un geste impatient de la main, incitant Queudver a continué.
- Cet ordre a pour but… enfin, il doit… il doit… vous empêcher de nuire. Il réunit les meilleurs sorciers, jusqu’à Dubledore lui-même. Les meilleurs Aurors, les plus qualifiés.
« Les Aurors ?songea Voldemort. Je me demande… Et si elle… »
- Plusieurs de mes « amis », continua Queudver, en font partie. James Potter et Sirius Black, notamment.
- Black, interrogea Voldemort. Son frère ne nous avait-il pas rejoint ?
- Oui, Maître, acquiesça Queudver. Mais…
- Mais je l’ai tué !s’exclama Voldemort en partant d’un grand rire cruel. Cet idiot croyait pouvoir me quitter. Qu’il était naïf ! Continue, Queudver, le pressa-t-il et dis-moi tout ce que tu sais.

Queudver s’apprêtait a obtempérer, mais des coups furent discrètement frappé à la porte de chêne et un Mangemort entra dans un silence respectueux.
- Maître, Lucius Malefoy vient d’arriver et demande à vous voir de toute urgence. Il a des nouvelles très importantes à vous communiquer.
- Très bien, dit Voldemort en se levant du fauteuil où il était assis. Dis-lui que j’arrive.
Puis il se tourna vers Queudever et ordonna :
- C’est tout, Queudver, nous reprendrons notre conversation plus tard. Tu peux te retirer.

Dans un craquement, Queudver transplana et Voldemort sortit de la pièce en lançant d’un air réjoui :
- L’attaque de Pré-au- Lard peut donc commencer ! Et après… Poudlard.


Alors, satisfaits? J'espère que la dernière scène, dans le Manoir de notre cher Maîre vous aura plue... J'attends avec impatience vos comentaires... dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 13:26

C'est un réveil bien mouvementé qui attend Vivyan au QG de l'Ordre. Mais ce ne serra rien face aux surprises que lui réserve la journée... dwarf


Chapitre 7 : Aurors et Compagnie.

Quartier Général de l’Ordre du Phénix, 25 janvier 1986 :

Le soleil qui filtrait par les hautes fenêtres du vaste hall, éclaboussant les murs de taches d’or étincelantes, éclaira brièvement le pelage sombre du gros chien noir. Une chouette hulotte, perchée sur une grosse poutre poussiéreuse, prit son envol dans un bruissement de plumes et frôla la tête du chien qui ne fut pas le moins du monde perturbé.

Il se dirigeait avec assurance dans la sombre maison encore endormie, comme s’il savait exactement où il voulait aller. Ce qui était le cas, bien évidemment. En chemin, il passa devant la cuisine, d’où s’échappait des craquements étranges. Par la porte entre ouverte, il distingua les contours d’un gros rat gris, occupé à grignoter des biscuits au gingembre. Le chien poussa un grognement un peu ironique. Il ne changerait donc jamais ! Bizarre qu’il soit là au lieu d’être encore dans son lit. À cette heure, c’était assez inhabituel. Mais le chien ne prit pas la peine de se poser davantage de questions, il avait une chose importante à faire, et cela sans retard. De plus il souhaitait lui faire la surprise. Elle serait heureuse de le revoir. Très heureuse. Et peut-être que… Poursuivant son chemin, il monta quatre à quatre les marche de l’imposant escalier de chêne, prenant bien garde à ne pas provoquer de grincements intempestifs. Il ne voulait pas réveiller toute la maisonnée… Arrivé à l’étage, le chien prit à gauche, dabs un long couloir bordé d’innombrables portes. Témoignages immuables des siècles passés, d’antiques portraits étaient accrochés de part et d’autre des murs défraîchis. Leurs occupants, encore profondément endormis, murmuraient des brides de paroles incompréhensibles dans leur sommeil.

Le chien noir trottina dans le couloir et arriva devant une porte de bois clair. Il touchait enfin au but. Elle allait avoir une belle surprise ! Il hésita un instant, puis se dressa sur ses pattes arrières et actionna habilement la poignée de fer. La porte s’ouvrit en étouffant un léger grincement, révélant dans son embrasure une chambre meublée avec goût.
Une haute armoire ainsi qu’une commode à miroir étaient disposées de chaque côtés d’une grande fenêtre. Une bibliothèque bien fournie occupait toute la paroi à gauche de la porte, en face de la fenêtre. Un grand lit à baldaquin, tendu de rideau de soie pourpre siégeait contre le mur et occupait une grande partie de la chambre. Dans un coin de la pièce, une magnifique chouette effraie dormait profondément, perchée sur un dossier de chaise et un gros chat noir se prélassait sur un coussin moelleux.

Le chien s’avança précautionneusement jusqu’au lit et, dans un léger « POP », reprit sa forme première. C’était à présent un jeune homme de haute taille qui se tenait face aux rideaux de pourpre. Le regard chaleureux et la bouche étirée en un sourire malicieux, il était vraiment très beau. Ses longs cheveux brun foncé tombaient sur ses épaules musclées d’une manière désinvolte et l’on devinait un torse musclé sous sa chemise blanche à moitié ouverte.
D’une main preste et sûre, il s’empara du mince rideau de soie et le tira d’un geste brusque, révélant l’occupante du lit à la lumière du jour.

Il s’agissait d’une magnifique jeune femme, encore endormie. Des longs cheveux auburn faisaient des vagues sur son oreiller de soie et ses paupières aux longs cils restaient fermées, la gardant dans le monde des songes. Sa bouche aux lèvres tendres et nacrées étaient entre ouverte et le jeune homme du se retenir de l’embrasser avec fougue. Son haut front et son nez bien dessiné lui donnaient un air noble et pur. Elle avait repoussé les drap blanc et lui apparaissait, vêtue d’une chemise de nuit rouge qui laissait deviner ses rondeurs généreuses. Elle était tout simplement sublime…

L’homme en eut le souffle coupé. Il ne l’avait encore jamais vue ainsi. L’air froid de l’hiver s’engouffra par la fenêtre laissée ouverte et la fit frissonné. D’un geste tendre, il rabattit les couvertures sur la jeune femme qui poussa un soupir de bien–être dans son sommeil. Le jeune home s’assit alors sur le bord du lit, contemplant sa compagne endormie et prenant garde à ne pas la réveiller. Il se pencha vers son visage et sentit le sifflement de sa faible respiration. Il approcha ses lèvres de celles de la jeune femme et les effleura amoureusement. Elles avaient un goût sucré et étaient tellement douces ! La jeune femme ouvrit alors les paupières, révélant deux iris noisette à l’éclat mystérieux et encore embrumés de sommeil. Ses yeux s’agrandirent de surprise quand elle reconnut son visiteur et, repoussa les couvertures, elle se jeta dans ses bras, l’étreignant avec soulagement.
- Sirius !s’exclama-t-elle. Tu es revenu ! Oh mon dieu ! J’ai eu si peur…
- Peur ?s’étonna Sirius en caressant tendrement les cheveux de la femme, pour la rassurer. Mais… de quoi ?
- Et bien… et bien… hésita la jeune femme. Cela faisait déjà plus de six jours que vous étiez partit, James et toi, et… avec Lily, nous craignions… Enfin, se reprit-elle, tu es là, et c’est l’important.
- C’est vrai, approuva Sirius avec un sourire. Ne t’inquiète plus…
Puis, la serrant plus fort :
- Tu m’as tellement manqué, Vivyan !
- Toi aussi, tu m’as manqué, gros bêta ! répondit Vivyan en lui envoyant une bourrade affectueuse dans l’épaule. Mais quand même !se moqua-t-elle gentiment en prenant un ton pincé, faussement moqueur, me faire attendre comme ça, tu n’es pas sérieux, Sirius !
Il sourit à son tour et répliqua d’une voix ironique :
- Quoi ? Moi, pas sérieux ?! Allons, depuis le temps que nous nous connaissons, j’aurai pensé que tu me connaissais un peu mieux ! Je suis un modèle de sérieux et d’obéissance !
- C’est ça !ri-t-elle en le regardant. Et moi, je suis la Ministre de la Magie !
Sirius se leva du lit et, faisant une imitation grotesque d’une révérence, déclara d’un ton faussement respectueux :
- Mrs la Ministre, permettez-moi de vous accordez mes plus sincères…

Mais il n’eut pas le temps de finir car Vivyan s’était également levée et lui avait balancé son oreiller dans la figure. Eclatant d’un rire semblable au jappement d’un chien, Sirius répliqua vivement en lui lançant un coussin qu’elle esquiva sans peine. Elle se baissa pour le ramasser et, la prenant par surprise, il l’immobilisa dans ses bras de sorte qu’elle ne puisse plus bouger.
- Alors, Miss, se moqua-t-il avec arrogance, qu’allez-vous faire, à présent ? Vous ne pouvez pas m’échapper…
Elle se débattit encore un moment, puis, abandonnant la lutte, capitula en riant :
- Très bien, Sirius, tu as gagné, comme toujours ! Vas-y, je suis à ta merci, fais ce qu’il te plaira de moi…
Sirius devint alors très sérieux et déposa un tendre baiser dans la nuque de Vivyan, qui frémit, ne s’attendant pas à cela.
- Ce que je veux, hein ?demanda Sirius en souriant. Il s’apprêtait à ajouter quelque chose, mais elle posa un doigt sur ses lèvres, l’incitant au silence et l’embrassa sur la bouche, se rapprochant de lui. Sirius la souleva de terre, la posa sur le lit en murmura :
- Vivyan…
Il la serra contre lui, et, pendant qu’il l’embrassait avec fougue, elle le fit basculer sur le matelas, de telle sorte qu’il se retrouva couché sur elle. Elle éclata d’un rire cristallin mais il l’interrompit en capturant ses lèvres dans un autre baiser. Il releva la tête. Il se sentait si bien, avec à ses côtés. Depuis le temps qu’il attendait ce moment… ! Il avança ses mains vers les seins de Vivyan qui le regardait avec amour et confiance quand …

« TOC ! TOC ! TOC ! »
La porte s’ouvrit à la volée, et James Potter, les cheveux en bataille et les lunettes de travers (comme toujours !) entra dans la pièce. James était le meilleur ami de Sirius et depuis peu, il vivait avec Lily Evans, dont il était profondément amoureux et qu’il projetait d’épouser. Il s’arrêta net en voyant le spectacle qui s’offrait à lui. Vivyan, couché sur le lit avec Sirius au-dessus d’elle qui l’enlaçait passionnément. De toute évidence, il était arrivé au mauvais moment, car le couple le fixait avec des yeux ronds de surprise. Si il n’avait pas été aussi gêné, James aurait éclaté de rire devant leur expression indignée. Mais l’heure n’était pas à la plaisanterie.

Sirius, visiblement très mal à l’aise, s’était relevé et Vivyan, aussi rouge que lui, fixai James avec une certaine gêne.
- Heu… bon… balbutia James, ne sachant plus où se mettre. Je…je suis vraiment désolé de vous avoir dérangés au moment où… heu… dans un moment pareil.
Sirius regarda son meilleur ami avec une étrange expression, comme si il voulait déterminer si c’était mieux de le laisser partir ou de le balancer par-dessus la fenêtre de la chambre. Finalement, il prit une troisième option :
- Non, c’est rien, grogna-t-il avec mauvaise humeur. Nous étions juste… ça ne fait rien, conclut-il.
Vivyan, qui s’était levée, acquiesça et ajouta avec humour :
- Mais quand même, James, la prochaine fois que nous sommes « occupés », on aimerait bien que tu frappes avent d’entre et que, si possible, tu attendes notre réponse.
James devint encore plus rouge, ce qui laissait à croire qu’il était vraiment très mal à l’aise et bredouilla des paroles incompréhensibles avant de déclarer :
- Bon, très bien. Je… je vais y aller. Heu… Vivyan, je voulais juste te dire que ton grand-p… que Dumbledore est là et qu’il demande une réunion de l’Ordre de toute urgence. Voilà, c’est tout.

Il fit volte-face et posa la main sur la poignée de la porte, laissant Sirius et Vivyan songeurs et alarmés devant cette nouvelle. James s’apprêtait à ouvrir la porte quand celle-ci s’ouvrit à la volée, révélant un jeune homme d’une vingtaine d’année, ses cheveux châtains foncés volant autour de ses épaules, encore mouillés par l’eau de la douche. Une lueur aimable brillait dans ses yeux gris vert et il souriait d’une manière quelque peu énigmatique.
- Ah ! Vous êtes donc tous là ! s’exclama-t-il en les regardant tour à tout. James, Sirius et Vivyan ! James, ajouta-t-il en se tournant vers lui d’un air faussement sévère, cela fait, au moins, dix minutes que nous vous attendons ! La réunion va bientôt commencer et (il regarda Vivyan de haut en bas) vous n’êtes même pas encore habillés !
Un silence de plomb s’installa tandis ce que les jeunes gens s’observait mutuellement. Leur gêne était visible et le jeune homme qui venait d’entrer les regardait d’un air interrogatif. Finalement, James s’approcha de lui et lui murmura quelques mots à l’oreille. Le visage du jeune homme s’éclaira soudain et sa bouche s’étira en un sourire un peu moqueur.
- Alors c’est donc ça ?! Je me demandais pourquoi Sirius n’avait pas été directement se coucher, mais voilà qui explique tout ! Mon pauvre James, tu as dû les déranger ! Tu t’es excusé, j’espère ?
Puis, se tournant vers Vivyan :
- Et toi alors ? La grande Vivyan Dumbldore en personne, accepte de recevoir en privé et dans ses appartements, le ténébreux Sirius Black ? Voilà qui m’étonne bien de toi ! Et qu’avez-vous fait, si ce n’est pas indiscret ?
- Justement, ça l’est ! s’écria Sirius, au bord de l’agacement. Et arrête tout de suite de te moquer de nous, Lunard !
- C’est vrai !approuva Vivyan. Notre vie privée ne regarde que nous, Remus…
Remus Lupin (car c’était lui…) baissa la tête d’un air navré et s’excusa sincèrement :
- Désolé, je suis incorrigible. J’aurais dû faire preuve d’un peu plus de tact… Mais il faut reconnaître que toi aussi, Sirius, tu t’es bien souvent moqué de moi et des mes conquêtes.
- Exact !rétorqua Sirius. Mais nous étions jeunes…
- Insouciants, innocents !complétèrent Remus, James et Vivyan.
- N’empêche, conclut Remus, quand Dumbledore saura ça ! Sa petite-fille et Mister Black !
- Ne t’avise surtout pas de le lui raconter !avertit Vivyan. Sinon (elle prit une voix menaçante ressemblant à celle de Minerva McGonagall), je me verrais dans l’obligation de sévir ! Alors ne raconte rien !!!

La porte s’ouvrit à nouveau et le visage d’un jeune homme au nez pointu, cheveux châtain clair et aux yeux humides apparut dans l’embrasure. Il rentra dans la pièce, immédiatement suivit par une très belle jeune femme à l’épaisse chevelure roux foncés et au regard extraordinairement vert. Elle marcha jusqu’à James et se lova contre lui en lui demandant avec un sourire charmeur :
- Qu’est-ce qu’il ne doit pas raconter, James ?
Tout le monde éclata de rire et Vivyan laissa échapper avec un regret comique :
- Avec vous, on a vraiment aucune chance de garder notre relation secrète plus longtemps !
Et ils se résolurent donc à tout expliquer à Lily Evans et Peter Pettigrow afin qu’ils comprennent le fin mot de l’histoire.

C’est alors qu’une voix sèche retentit au bas des escaliers, les faisant reprendre conscience de la réalité et de la gravité de la situation :
- Et bien, les jeunes, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?!

« Vraiment ! Quel manque de tact de la part de Cornedrue ! Pile au moment où… Le moment qu j’attendais tant ! J’étais enfin seul avec Vivyan et nous étions en train de… Mais quel idiot, je te jure ! Heureusement qu c’est mon meilleur ami, sinon, je le balançais par la fenêtre ! Je te jure, c’est frustrant à la fin. Et Lunard, c’est pas mieux ! Encore à se ficher de nous ! Oh, bien sûr, ce n’était pas méchant, mais quand même ! Enfin, en attendant, je suis curieux de voir ce que nous réserve cette réunion… »

Petite parenthèse comique avant de passer aux choses sérieuses, Je vous garantie que les chapitres suivants seront beaucoup moins joyeux. J'attends toujours vos réactions!!!!!! dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 13:29

Réunion au sommet pour les membres de l'Ordre. Des espions ont rapporté que Voldemort et ses sbires projetaient une attaque sur Pré-au-Lard le soir même, à minuit. Malheureusement, le Ministère étant débordé et ineficaces, les Aurors devront se débrouiller sans compter sur de l'aide. L'Ordre doit agir... seul. Argh...


Chapitre 8 : Des risques à prendre

Quartier Général de l’Ordre du Phénix, 25 janvier 1986 / Réunion dans la Bibliothèque.

Ils descendirent le grand escalier en trombe, passant devant les portraits, réveillant leurs occupants en sursaut. Ils ne prirent pas garde à leurs bruyantes protestations et coururent jusqu’à la bibliothèque, où se tenaient habituellement les réunions. James, en tête du petit groupe, frappa trois coups brefs sur l’épais panneau de bois de la porte qui s’ouvrit en un grincement sinistre. Ils rentrèrent alors dans la grande salle, un peu gêné d’être en retard.

Le pâle soleil de janvier filtrait par les hautes fenêtres, éclairant la pièce d’une faible lueur blanche. Des grands chandeliers d’argent avaient été allumés pour compenser le manque évident de lumière mais malgré cela, la voûte de la bibliothèque ainsi que le sommet des grandes étagères recouvertes de grimoires poussiéreux restait dans l’ombre. Au centre de la pièce circulaire, une simple table ronde, d’assez grande taille, sans ornement ni fioritures. Autour de cette table, une vingtaine de chaises, dont la plupart étaient déjà occupées par des sorcières ou sorciers à la mine assez sombre et un peu ensommeillée, sans doute à cause de l’heure matinale de la réunion.

Soudain, un sorcier de grande taille à la barbe argentée et vêtu d’une robe de sorcier bleu nuit, se leva d’un fauteuil recouvert de chintz et vint à la rencontre du groupe de jeunes gens :
- Enfin !s’exclama-t-il. Nous pensions ne jamais vous soir arriver ! Mais vous êtes là, à présent, continua-t-il en distribuant des poignées de mains chaleureuses à chacun. La réunion peut donc commencer !
Il s’arrêta devant Vivyan et lui sourit paternellement. Elle lui rendit son sourire, soulagée qu’il n’ait pas fait de remarque sur leur retard. Bien sûr, il n’était pas redoutable, mais elle préférait qu’il ne leur adresse pas l’une des répliques gentiment moqueuses donc il avait le secret.

Albus Dumbledore retourna donc s’asseoir dans son fauteuil d’un air noble et digne. Il leur fit geste de prendre place et, pendant qu’il attendait que les chuchotements des salutations se taisent, leur jeta un regard pénétrant. Enfin, lorsque chacun eut trouvé sa place et que les rumeurs des salutations se soient éteintes, il se leva, posa ses mains jointes sur la table circulaire et commença la réunion :
- Tout d’abord, dit-il d’une voix calme, je voudrais sincèrement m’excuser de vous avoir tous tirés du lit de si bon matin. Je suppose que nombre d’entre vous auraient préféré rester dormir longuement, bien au chaud sous leur couette…
Un murmure d’approbation joyeuse accompagna les paroles de Dumbledore et quelques personnes étouffèrent un petit rire. Sirius donna un coup de coude à Vivyan et lui adressa un regard entendu auquel elle répondit. Eux aussi auraient préféré rester tranquilles…
- Mais hélas, poursuivit Dumbledore, la situation ne se prête guère à ce genre d’activité.
Il prit un ton soudain plus sérieux et un éclair de gravité passa dans ses yeux bleus.
- J’ai malheureusement une très mauvaise nouvelle à vous annoncer. Je viens d’apprendre par l’un de mes espions en lequel j’ai une absolue confiance, que Lord Voldemort projette de lancer une attaque massive sur le village de Pré-au-Lard.

L’atmosphère de la pièce changea alors du tout au tout. On aurait dit que des Détraqueurs avaient soudain fait leur apparition, réfrigérant l’ambiance de la salle. Alors que quelques minutes auparavant, tous les membres de l’Ordre étaient d’humeur joyeuse bien qu’un peu ensommeillée, ils étaient à présent tout à fait réveillés, avec tous leurs sens en alerte. Emmeline Vance, une sorcière à l’air majestueux, la tête enveloppée d’un châle violet, se retourna sur sa chaise en lançant des regards perçants aux alentours. Remus Lupin prit soudain l’air méfiant et Peter Perttigrow ne pu s’empêcher de lancer quelques coups d’œil terrifiés. Seuls Vivyan et Dumbledore étaient restés parfaitement impassibles. Ce fut d’ailleurs Vivyan qui posa la question tant attendue :
- Mais… Que cherche-t-il exactement en attaquant Pré-au-Lard ? demanda-t-elle d’un ton nonchalant, comme si tout cela n’était pas le moins du monde terrifiant.

Dumbledore dissimula un sourire. Décidemment, elle semblait toujours ne ressentir aucune crainte aucune peur. C’est pour cette raison qu’elle était sans soute une des plus douées, pour ne pas dire LA plus douée. Elle savait dissimuler ses sentiments à la perfection, ne montrant jamais son âme et son cœur à ses adversaires. Ce qui lui donnait un très fort avantage. Les gens capables de ne rien montrer de leurs émotions étaient très difficiles à atteindre. On ne pouvait utiliser contre eux la Légilimancie, cet art qui consistait à pénétrer les sentiments d’une personne pour la contrôler à sa guise. De plus Vivyan excellait dans le domaine de la protection aussi bien que de l’attaque magique et son esprit inventif lui permettait de se sortir des pires situations. Bien sûr, elle avait encore beaucoup de choses à apprendre et un adversaire rusé et malin n’aurait sans doute pas de difficultés la briser. Cependant, Dumbledore persistait à croire qu’elle était indéniablement un de leurs meilleurs éléments et, même s’il y répugnait, il savait qu’il faudrait, tôt au tard, l’envoyer au danger. En sachant qu’elle ne reviendrait peut-être pas.

Il prit alors une profonde inspiration et, mettant ses craintes de l’avenir de côté, répondit calmement à la question de sa petite-fille :
- Ce qu’il cherche ? Nous ne le savons pas, malheureusement, et notre espion n’a pas pu nous renseigner sur ce point. Nous pensons malgré tout que Voldemort veut tout d’abord s’emparer de Pré-au-Lard qui est, comme tu le sais, un des principaux lieux où la concentration des sorciers est la plus forte. Cela lui permettrait de paralyser l’un de nos principaux centres d’activité. Le village ne semble peut-être pas très important, mais en réalité, c’est un lieu où siège de grandes puissances magiques. Si Voldemort s’en empare, cela ferra certainement des morts, mais aussi un désastre dans notre système de défense. De plus, cela lui donnerait une position stratégique pour ensuite attaquer le Ministère ou alors Poudlard.
- Poudlard ?!répéta avec incrédulité Frank Londubat. Mais… Vous-Savez-Qui ne prévoie quand même pas de s’attaquer à l’école ?!
- C’est ce que nous pensons, pourtant, répliqua Dumbledore. Il ne veut peut-être pas attaquer le château tout de suite, car il me craint et n’oserai pas une action de cette envergure, mais, comme nous le savons, depuis quelque temps, il rassemble toutes ses forces et son armée de Ténèbres est pratiquement invincible. Il est tout à fait possible et même probable qu’après avoir pris Pré-au-Lard et le Ministère, ainsi que plusieurs autres de nos organisations à Londres, il décide de s’en prendre à Poudlard.

La voix de Dumbledore s’éteignit et des murmures angoissés furent alors échangés fébrilement. L’Ordre ne savait que penser. Attaquer Poudlard ?! Impossible voyons ! Et pourtant… Si c’était le cas, cela serrait la panique, la fin, peut-être. Vivyan, n’y tenant plus, se leva à son tour et fixa l’assemblé avec sévérité. Sa voix claqua, forte et réclamant le silence. Tout le monde se tu et rapporta son attention sur la jeune femme habillé tout en noir, ses cheveux ondulés tombant en lourdes vagues sur ses épaules.
- Allons, allons, les résonna-t-elle. Il est inutile de débattre de ceci aujourd’hui. Nous sommes rassemblés afin de décider de lancer ou non une offensive afin d’empêcher Lord Voldemort de semer la panique à Pré-au-Lard. La question de Poudlard pourra être réglée un autre jour, nous n’en avons pas le temps maintenant. Chaque minute de discussions supplémentaires nous fait perdre un temps précieux, et je doute que Voldemort nous attendent pour lancer son attaque !

Un silence de mort planait sur l’assistance tandis que tous écoutaient Vivyan avec attention. Celle-ci, voyant leurs visages levés vers elle, reprit de l’assurance. Elle n’avait pas remarqué que Dumbledore s’était rassit et que lui aussi l’écoutait avec une expression de profonde attention. Elle allait enfin faire ses preuves.
- Et Azkaban ? demanda soudain une voix anxieuse. Vous y avec pensez ? Si les Détraqueurs rejoignent Vous-Savez-Qui, ce serra la panique !
- C’est également une position à considérer, Hagrid, concéda Vivyan. Mais pas pour l’instant, car le temps presse. Bon, reprenons. Je pense que nous devrions envoyer un groupe suffisamment nombreux à Pré-au-Lard pour pouvoir arriver avant Voldemort, le surprendre et ainsi le contrer. C’est ce qui me semble le plus raisonnable à faire.
Elle fixait l’assemblée comme un général à la veille d’une bataille et ses yeux n’exprimait que sa volonté farouche et sa profonde détermination. Des murmures d’approbation s’élevèrent alors.
- Oui, approuva Hestia Jones, une sorcière aux joues roses et à la chevelure noire. Mais si Tu-Sais-Qui a une armée si importante, comment espères-tu le contrer ? Nous ne serons jamais assez nombreux !
- C’est vrai que nous sommes peu, expliqua patiemment Vivyan, mais nous bénéficierons de l’effet de surprise. De plus, je ne pense pas que Voldemort s’attende à rencontrer de la résistance. Il ne connaît même pas l’existence de l’Ordre. Il va donc envoyer peu d’hommes pour prendre d’assaut le village. N’est-ce pas ? demanda-t-elle en se tournant vers Dumbledore.
Celui-ci approuva d’un signe de tête et précisa :
- C’est finement observé, Vivyan. En effet, et l’espion est catégorique sur ce point, Voldemort envoiera seulement quelques Mangemorts au village. Sûr d’avoir la victoire facile, il ne se doutera pas de ce qui l’attend. Je pense que ton idée est la meilleure. Il nous faut un groupe de gens peu nombreux qui le prendront par surprise.
- Mais pourquoi ne pas demander l’aide du Ministère ? demanda Alice Londubat. Ils pourraient nous envoyer du renfort.
-Impossible, coupa Sirius avec un geste impatient de la main. Le Ministère est trop occupé et incapable d’agir. De plus, ils ont suffisamment à faire avec toute ces attaques multipliées de vampires, loups-garous et tout le reste ! Non, ce n’est pas la solution.
Dumbledore se leva alors de son fauteuil et demanda le silence, qui se fit aussitôt. Il annonça d’une voix résolue :
- L’attaque aura lieu ce soir, à minuit très précisément. Vous serrez douze à partir, ce qui devrait être suffisant. Je ne peux en laisser partir plus car nous avons encore de nombreuses missions qui nous attendent dans différentes régions du pays. J’espère que vous mesurez tous la gravité de la situation.
À voir la mine grave et sombre qu’ils affichaient tous, c’était le cas…
- Bon, alors, poursuivit Dumbledore, le groupe sera composé de James, Sirius, Remus, Vivyan, Lily, Franck, Alice, Hagrid, Minerva, Alastor (ndla : Maugrey), Sturgis (Podmore) et Edgar (Bones). Je ne peux malheureusement pas vous accompagner, car je dois retourner à Poudlard le plus vite possible, on ne sait jamais ce qui peut arriver… Voilà, c’est tout. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne chance et à espérer que tout ce passera pour le mieux. Je repartirai pour l’école ce soir et en attendant, je souhaiterai m’entretenir en priorité avec Vivyan, James, Sirius, Remus et Lily. Voilà. La réunion est terminée.
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 13:29

La bibliothèque se vida alors lentement, un à un, les membres de l’Ordre quittèrent la salle et bientôt, il ne resta plus que Dumblodore, James, Sirius, Remus, Lily et Vivyan. Dubledore se leva de son fauteuil et fit quelques pas en direction de la fenêtre, observant avec attention le ciel gris et morne. Par moment, le soleil traversait la voûte des nuages, éclairant brièvement le visage las de Dumbledore. Il se tourna alors vers les jeunes gens et leur di d’une voix solennelle qui ne lui était pas coutumière :
- J’espère que vous saisissez parfaitement toute l’ampleur d’une telle mission. Vous allez vous mesurez à de Mangemorts sans pitié, qui ne vous laisserons aucunes chances. Il vous faudra user de toute votre puissance, de tout votre savoir et de toute votre ruse pour réussir à les combattre. Cela ne serra pas une mince affaire, mais je crois que vous y arriverez. Vous êtes les plus brillants de mes étudiants, et des Aurors hors pair. Je compte sur vous.

Et, avec un sourire rassurant et bienveillant, il les congédia d’un geste de la main. Ils sorti un à un. Vivyan s’apprêtait à les suivre, mais il la retint par le bras.
- Ecoute… commença-t-elle.
- Non, la coupa-t-il, toi, écoute.
Il prit une inspiration :
- Je veux que tu me promettes de faire bien attention à toi, et de ne pas prendre de risques sans raison.
Vivyan ouvrit la bouche pour protester, mais Dumbledore la coupa dans son élan et continua :
-Je ne doute en aucun cas de tes compétences, Vivyan, seulement… Ce serra ta première mission et… tu te retrouveras face à un danger bien réel. En es-tu consciente ?
Vivyan releva la tête et approuva d’un air grave et sérieux. :
- Oui, j’en suis tout à fait consciente. Ne t’inquiètes pas, je prends tout ceci très au sérieux.. et je compte bien réussir cette mission. Même si il se peut que je ne revienne pas.
Dumbledore étira ses lèvres minces en un sourire douloureux et scruta attentivement le visage décidé de sa petite-fille. Il avait confiance en elle, elle ne faillirait pas. Il se décida donc à la laisser partir :
-C’est bon, tu peux t’en aller.
Elle lui adressa un regard reconnaissant et, avant de sortir, le pris tendrement dans ses bras et lui murmura :
- Ne t’inquiètes pas… Sirius veille sur moi.
Il lui rendit son étreinte et la regarda partir paternellement, ressentant tout de même un pincement au cœur.

Vivyan ferma la porte de la bibliothèque et redressa fièrement la tête. Sa mission commençait.

Le Manoir, 25 janvier 1986 :
- Vous m’avez fait demander, maître ?demanda Lucius Malefoy en entrant dans la bibliothèque sombre, s’inclinant respectueusement devant la haute silhouette.
- Oui, Lucius, répondit la voix, toujours aussi froide et dure, mais cependant, un peu moins sèche. Je voulais te voir avant de lancer l’attaque. Il me semble que nous avons encore quelques petits détails à régler…

Voldemort quitta le grand fauteuil près du feu pour se lever et faire face à Malefoy. Tout de noir vêtu, avec sa longue cape et son teint pâle, on aurait cru voir la Mort en personne… La seule tache de couleur dans ce tableau sinistre était ses magnifiques yeux bleu foncé, toujours aussi perçants et cruels. Pour le moment, du moins. Il observa longuement Malefoy, lisant en lui comme dans un livre ouvert, voyant tout de son âme. Aucun des ses secrets, aucunes de ses actions ne pouvaient lui être cachés. Il savait tout des recoins sombres de l’âme de son Mangemort.
Finalement, satisfait sans doute par ce qu’il venait de découvrir, il se détourna et plongea son regard dans les flammes, laissant Malfoy un peu perplexe. Voldemort resta silencieux un long moment, mais se décida enfin à déclarer d’un ton calme :
- Ce que j’ai vu dans ton âme est fort satisfaisant, Malefoy. Tout à bien été fait selon mes ordres et tu n’as omis aucuns détails. Cependant, je m’aperçois que la question de la protection n’a toujours pas été réglée.

Malefoy baissa la tête d’un air coupable. En effet, ce point n’avait pas encore été étudié. Le Maître voulait que l’on découvre, que l’on invente un nouveau sortilège qui pourrait permettre de protéger plusieurs personnes à la fois, tout en dépensant peu d’énergie et en permettant de lancer des attaques depuis l’intérieur. Une sorte de bouclier d’énergie, en fait. Certes, les sorts de protections existaient, mais pour l’instant, ils demandaient une débauche d’énergie à leurs créateurs et les sorciers ne pouvaient pas les maintenir longtemps. De plus, il était impossible que plusieurs personnes soient protégées en même temps et on ne pouvait pas lancer de maléfice d’attaque pour riposter quand on était à l’intérieur. Bref, ce n’était pas du tout l’idéal pour un combat de grande envergure.
- Il existe bien le sortilège du Bouclier, ajouta Voldemort, mais cela ne sera pas suffisant. N’avez-vous vraiment rien trouvé de nouveau ?
- Non, Maître, avoua tristement Malefoy. Nous ne sommes malheureusement pas parvenus à inventer un sortilège qui réponde à vos exigences. Je crains qu’il ne faille vous en passez… pour cette fois, du moins.
- M’en passer, vraiment ?s’étonna Voldemort. Sais-tu ce que Queudver vient juste de m’apprendre ?
Malefoy fit un signe de dénégation de la tête. Il n’était pas au courant des derniers événements.
- Il m’a dit, poursuivit Voldemort en se retournant soudainement face à son Mangemort, que Dumbledore avait récemment créé une organisation, l’Ordre du Phénix, afin de contrer tous mes plans. Cet organisme réunit les meilleurs Aurors. Enfin, sourit-il avec cruauté, ceux que je n’ai pas en tués… Quoiqu’il en soit, continua le mage noir, je suis absolument persuadé que Dumbledore a installé un ou plusieurs espions dans le Manoir afin de se tenir au courant de nos agissements. Et comme on peut s’y attendre de la part de Dumbledore, je pense qu’il doit dors et déjà être au courant de l’attaque prévue sur Pré-au-Lard…

La voix froide de Voldemort s’éteignit, faisant place à un silence de plomb, qui laissa à Malefoy tout le loisir de saisir les propos pour le moins inquiétants de son Maître. Un espion, ici ? Mais qui ???
- C’est pourquoi, susurra Voldemort à la manière dont le serpent siffle pour hypnotiser sa proie, nous allons doubler le nombre de Mangemorts qui partirons ce soir. Mais cela ne sera peut-être pas suffisant… C’est pour cela que j’insiste tant sur la question de la protection. Persuadé que vos recherches seraient vaines, j’ai moi-même mis au point le sortilège. Vous aurez jusqu’à minuit pour le maîtriser. Est-ce clair ?conclut-il d’un ton qui n’admettait aucunes contradictions.
Malefoy déglutit difficilement :
- Très clair, Maître.
- Bien. Je compte sur toi, Malefoy.

Et sur ces mots, Voldemort sortit de la salle sombre, suivit de son Mangemort. En définitive, ce n’était pas une si mauvaise journée. Le sortilège qu’il venait de créer était puissant, très puissant. Les quelques Aurors qu’ils auraient à affronter n’auraient aucune chance. Le Maître de Ténèbres jubilait intérieurement.
« À nous deux, mon cher Albus. »

« Oui, c’est vrai. Je dois bien le reconnaître. En ce temps-là, j’étais sûr de moi, et tellement arrogant. J’étais le plus puissant des sorciers et rien ni personne ne pouvait m’arrêter. De plus, avec tant de pouvoir et de force dans mes mains, je pouvais absolument tous faire. Les attaques n’étaient même plus un problème pour moi, maintenant que j’avais trouvé la formule du fameux Bouclier d’Energie. Les Aurors ne pouvaient plus rien. Rien.

Dieu, que j’ai été naïf en ce temps-là. Si seulement je m’étais douté que quelques heures plus tard, à minuit exactement, ma vie allait basculer à cause d’elle. J’avais enfin réussi à repousser mes doutes et mes interrogations. Je n’éprouvais plus de scrupules à tuer, j’étais à nouveau le Seigneur du Mal. Mais il a fallut d’une fois, d’un seul de ses regards pour que tous mes idéaux, toutes mes certitudes partent en fumée. La seule chose dont j’étais sûr, c’était que je l’aimais, plus que tout. Plus que ma vie. Je serais mort mille fois pour elle. Elle était tout ce que j’avais toujours cherché, pendant si longtemps. Absolument tout.

Mais j’étais maudit, j’étais damné, je ne la méritais pas. Pourtant, elle est restée. Pour moi. Uniquement pour moi. Mon amour était partagé et je le savais. Elle ressentait pour moi la même passion que j’éprouvais pour elle. Oui mais voilà. Après tout ce que j’avais fait, avais-je le droit de l’aimer ? Non, bien sûr. J’avais commis trop de meurtres, fais trop d’horreur pour pouvoir à mon tour demander d’être aimé.

Vous pensez sans doute que je ne suis qu’un monstre sans sentiments, une sorte de fou sanguinaire, une bête à peine humaine, un sadique meurtrier, un assassin sans scrupule, un salaud de première. Peut-être avez-vous raison. Sans doute, même. Oui, c’est vrai, je suis un salaud. Je ne mérite pas de vivre, après tout ce que j’ai fais… Mais pourquoi l’ai-je fais ? C’est là toute la question. POURQUOI ? C’est ce que vous vous demander tous. Je le sens, je le vois. Vous voulez savoir. Mais je ne suis pas prêt à vous l’avouer. Pour l’instant, je ne suis qu’un homme torturé par ses sentiments. Un homme cruel qui commence à apprendre à aimer. À aimer ! Moi ! Etonnant, non ?! Mais vous le voyez bien, j’ai aussi des sentiments. Cela peut paraître étrange, mais ça ne l’est pourtant pas. Alors pourquoi ai-je fais tout cela ? Posez-vous la question. Vous trouverez peut-être la réponse. Mais la vérité est si terrible, si horrible, qu vous ne pourrez jamais l’imaginer. Et j’emporterais mon secret dans la tombe… »

« Ce jour-là, je ne me doutais pas qu’un page de ma vie allait être tournée. C’est étrange comme tout s’enchaîne. Vous vous croyez la femme la plus comblée du monde et soudain, tout s’écroule. À cause d’un regard. D’un regard si bleu, si profond… Bien sûr, je ne l’avais jamais complètement oublié, mais je l’avais relégué au rang des souvenirs, de mes rêveries d’adolescente. Pourtant, au fond de moi, je savais que je l’aimais. Pourquoi ? Cela, je l’ignore. Quand j’ai découvert qui il était vraiment et que j’ai sus ce qu’il avait fait, j’aurais pu le détester, le haïr mille fois, et j’aurais eut raison. Mais non. Je ne l’ai pas fais. Je suis resté à ses côtés et je l’ai aimé, comme jamais une femme ne l’avait fait avant moi. J’ai voulu l’aider, le secourir. Je persistais à croire qu’il n’était pas si mauvais, si cruel qu’il y paraissait. J’ai continué à l’aimer car je savais de toute mon âme qu’au fond de lui, il n’était pas ce monstre que l’on décrivait. Je l’avais connu avant que sa soif de pouvoir ne le pousse à l’Horreur, il m’avait sauvée, réconfortée et aimée. Un meurtrier sans cœur aurait-il pu en faire autant ? Non, certainement pas. Mais je savais que personne ne devait jamais découvrir la vérité, que nous devions la cacher. Alors j’ai menti, je leur ai menti à tous. J’aimais leur plus mortel ennemis et ils l’ignoraient. C’était mieux ainsi. Un amour comme le notre aurait été incompris. Ils ont pourtant découvert la vérité, et m’ont punie pour cela, disant qu’il m’avait manipulée, comme les autres. Ce n’était pas vrai.

Et je l’aimais. »


Alors? Etait-ce à la hauteur de vos attentes? dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 20:22

Les Aurors se rendent à Pré-au-Lard, dans le but d'y affronter le Seigneur des Ténébres. Cachés, en embuscades, ils attendent, anxieux. Mais rien ne vient. Pour finir, en désespoir de cause, ils évacuent les habitants du village et se préparent eux-même à partir C'est alors que surgissent les Mangemorts, guidés par Lucius Malefoy... Diabolique


Chapitre 9 : Attente insoutenable et Sauvetage rapide

Pré-au-Lard, 25 janvier 1986, 23 heures :

Vingt-trois heures, et toujours rien à l’horizon. Dans les rues silencieuses du village de Pré-au-Lard, aucun bruit ne résonnait, c’était le calme plat. Le calme avant la tempête. Tapis aux alentours de la place, plusieurs silhouettes sombres se tenaient immobiles, semblant ne pas respirer. Quelques autres se profilaient à l’horizon, au bout de la grande avenue pavée. Enveloppées par l’épais brouillard de janvier, elles étaient semblables à de grands fantômes noirs, ne murmurant que rarement pour se rassurer. Il y avait là les plus brillants Aurors, les meilleurs éléments de l’Ordre du Phénix : James Potter, Lily Evans, Sirius Black, Remus Lupin, Franck et Alice Londubat, Rubeus Hagrid, Minerva McGonagal, Alastor Maugrey, Sturgis Podmore, Edgar Bones et bien sûr, Vivyan Dumbledore. Et tous attendaient, avec inquiétude et frayeur, la venue de leur plus mortel ennemi.

Mais rien ne venait, et ils avaient beau scruté la nuit noire avec la plus grande attention possible, ils ne parvenaient pas à discerner quoi que ce soit. C’était étrange, pourtant. D’après leurs informations, l’attaque prévue devait avoir lieu le soir même, sur le coup de vingt-deux heures, et il n’y avait aucun signe de vie. Est-ce que l’attaque avait été repoussée ? Ou bien, alors, annulée, faute de temps, de moyens ? L’espion se serait-il trompé et leur aurait fourni de fausses informations ? À moins que Voldemort aient eut vent de leur contre-attaque, auquel cas il se serait tenu sur ses gardes… Mais c’était impossible, voyons, qui aurait pu l’avertir …?

Et pourtant, il fallait se rendre à l’évidence, après deux heures de longue et fastidieuse attente, toujours rien. Seul le bruit d’une pancarte de magasin se balançant doucement dans le vent glacé troublait le silence de mort qui planait sur le village endormi. Les honnêtes gens comme les malhonnêtes étaient couchés depuis longtemps et aucune lumière n’éclairait la rue vide et morne. Soudain, un chat errant, à la recherche d’un abri, sans doute, fit tomber un couvercle de poubelle, provoquant un raffut qui fit sursauter les Aurors, tapis aux alentours de l’avenue. Ils avaient tous les nerfs à fleurs de peau, même les plus expérimentés d’entre eux. Ils redoutaient plus que tout la venue des Mangemorts et de leur cruel Maître, ainsi que l’affrontement qui devrait inévitablement s’en suivre.

Accroupie derrière un vieux cageot à salade, entre une poubelle malodorante et un sac de patates rassis, Vivyan se tournait les pouces, comptant et recomptant les secondes dans sa tête. Elle ne se sentait pas rassurée du tout et ne cessait de se demander se qui ne tournait pas rond. Elle avait l’affreux pressentiment que quelque chose de terrible allaient leur arriver et qu’il ne pourrait rien faire pour éviter une catastrophe grandiose. Tandis ce que le poison du doute s’insinuait lentement dans ses veines, la faisant douter plus que de coutume, elle songea qu’une chasse mortelle allait se dérouler entre les Aurors et les Mangemorts et que ces compagnons ne pourraient rien faire pour éviter leurs ennemis. Une terrible traque allait s’engager et c’était elle la proie…
« Nous verrons bien, songea-t-elle, qui de nous serra le chat ou la souris ! »

Et puis, après cette longue attente (qui n’avait rien pour la rassurer !), elle commençait sérieusement à s’ennuyer ferme, mais restait vigilante malgré tout. VIGILANCE CONSTANTE, disait Maugrey. On ne sait jamais. Pourtant, au bout d’un certain temps, elle en eut assez. Cherchant à se rassurer et à tromper l’ennui, elle se leva sans bruit, ombre noir dans la profondeur de la nuit, contourna le sac de patates et alla donner une petite tape sur l’épaule de Sirius, caché juste devant elle, derrière un gros écriteau ventant les mérites de la Bièrraubeurre.
- Hé ! s’écria l’ancien maraudeur en sursautant avec surprise. Qu’est-ce que… ? Ah, c’est toi Vivyan, ajouta-t-il en voyant la jeune femme, emmitouflée dans sa cape de velours noir. Tu m’as fais une de ces peur ! Préviens-moi, la prochaine fois, au lieu de…
- Oh !répliqua-t-elle avec sarcasme. Je ne pensai pas que le célèbre Sirius Black avait les nerfs si fragiles ! Tu as poussé un tel cri que je suis sûre que tout le village est réveillé, maintenant. Bravo ! Et toi qui me dis toujours d’être silencieuse et discrète… !
- Bon, ça va, ça va !maugréa Sirius en lui jetant un regard de reproche. Si tu es venu là pour te moquer de moi, tu aurais mieux fais de rester à ton poste… Et d’ailleurs, continua-t-il, pourquoi tu n’es pas restée à l’abri là-bas… ? Je veux dire…

Il n’eut pas le loisir de terminer sa phrase car Vivyan le poussa brusquement du coude et s’accroupit à côté de lui en murmurant d’une voix anxieuse :
- Je suis inquiète, bien sûr ! Qu’est-ce que tu crois ?! Que je n’ai rien remarqué ? Je ne suis pas aveugle ! Cela fait déjà plus d’une heure que nous attendons, mais toujours rien. Tu ne trouve pas cela un peu étrange, toi ? D’habitude, Voldemort n’est pas si… enfin, disons qu’il est plus ponctuel lors de ses attaques…
Sirius haussa un sourcil inquiet :
- Tu crois qu’il… qu’il est au courant pour… pour notre contre-attaque ?déglutit-il avec peine.
- Je ne sais pas… répondit Vivyan avec une moue sceptique. Probablement pas. Comment l’aurait-il appris ? Un espion ? Peut-être y a-t-il un traître chez nous ?
- Tu crois ?questionna Sirius. Oui, en y réfléchissant, ajouta-t-il en se caressant pensivement le menton. C’est possible. Mais qui ? Qui aurait pu nous trahir ?

Vivyan tourna et retourna dans sa tête les différentes personnes travaillant pour l’Ordre. Aucune n’aurait été assez vile pour trahir Dumbledore, ils lui avaient tous juré fidélité… Allons, elle devait se ressaisir. Elle se faisait des idées, voilà tout… Et pourtant, l’idée persistait dans un coin de son esprit embrumé de fatigue. Elle étouffa un long bâillement et chassa ces pensées absurdes de sa tête.
- Non, trancha-t-elle finalement. Je ne crois pas que Voldemort ait un espion chez nous, c’est IMPOSSIBLE !
- Mais pourquoi, alors ?s’impatienta Sirius en tournant vivement la tête pour croiser les yeux de la jeune femme.
- Je n’en sais rien, Sirius, bougonna celle-ci d’un ton las. Peut-être… peut-être qu’il a décidé de renoncer…
« Même si je ne le pense pas… », songea-t-elle avec inquiétude.
- Tu crois… hésita Sirius, que nous devrions aller demander leur avis aux autres ? Comme ça, on saurait quoi faire…
- C’est une possibilité, en effet, approuva Vivyan. Je pense que nous devrions parler à Maugrey et McGonagall. Car si Voldemort a décidé de renoncer…

À cet instant, un bruit sonore retentit derrière eux, leur faisant brusquement détourner la tête. On aurait dit un très gros éléphant en train de se moucher. La tête hirsute de Hagrid apparut enfin au dessus d’une volumineuse poubelle qui ne parvenait pas à cacher entièrement son corps.
- Hagrid !chuchota la voix sévère de McGonagall. Un peu moins de bruit, je vous en prie, vous tenez vraiment à réveiller tout le village ?!
- Suis vraiment désolé, professeur, grogna Hagrid en se mouchant le plus discrètement possible. Je suis allergique aux chats, et y’en a justement un qui vient de… Enfin bon.
Vivyan, suivie de près par Sirius, se rapprocha discrètement su poste d’observation de Minerva McGonagall, en prenant bien garde de ne pas se faire remarquer par un bruit quelconque. Elle se laissa tomber à côté du professeur de Métamorphose et demanda fébrilement :
- Alors, toujours rien ?
- Et non, répondit la vieille dame d’un ton accablé où perçait pourtant un certain soulagement. Rien de nouveau, et nous attendons toujours…
Vivyan laissa échapper un soupir de frustration. Le sentiment de malaise persistait sans qu’elle puisse l’expliquer. Quelque chose se tramait dans l’ombre. Quelque chose de mortel…
- Et du côté de Maugrey ?interrogea Sirius avec espoir.
Minerva laissa échapper de sa baguette magique quelques étincelles jaunes qui volèrent jusque vers Fol Oeil. Celui-ci y répondit immédiatement avec un jet d’étincelles rouges.
- Toujours rien, diagnostiqua McGonagall. Je crains fort qu’il ne faille rentrer. C’est encore une fausse alerte, et vous connaissez le règlement aussi bien que moi : ne pas s’attarder si on est sûr que rien ne se produira.

Vivyan hocha la tête. Elle connaissait le règlement. Mais son cœur lui criait qu’une chose atroce se préparait.
- Oui, objecta-t-elle. Mais si Voldemort veut justement nous faire croire qu’il n’attaquer pas, alors qu’il en a l’intention ? Je pense qu’il vaudrait mieux évacuer tout le village et laisser quelques-uns d’entre nous ici, juste au cas où…
Les sourcils de la vieille dame se dressèrent et elle fixa avec intensité la jeune femme qui soutint son regard avec calme et tact. Elle avait le même regard que son grand-père, même si elle n’en n’avait pas hérité la couleur. Les mêmes expressions, le même savoir, la même sagesse. Ils se ressemblaient tellement…
- L’évacuation ne devrait poser aucun problème, mais laisser des gens ici, seuls ? Si Tu-Sais-Qui arrive, nous courrons tout droit au massacre !s’exclama Minerva. Evacuons le village et repartons au QG ! Cela évitera une catastrophe d’une grande ampleur !
- Oui, peut-être ! Nous aurons sauvé la vie de beaucoup d’innocents, mais si en restant, nous arrivons à éliminer quelques Mangemorts, cela en vaudra la peine, non ?! Et puis, cela pourra aider à sauver d’autres vies…Notre cause n’est-elle pas si importante ? Si nous devons mourir, tant pis, tant que cela peut aider des personnes à vivre ! C’est pour cela que nous avons suivit Dumbledore, pour cela que nous nous battons sans relâche contre le mal. Pour vivre ! Et si pour cela il me faut mourir, alors je serais prête à le faire !


Dernière édition par le Mar 13 Sep à 20:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 20:23

McGonagall eut un sourire triste. Décidément, cette jeunesse était bien décidée. Vivyan parlait avec une telle conviction, une telle ardeur qu’elle faillit se laisser convaincre. Mais…
- Non, trancha-t-elle, vous nous serrez beaucoup plus utiles vivants que morts. Et je... je… je ne pourrais pas accepter de vous voir vous faire massacrer… !
- Dans ce cas, décida Vivyan, une lueur implacable dans ses yeux noisette, je resterai. Seule, si il le faut, mais je resterai. Jusqu’à ce qu’Il vienne ou que nous soyons sûrs que tout danger soit écarté.
- Mais…
- N’essayez pas de la raisonner, Minerva, vous n’y arriveriez pas !

Alastor Maugrey venait de s’avancer de son pas chancelant et Vivyan s’aperçut avec surprise que tous les membres de l’Ordre avaient fait un cercle autours d’elle et de McGonagall. Ainsi, ils avaient tous entendu qu’elle resterait là quoiqu’il advienne.
- N’avez-vous pas remarquez à quel point elle ressemble à son grand-père ?poursuivit Maugrey avec amusement. La même détermination, le même courage, et je ne parle pas du fichu caractère. Si elle veut rester, laissez-la, elle a fait son choix.
Puis il se tourna vers Vivyan et déclara :
- Nous allons procéder, ainsi que tu l’as justement proposé, à l’évacuation complète du village et de ses habitants. Ensuite, nous resterons encore en faction pendant une heure, pour vérifier que tout danger est écarté. Mais il n’est PAS QUESTION que tu restes seule, Vivyan !
- C’est vrai, approuva Sirius en posant tendrement ses mains sur les épaules de la jeune femme, nous ne pouvons pas te faire courir un tel risque. Ni à toi, ni à qui que ce soit d’autre !
- Très bien dit, Sirius ! rugit Hagrid avec enthousiasme. Puis, voyant le regard sévère de McGonagall : Désolé, professeur…
Maugrey prit alors les opérations en main :
- Bon. Bones, Podmore, Evans, Lupin et moi-même allons procéder à l’évacuation. Pendant ce temps-là, les autres regrouperons les gens sur cette place afin de vérifier que tout le monde est bien partit. Vous connaissez le signal et vous savez où les gens doivent transplaner. Aussi, occupez-vous de faire retentir l’alarme, les gens sauront immédiatement où se rendrent. À vous de jouer.

Ils se dispersèrent tous dans le froid de la nuit d’encre, sous les miaulements des chats et les hululements des hiboux, chacun ayant une tâche spécifique à accomplir. C’était alors une procédure assez courante, à l’époque, bien que ce soit le plus souvent le Ministère qui s’en chargeait. Dès que l’on suspectait une attaque de Mangemort sur un endroit habité, on l’évacuait, pour plus de sécurité. Même si parfois, cela ne servait à rien… Il y avait un signal bien spécifique que toute la population des sorciers connaissait et un lieu spécialement aménagé pour accueillir les fugitifs qui transplanaient ou utilisait la poudre de Cheminette.
Bientôt, l’alarme retentit dans le silence glacé de la nuit et les gens se précipitèrent au dehors de leur maison, ayant tout juste eut le temps d’enfiler une cape, un manteau ou une jaquette. Ils coururent jusqu’à l’avenue sombre où les attendaient les Aurors qui eurent bien du mal à contenir la panique d la foule.
« C’est vrai qu’on va tous mourir à cause de Tu-Sais-Qui ? » demandait un petit garçon à son père. Celui-ci, tâchant de réconforter son fils, lui répondait « Mais non, voyons, c’est une simple mesure de sécurité. » Une fillette pleurait bruyamment en se serrant contre sa mère et un groupe de jeunes échangeait des regards apeurés et des commentaires tremblants. Mais la question qui revenait sans cesse était : « IL arrive ? », et bien sûr, personne n’avait la réponse, pas même les Aurors, qui ne cessaient d répéter à qui mieux mieux : « Ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’une mesure de précaution ! », ce qui ne rassura pas les gens affolés. Plusieurs fois, les Aurors durent jeter un enchantement de Calme sur des personnes rendues totalement hystériques par l’alarme. Cela n’était pas agréable, bien sûr, mais c’était malheureusement nécessaire.

Au bout d’une demi-heure, lorsque tout le village fut évacué, le calme revint enfin et avec lui le silence de mort et l’obscurité oppressante. Les Aurors se regroupèrent autour d l’avenue et Maugrey grogna d’une voix sourde en s’épongeant le front :
- Enfin terminé ! Je n’en peux plus. Je commence à mieux comprendre ce que ressentent les gars du Service d’Evacuation, au Ministère. Les pauvres, je les plains… Bon, alors, les enfants, nous allons attendre gentiment ici pendant une demi-heure, et si rien ne se présente, on retourne au Q G. En attendant… VIGILENCE CONSTANTE !!! cria-t-il en faisant sursauter tout le monde.

C’est précisément à ce moment-là qu’une vingtaine de silhouettes sombres, le visage masqué par des cagoules ou des capuches, se matérialisèrent au bout de la rue sombre, tel des ombres sinistres annonciatrices de Mort.
- Les Mangemorts… murmura Vivyan avec terreur.
C’était fini pour eux…

« Pendant un instant, j’ai sincèrement cru que tout danger était écarté. Je pensais que tout cela n’était qu’une fausse alerte, qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Tous mes doutes avaient été relégués au fond de mon esprit, et l’idée qu’il puisse avoir un espion parmi nous me semblait absurde. Pourtant, j’aurais dû me montrer plus prudent, j’aurais dû écouter mes doutes et mes pressentiments. Car, n’avais-je pas pressentis qu’un malheur allait arriver ? Nous nous en étions pourtant bien douté, avec Vivyan, mais cependant, nous ne pensions pas que les Mangemorts attaqueraient pour de bon, nous avions fini par croire que ce n’était qu’une fausse alerte. Mais quand je les ai vu transplaner devant nous, encore plus nombreux qu’à l’accoutumée, mon cœur s’est arrêter de battre et j’ai bien cru que ma fin était arrivée… Nous étions si peu, et eux, si nombreux… Que faire ? »

« Mon dieu ! C’est impossible ! Les voilà à présent devant nous, à nous regarder avec une cruelle délectation, se réjouissant de notre peur… IL savait, j’en suis sûre. IL savait que nous serions là. C’est pour cela qu’il les a envoyés si nombreux. Pour nous tuer, tous. Mais je ne me laisserais pas faire ! J’ai juré, j’ai promis. Je me battrai, jusqu’à la mort. Oh, qu’ils viennent, ils peuvent toujours essayer de m’avoir ! Ils ne m’auront pas…

Et pourtant, si à ce moment-là, je m’étais doutée de ce qui m’attendais… Tous aurait pu être différent. Car cette nuit-là, j’ai revu Tom, et mes sentiments pour lui ont rejaillis, plus purs, plus forts qu’avant, je savais bien qui il était, qu’elle était sa véritable nature, mais je n’ai pus m’empêcher de l’aimer… Il était si tendre, avec moi… Comment un tel homme pouvait-il être un monstre ?! La vie est parfois plus cruelle que les gens. Tout cela à cause d’une malheureuse promesse, d’un serment… Si je peux lui pardonner à lui, Leur Maître, je ne peux pardonner à Ses serviteurs… Impossible ! Pourtant, c’est à cause de lui qu’ils sont aussi horribles et sans pitié. Mais lui, est-il vraiment comme cela ? La vie est mal faite… ! »

« Enfin ! Ils sont là, à notre merci… Ainsi, ce sont eux les vaillants défenseurs du Bien, l’Ordre du Phénix de Dumbledore dont m’a parlé le Maître ? Mais il n’y a pas là de quoi effrayer une mouche ! Nous les aurons facilement ; ils sont faibles, épuisés alors que nous sommes forts et en pleine forme. De plus, grâce aux Sortilège Impardonnables et au Bouclier d’Energie, nous sommes invincibles. Cela sera un jeu d’enfant de les tuer et le Maître nous récompensera. Dommage, j’aurais tout de même voulus un combat palpitant et difficile.
»

Alors? Impatients de connaître la suite...? Ce serra pour bientôt... dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 20:25

Après l'affrontement, Vivyan se réveille sur le parvis mouillé. Elle ne se souvient plus de rien. Lentement, elle refait surface... pour se retrouver face à son pire cauchemar! Mais l'horreur ne fait que commencer... Diabolique

Chapitre 10 : Réveil brusque

Pré-au-Lard, 25 janvier 1986, 23 heures 45 :

« Où suis-je ? Je n’en sais rien… des images défilent dans ma tête, rendant mes pensées encore plus confuses. Mes souvenirs sont comme flous, voilés. Que s’est-il donc passé ? Seule la douleur lancinante qui me traverse le bras gauche est une réalité. Le reste n’est qu’un amas de vois, de sons, de couleurs, un brouillard indistinct où il est facile de se perdre. Tiens, un point de lumière vient de passer devant mes paupières closes. Etrange. On dirait une flamme de chandelle qui vient me souhaiter la bienvenue. Pourquoi retourner dans la réalité ? La réalité ! Je suis bien ici, il fait chaud et doux, je n’ai aucune envie de m’en aller. Même la douleur n’est qu’un souvenir, à présent. Je flotte, comme un nuage, mon corps est plus léger qu’une plume. Je me sens bien, je me sens libre. Je flotte sur un océan de lumière. Je ne suis qu’une partie d’un grand Tout et je suis insignifiante… Pourquoi partirai-je ? Oui, mais il me semble que j’ai encore des choses à faire, là-bas. Je crois me souvenir que des gens comptaient pour moi et que je comptais pour eux. Ils seraient probablement tristes si je partais… La lumière se rapproche de plus en plus et alors je pousse un cri. Je ne veux pas mourir. Pas maintenant. Pas comme ça. Mon heure n’est pas encore venue. Et si je meure, je ne LE reverrais plus… Alors je m’éloigne, doucement, calmement. Et je refais lentement surface… »

Son souffle redevint régulier, elle remua doucement les lèvres et revint brusquement à elle, étouffant un soupir de douleur. Très désagréable, de se retrouver arrachée à un rêve agréable pour replonger dans la réalité morbide… L’air froid de l’hiver soufflait maintenant avec acharnement, la transperçant de flèches de glace. Elle regrettait la chaleur de l’Autre Monde… Elle se rendit compte qu’elle tremblait violemment. De douleur, de peur, de froid. Surtout de froid. Mais la douleur n’était pas négligeable : la souffrance parcourait chaque centimètres carrés de son corps, l’obligeant à rester sur place, immobile, à attendre… À attendre quoi, au juste ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Cette question s’ajouta aux autres, allongeant davantage la liste des interrogations sans réponse. Charmant, vraiment. Elle se promit de remédier au plus vite à son ignorance, dès qu’elle aurait réussit à bouger et à réfléchir normalement. Pour l’instant, tout était confus. Le froid mortel la pénétrait de plus en plus, lui glaçant les sangs, la réfrigérant de l’intérieur. Elle espérait juste qu’elle allait se réveiller dans son lit douillet, et qu’elle s’apercevrait que ce n’était qu’un cauchemar. Mais elle avait de sérieux doutes à ce sujet…

Etendue face contre terre, le visage contre le pavé humide et glacé, Vivyan poussa un soupir de douleur et se résolut à ouvrir les paupières. Avant tout, elle devait savoir où elle était, afin de réagir en conséquence. Son entraînement d’Auror l’avait préparée à cela, évidemment. Savoir où on était, repérer d’éventuels ennemis potentiels et ne pas faire de gestes brusques si on était menacé. Oui. Elle savait tout cela. Mais le vivre comme ça, aussi brusquement, c’était… déboussolant. Surtout si, en plus, on n’avait pas les idées très claires. Alors là, ça devenait carrément mortel.

Prenant une profonde inspiration, elle se tourna sur le dos, serrant les dents pour ne pas gémir de douleur. Elle aperçut alors le ciel d’hiver, les étoiles, la lune et même les hautes maisons qui bordaient cette avenue de Pré-au-Lard. Bon. Très bien, elle savait au moins où elle se trouvait. Une question en moins dans la liste de ses interrogations. Maintenant, restait à voir pour les éventuels ennemis. Et vu ce qu’elle apercevait au-dessus d’elle, ils étaient très nombreux… Elle poussa un grognement de mécontentement. Allons donc, ça commençait bien !

À quelques pas de là, plusieurs silhouettes vêtues de noir, le visage masqué par une cagoule, murmurait des paroles que Vivyan ne comprenait pas. Mais leur ton était dur et cruel. De toute évidence, elles n’étaient pas en train de parler de la météo. Et ce qu’elles disaient était sans doute assez désagréable à entendre. Vivyan les voyait indistinctement à travers ses paupières voilées. Les ombres sinistres semblaient l’ignorer complètement. Ce n’était probablement qu’une impression, mais ce pouvait être un atout majeur pour la suite. Si bien sûr, il y avait une suite. L’histoire de Vivyan Dubledore pouvait très bien s’arrêter là, et elle n’en aurait pas été étonnée. Mais elle espérait que ce ne serait pas le cas…

Quoiqu’il en soit, la jeune femme ne se sentait pas en mesure de les affronter, et cela pour plusieurs raison. Tout d’abord, le nombre. Ses geôliers étaient à peu près vingt fois plus nombreux qu’elle et franchement, les combattre relevait de la science-fiction ou du suicide. Ensuite, elle venait de s’apercevoir qu’elle n’avait plus sa baguette magique. Comment pouvait-elle monter à l’assaut, sans baguette et en nombre inférieur ?! Autant essayer d’assommer un troll avec une plume ! Pour finir, elle ne se sentait pas encore très en forme, et se demandait franchement si elle allait réussir à se lever. Sans doute pas, étant donné que la tête lui tournait… Non, le mieux était encore de rester à terre et d’attendre. Même si cela ne lui plaisait pas particulièrement.

Vivyan examina donc ses blessures, car depuis un moment, déjà, elle sentait qu’elle devenait de plus en plus faible. Et cela n’était sans doute pas un effet de son imagination. Malheureusement pour elle. Elle perdait visiblement ses forces, comme si la vie lui échappait. Ce qui expliquait les vertiges et la vue voilée. Mais elle devait en avoir le cœur net. Elle se redressa sur le coude droit, afin de pouvoir s’examiner plus en détail et grimaça de douleur. Les pavés n’étaient vraiment pas confortables. Elle aurait largement préféré un bon lit ou un sofa. Mais s’était sans doute trop demander aux silhouettes sombres qui continuaient de chuchoter entre elles. Et puis, elle n’était pas là pour ça, elle était vraisemblablement prisonnière. Et les prisonniers on rarement l’occasion de bénéficier de privilèges. Elle secoua la tête pour avoir les idées plus nettes et jeta un regard à son corps blessé. Elle faillit s’évanouir à nouveau. Ses habits étaient trempés d’un liquide visqueux et froid, de couleur vaguement rouge. Du sang. Son sang.

La peur s’insinua dans ses veines, la faisant complètement paniquer. La blessure avait l’air sérieuse, peut-être même mortelle. Vu la quantité de sang qu’elle continuait à perdre, une grosse veine devait avoir été touchée. Une grosse veine, ou une artère, ce qui se révélerait dramatique. Vivyan rejeta la tête en arrière. Elle devait se calmer. Paniquer ne l’aiderait en rien, si ce n’est qu’à avoir encore plus peur. Ce qu’il fallait éviter à tout prix. Ne jamais montrer sa peur à ses ennemis. Une des premières règles que l’on apprenait si on voulait devenir Auror. Car alors, on était plus réceptif à la Légilimancie et à l’Imperium. Elle eut un sourire désabusé : comment vouliez-vous ne pas paniquer dans une situation pareille ?!

Elle respira longuement, profondément. Son cœur reprit peu à peu son rythme normal et elle sentit ses muscles endoloris se détendre.
« N’y pense pas, se dit-elle. Ne pense pas que chaque minutes qui passent, tu te vide un peu plus de ton sang, ne pense pas à ces ennemis masqués qui n’attendent qu’un geste de ta part pour te faire exploser. Non. Ne pense à rien de tout ça. Juste au moment présent. »

Vivyan rouvrit les yeux et palpa précautionneusement son bras gauche. Elle ressentit une douleur sourde, profonde. Elle prit une inspiration. C’était là. Elle releva doucement la manche de son pull. Aussitôt, un flot de sang lui gicla à la figure, éclaboussant son visage de rouge. L’hémoglobine jaillissait au même rythme que ses pulsations cardiaques. Le bras était profondément entaillé et une artère avait été sectionnée. Au rythme où le sang sortait, Vivyan estima qu’elle n’en avait plus pour très longtemps. Elle ne tiendrait pas indéfiniment. Arrêter l’hémorragie faisait désormais partie de ses priorités. Sinon, c’était la mort assurée. Et mourir ne rentrait pas dans ses projets immédiats. Heureusement pour elle, elle parvint tout juste à attacher son foulard autour de la blessure avant que les ombres noires ne s’intéressent à elle. Au moins, elle était sauvée. Pour l’instant.

La rumeur des conversations s’éteignit et les silhouettes se tournèrent vers elle, la dévisageant avec froideur et mépris. Elle leur rendit leur regard et leur fit face, impudent, comme on devait s’y attendre, face au danger. Des Mangemorts. Vivyan étouffa tout de même une exclamation terrifiée. Elle était seule, face à une vingtaine de Mangemorts armés de baguettes magiques alors qu’elle était désarmée. Pour une mission qui devait se révéler sans anicroches, c’était réussit. Elle en parlerait à Dumbledore et à Sirius. Et si ce n’était pas dans ce monde, elle s’arrangerait pour que ce soit dans l’Autre.

La jeune femme reprit rapidement contenance. Pour autant que l’on puisse reprendre contenance quand une vingtaine de baguette magique est pointée vers vous. Elle ne devait pas monter ses sentiments, en aucuns cas. Même si on la torturait, elle ne dirait rien. Elle ne trahirait jamais l’Ordre. Pourtant, à cet instant précis, alors que la terreur la paralysait sur place, cela lui sembla être la chose la plus difficile à faire. À près tout, ce n’était que sa première mission. Et peut-être la dernière. Probablement, même.

Une haute silhouette encapuchonnée s’avança vers Vivyan, brisant ainsi le cercle des Mangemorts qui se resserra aussitôt. On ne devait prendre aucuns risques, il n’était pas dans leur intérêt que la prisonnière s’échappe. Même si, visiblement, elle ne semblait pas en mesure d’aller bien loin. Mais les vieilles ruses sont redoutables alors, sait-on jamais… L’ombre s’arrêta devant elle et la fixa à travers les fentes de sa cagoule. Des yeux gris, perçants, méprisant. Un regard glacial qui aurait suffit à geler sur place une ours polaire. Et la comparaison est faible. Ce furent ces yeux qui firent perdre à Vivyan ses derniers espoirs. Car le possesseur de ces iris n’allait sûrement pas la laisser partir après lui avoir offert une tasse de thé. Et la voix de la silhouette s’accordait tout à fait avec ses yeux :
- Debout ! ordonna l’ombre d’une voix d’homme, dure et tranchante. Le ton était sans réplique. De toute évidence, il s’attendait à être obéit, et rapidement, en plus. Il fut donc étonné de voir Vivyan lui adresser un regard de profond mépris, sans bouger le moins du monde, figée dans une attitude hautaine et courageuse. Mais l’homme ne se laissa pas impressionner. Il en avait tué pour moins que cela. Il leva donc sa baguette d’un geste preste et sûr et la pointa sur la jeune femme.
- Debout !répéta-t-il. Ou alors, tu en subiras les conséquences…

Sa voix s’était faite menaçant et on y discernait une pointe d’impatience et d’agacement. De toute évidence, il avait l’habitude d’être obéi. Malheureusement pour lui, il était tombé sur une des Aurors les plus têtues du monde de la Sorcellerie. Vivyan ne bougea pas, attendant la suite, espérant de toutes ses forces qu’il y aurait une suite pour elle… Le Mangemort brandit alors sa baguette et lança :
- Endoloris.
Vivyan reçut de plein fouet le sortilège et retomba à terre, secouée de spasmes de douleur incontrôlables. La souffrance était forte, tellement forte. Son corps ne résista pas longtemps. Elle avait déjà perdu beaucoup de sang, beaucoup trop. Elle ne pu s’empêcher de pleurer de douleur, avant retomber sur le sole, inerte.

Que va-t-il donc lui arriver? Va-t-elle échapper à ses tortionnaires? Et quel sort atroce lui réservent-ils? La suite au prochaine épisode... dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 20:28

Ce chapitres est partagé en 3 parties: Très content

- n°1: un flash-back des dernières heures, afin d'expliquer l'affrontement entre les Aurors et les Mangemorts. Point de vue de Vivyan
- n°2: une petite visite au Manoir en compagnie de Tom...
- n°3: le réveil de Vivyan, qui se retrouve faca à face avec...

Bonne lecture!!!!


Chapitre 11 : Le Combat pour la Vie

Flash-Back de quelques heures, point de vue de Vivyan Dumbledore


Pré-au-Lard, 25 janvier 1986, 23 heures 30 :
« Des silhouettes macabres se matérialisent soudain au bout de l’avenue sombre. Tout d’abord, nous ne les distinguons pas avec précision, mais elles s’approchent d’un air menaçant, et nous pouvons enfin les apercevoir. Je m’en serais bien passée, pourtant. Car à quelques mètres de nous, c’est une vision d’horreur qui nous apparaît… Vêtus de noir, le visage dissimulé par une cagoule, ils sont une vingtaine, autrement dit, bien plus que nous. Nous avons beau être vaillants, nous ne sommes que douze, et je ne me sens pas le courage de courir au-devant d’une mission suicide. Ce sera certainement une « mission suicide », car de toute évidence, ils ne sont pas venus là pour nous offrir une tasse de thé. Ou alors, je nage ne plein délire. Ce qui ne me semble pas être le cas, pour mon plus grand malheur.

Mon cœur rate quelques battements avant de s’emballer à toute vitesse. Je le sens, là, dans ma poitrine, cognant contre ma cage thoracique comme un oiseau voulant s’échapper d’une cage. Je sens la panique m’envahir toute entière. Non ! Je ne dois pas m’affoler, je dois rester maître de moi, lucide. Sinon, tout est perdu. Repense à ton entraînement, idiote ! Si tu paniques, tu mourras encore plus vite ! Tu dois te calmer, analyser la situation et réagir en conséquence. Bizarre, mais je trouve ça très difficile, en ce moment, coincée entre les Mangemorts et la Mort. Là, c’est sûr, je vais arrêter de panique ! Comment voulez-vous que je me calme ?!

Bon. Je rassemble mes idées éparpillées et j’essaie de réfléchir de façon rationnelle. Ce qui est plus difficile que ça en a l’air, dans la situation actuelle. De tout évidence, Voldemort a un espion au sein de l’Ordre, sinon, pourquoi aurait-il envoyé tant de Mangemorts ? Quelqu’un l’a sûrement prévenu ! Reste à découvrir qui. Mais je m’en occuperai si je sors de ce piège vivante. Ce qui est encore incertain. Un espion, un traître. Charmant, vraiment. Et maintenant, grâce à lui, nous risquons tous d’y passer… Oh non ! La peur refait surface. Une peur profonde, viscérale qui me prend la gorge et m’empêche de respirer. Qui a dit que les Gryffondor n’avaient jamais peur ?! C’est faux, et archi-faux ! La preuve, je meurs de trouille. Mes jambes refusent de m’obéir et tout mon corps reste bloqué. Mon souffle devient plus court et je peine à réfléchir. Je jette un coup d’oeil à Sirius. Il a le teint blême et l’air terrifié. Au moins autant que moi, si c’est possible… De toute évidence, il est arrivé à la même conclusion que moi : ON VA TOUS MOURIR !!!!!!!!!!

Pourtant, quand il me rend mon regard, il paraît plus sûr de lui, plus calme. Sa bouche n’est qu’un trait qui exprime sa détermination et il semble n’avoir aucune crainte. Mais ce n’est peut-être qu’une apparence. Il me murmure très calmement :
- Ne t’en fais pas, Vivyan. On va s’en sortir, on s’en sort toujours…
C’est bien connu, les gentils gagnent toujours. Mais dans notre cas, les « gentils », c’est-à-dire nous, ont très peu de chance de s’en sortir. Je le sais. Sirius aussi, visiblement, puisqu’il essaie d’ébaucher un sourire rassurant, mais ne parvient qu’à un tremblement de lèvre peu convainquant. Je ne suis toujours pas convaincue. Et la peur me ronge toujours, comme un ver vicieux dans un fruit trop mûr. Brave, courageux Sirius ! Tu essaies de me remonter le moral, mais tu n’y crois déjà plus. Même toi, avec ton optimisme légendaire, tu as perdu tout espoir. Nous allons tous mourir ou, au pire, être torturés jusqu’à la folie ou le trépas. Et je le sais. Mais le pire, c’est que je ne peux rien faire. Rien. Je suis totalement impuissante face à la multitude de nos ennemis. Si possible, j’aimerais une mort rapide et sans douleur, le genre de mort propre et simple qui ne font pas trop de dégât. J’ai trop souvent entendu parler de gens torturés jusqu’à la folie, hurlant dans leurs derniers spasmes d’agonie, avant de sombrer dans un désespoir sans fond pour finir par être éradiqués purement et simplement. Non. Je ne veux pas finir comme ça. Je veux mourir vite, très vite. Mais prenez-vous en compte les revendications de vos victimes, Mangemorts ? J’en doute…

Voilà. C’est tout. J’ai 22 ans, et je vais mourir. Mon seul regret est de ne pas avoir revu Tom…

À cette pensée, des larmes m’emplissent les yeux, me voilant la vue. Je ne le reverrais jamais. C’est trop tard, à présent. Sirius s’approche de moi et m’observe. Autours de nous, le temps semble s’être figé. Les Mangemorts n’attaquent pas, l’Ordre n’attaque pas. Et Sirius m’observe. Sans doute en train de se demander pourquoi je pleure si fort. Il croit sûrement que j’ai peur de mourir. Ce serrait logique de penser cela. Mais ce n’est pas vrai. Ce n’est pas la vraie raison. Il ne saura jamais pourquoi je pleure aussi amèrement. Pauvre Sirius ! Lui qui croyait que son amour pour moi était réciproque. Je viens de me rendre compte que non. Pendant toute ces années, j’ai essayé de me convaincre que ce que j’éprouvais pour lui était de l’amour, mais non. Ce n’était que de l’amitié. J’en aime un autre. Et je n’aurais peut-être jamais l’occasion d’avouer mon secret ni à l’un, ni à l’autre…

Sirius me scrute toujours, une lueur d’inquiétude dansant dans ses yeux noirs. Soudain, il me prend la main et m’adresse cette fois un vrai sourire :
- Pleures pas, dit-il sur un ton joyeux, comme un frère réconfortant sa sœur.
C’est ce ton-là, plus que tout le reste, qui me décide enfin. Je ravale mes larmes qui se tarissent déjà et mon regard devient farouche, implacable. Je ne me laisserai pas abattre, et je reverrai Tom. Je le jure. Cela serra peut-être ma première et ma dernière mission. Cette nuit, je vais honorer ce que mon entraînement m’a appris, afin de rester en vie pour accomplir mes promesse. Je prouverai aux autres que je suis une Auror accomplie, et pas seulement une élève modèle, que je suis digne de la confiance de mon grand-père. Peut-être ne reverrai-je jamais la lumière du jour. Mais ça n’a plus d’importance. Plus rien n’est important. Seule l’action compte. Les sentiments et les doutes n’ont plus leur place. Je vais me battre comme jamais personne ne s’est battu. Je vais me battre pour ce que je crois, pour ce que je sais, pour ce que j’aime. Pour mes amis, pour la paix, pour le futur, et pour toutes ces choses que je n’ai pas encore faites et qui ne demandent qu’à être réalisées. Personne ne pourra m’en empêcher. Et si je meure, tant pis. Je mourrais en défendant mes idéaux. Et c’est une raison qui me suffit, quoiqu’en dise les lâches et les traîtres. La bataille n’est peut-être pas perdue, je le sens. Et généralement, mon instinct ne me trompe jamais…

Et alors, comme un seul homme, nous faisons face. Nous avons tout oublié, oublié que nous ne sommes que douze alors que nos opposants sont une vingtaine, oublié que nos chance de survivre sont très faibles et qu’ils n’auront pas de pitié. Ce serra peut-être la fin de l’Ordre du Phénix, mais ça ne fait rien. Nous faisons face à nos ennemis et rien ne peut nous atteindre. Sauf que ce n’est pas vrai, évidemment. Et la partie la plus morbide de mon être le sait et me nargue déjà, l’air de dire : « tu vois, je t’avais prévenue. Tu aurais dû m’écouter et partir pendant qu’il en était encore temps… ». Mais après tout, « pour un esprit équilibré, la mort n’est qu’une grande aventure de plus… ». Alors allons-y, jetons-nous dans la bataille.

Sirius me lâche la main et le temps semble reprendre son court normal. J’adresse un regard interrogatif à Maugrey qui acquiesce d’un signe de tête. Les autre l’ont vu. C’est le signal. Le début du combat. Le combat pour la Vie.
Soudain, tout s’enchaîne vite, trop vite. Si vite que mes souvenirs peinent à se remettre en ordre. Les Mangemorts s’avancent, menaçants. Ils sont sûrs de leur pouvoir, de leur puissance. Ils ferraient bien de se méfier, nous avons peut-être un atout dans la manche… Qui sait ? Mais ce n’est pas le cas, malheureusement pour nous. Nous n’avons pas de plan fantastique, ni de pièges cachés. Nous n’avons rien, car nous avons été trop bêtes de croire que tout ceci n’était qu’une fausse alerte. Personne n’aurait pu prévoir l’ampleur du désastre. Nous sommes monté au combat avec un bâton de bois en guise d’épée. Et maintenant, il est trop tard.

Un jet de lumière verte surgit soudain de la baguette de celui qui est vraisemblablement le chef. J’ai juste le temps de m’écarter de côté avant de me recevoir en beauté sur les pavés froids. Très agréable, vraiment, le atterrissages incontrôlés. Surtout sur de la pierre dure. J’adore, vraiment. Mais je m’en serais bien passé. Ce sortilège, pourtant meurtrier, n’était en fait qu’une menace, une façon de nous faire savoir qu’ils n’hésiteront pas à nous tuer si c’est nécessaire. Ils ne perdront pas leur temps à nous terrifier… C’est peut-être mieux ainsi, au moins, nous voilà prévenus. Quelle délicate attention ! J’ai quand même faillit y laisser ma vie !

La lune se lève, éclairant notre terrifiante scène de bataille sur le point de commencer. Ce qui est encore pire que l’action, c’est l’attente. Une attente insoutenable avant de commencer à s’entre-tuer. C’est ce genre d’attente qui me donne envie de tout faire exploser. Mais dépêcher-vous, bon sang ! Vous ne croyez tout de même pas que nous allons attendre là toute la nuit, que vous décidiez de tous nous éradiquer ?! Visiblement, mes compagnons pensent la même chose que moi, car, avec une vitesse fulgurante, l’Ordre passe à l’action, alertés par l’éclair vert des Mangemorts. Pas question de perdre un temps si précieux, qui d’ailleurs nous ferra sûrement défaut dans un court instant.

À côté de moi, James et Remus ont fait volte-face. Minerva, Maugrey et Sirius sont devant, alors que les autres courent à l’arrière garde. En face de nous, les Mangemorts ont eux aussi adopté une posture de combat. Mais ils ne font rien. Pas encore. Autant ne pas laisser passer cette chance. Il n’y en aura sûrement pas d’autre. Je me place en première ligne, à côté de Sirius, bien décidée à me battre de mon mieux. Tous mes mouvements sont calculés et réfléchis. Je ne dois pas me laisser aller ; il faut écouter la logique te non les sentiments. La passion est l’ennemie de l’efficacité. Et Dieu sait si nous aurons besoin d’efficacité !

D’un mouvement preste, j’évite à nouveau un sortilège de mort, lancé par nos ennemis. Très bien. Ils ont commencé leur ballet meurtrier, nous n’avons pas pu les prendre de vitesse. Nous perdons là un avantage dont nous n’avions de tout façon pas prévu de disposer. Je décoche alors un éclair bleuté, qui frappe de plein fouet un Mangemort de grande taille à la carrure imposante. Aussitôt, il s’effondre, prisonnier dan un cocon de glace qui le paralyse. Un de ses compagnons tente de le libérer, mais n’y parvient pas. L’avantage, avec ce sort (le Sortilège de Congélation), c’est qu’il reste insensible au « Finite Incantatum ». On ne peut dons pas l’annuler. La seule façon de se libérer est de briser la glace, mais visiblement, les Mangemorts ne le savent pas. Un autre avantage de ce sort, c’est qu’il n’est pas mortel, et qu’il est très peu connu. C’est pourquoi je l’utilise souvent. Bien sûr, le Ministère nous a donné la permission d’utiliser les Sortilèges Impardonnable, mais l’Ordre ne peut s’y résoudre. C’est une question d’honneur. Mais si quelque fois, j’aimerai bien faire souffrir les Mangemorts. Cela leur montrerai ce que cela fait, d’être torturé sans pitié, avant d’agoniser durant de longues minutes et d’implorer la Mort de nous délivrer. Mais je ne le ferrais pas, bien sûr…

Bon, ça fait déjà un Mangemort hors course. Et de un ! À qui le tour, maintenant ? Soyez pas timide, ni pressé, y’en aura pour tout le monde ! Mais je m’attendais tout de même à plus de résistance de la part de nos adversaires. Ils évitent mollement nos attaques, et ne ripostent que faiblement, ce qui ne leur ressemble pas. De plus, ils échangent, de temps en temps, des regards amusés, presque joyeux, comme si ça les faisait rire de nous voir nous démener. Cacheraient-ils quelque chose ? Une arme secrète conçue par leur maître diabolique ? Ca ne m’étonnerai pas, tiens ! Il vaut mieux s’attendre à tout, de la part de Voldemort. Nous avons trop souvent sous-estimé l’adversaire. Soyons vigilant !

À côté de moi, Maugrey, Sirius et Minerva se battent comme des beaux diables. Ils feintent, esquivent, décochent, tout cela avec une sorte de grâce barbare. Malheureusement, cela n’est pas suffisant. C’est même largement loin d’être le cas, et même les efforts conjugués de James et Remus ne parviennent pas à nous aider. Déjà, nous commençons à ressentir les prémices de la fatigue. J’ai beau m’acharner sur les Mangemorts, ils parviennent toujours à m’échapper, bondissant souplement sous mes attaques ou se réfugiant, goguenards, derrière leurs sortilèges du bouclier. Rien à faire ! Ils sont pires que de la fumée que l’on essaie d’attraper à main nue ! Ils sont glissants comme des serpents, m’échappant sans cesse au moment où je crois les tenir. Il faut se rendre à l’évidence : ils sont bien trop nombreux. Nous en avons touché quelques-uns, mais il en reste suffisamment pour nous tenir en respect. De notre côté, les pertes sont plutôt lourdes : Sturgis Podmore et Edgar Bones sont tout les deux touchés et saignent abondement. Ils peinent à se battre, même s’ils essaient de le cacher. Maugrey s’en aperçoit, et leur crie :
- Retournez au QG immédiatement ! Vous connaissez les ordres aussi bien que moi : ne pas rester dans la bataille si on ne peut plus combattre.

C’est vrai. C’était un des point les plus importants du Code qui régissait l’Ordre du Phénix. Nous avions écrit ce Code ensemble, nous, les membres de l’Ordre, et chaque point avaient été lus, discuté, et approuvé par Dumbledore. Celui-là était le plus important. On ne peut pas se permettre de perdre des vies, alors que nous ne sommes pas très nombreux. Si quelqu’un est blessé, il faut l’éloigner du danger et le mettre en lieux sûr. De plus, si un siège ne peut être tenu, nous devons impérativement cessez le combat et battre en retraite. Même si cela ne nous plaît pas. Nous évitons ainsi les hécatombes qui pourraient être désastreuse pour l’Ordre.
Edgar et Sturgis le savent, mais ils ne sont pas disposés à nous laisser seuls face au danger :
- Non ! Il est hors de question que…
- Nous pouvons encore…
Les éclairs verts qui sifflent au-dessus de nos têtes ne sont pas aussi terrifiants que le regard menaçant de Maugrey, à cet instant :
- SUFFIT !crie-t-il en esquivant une rafale meurtrière décochée par un Mangemort petit et nerveux. Rentrez immédiatement !!! Lily, accompagne-les !
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 20:28

Lily court vers Sturgis et Edgar qui rassemblent leurs forces. Ils savent qu’il ne sert plus à rien de discuter. Il vaut mieux renter, espérer et nous laisser faire le travail, même si c’est rageant ! Tous les trois transplanent, à contre cœur…

Voilà. Trois de moins. Nous ne sommes plus que neuf.

Pas question de se laisser abattre. Il FAUT continuer ! Je me retourne, décidée à vendre chèrement ma peau. Je scrute le champs de bataille, à l’affût d’une proie, telle une tigresse sur le point de bondir su la pauvre antilope terrifiée. Sauf que la, l’antilope, elle est armée d’une baguette magique et de sortilèges meurtriers ! Tant pis ! Je lève ma baguette et prononce la formule, indifférente aux cris de souffrance autours de moi :
- Frigidus !
Un éclair bleu jaillit à nouveau. Il part en direction du chef de nos ennemis qui ne se doute de rien. Il va avoir une sacrée surprise, c’est sûr. Mais non, c’est moi qui a une surprise. Et de taille, en plus. Tout semble se passer au ralenti, comme dans un de ces films d’actions que les jeunes aiment tant, chez les Moldus. Mon sort jaillit, le Mangemort se tourne vers moi et plante son regard dans le mien. Un regard froid, gris et méprisant que je n’oublierai pas de si tôt. Sous sa cagoule, sa bouche semble se tordre d’un rictus moqueur et ses yeux sournois m’observent avec ironie. Il lève sa baguette et soudain, mon sort ricoche contre une paroi invisible, revenant vers moi. Je me baisse machinalement, médusée par le spectacle qui s’offre à moi.

Autours de moi, les sorts des Aurors ricochent également contre ce qui semble être un bouclier géant englobant nos ennemis. Vaste et brillant, il paraît immatériel mais est pourtant résistant à toutes nos attaques. On dirait un grand voile irisé recouvrant les Mangemorts et luisant d’une faible lueur. Il est semblable au bouclier que l’on obtient grâce au sortilège de Protego, mais à une échelle tellement supérieure ! Et le plus incroyable, c’est qu’il est maintenu par un seul sorcier, et apparemment sans effort. En plus, nos ennemis peuvent envoyer leurs maléfices au travers, ce qui n’est pas le cas avec le Protego. C’est une véritable prouesse technique, mais aussi une protection imparable et très efficace. Ce que Lord Voldemort est parvenu a crée me cloue sur place. Jamais je n’avais vu une telle puissance, un tel pouvoir. Un esprit capable d’inventer un tel sortilège doit être pratiquement capable de tout ! Et même s’Il est mon ennemi, je l’admire pour cela, le ciel me pardonne.

Mais je ne peux pas m’extasier encore longtemps sur ce prodige magique, car nos forces s’amenuisent et sous peinons à maintenir notre position. Nos ennemis, eux, semble galvanisés par le Bouclier et ont un regain d’énergie. James est blessé à l’épaule et Remus saigne abondamment, mais tout deux continuent de se battre vaillamment. Même si la cause est déjà perdue. Si nous ne partons pas très vite, nous allons tous y passer, et il n’y aura plus personne pour défendre le Bien. Il est donc impératif de partir le plus vite possible !
J’esquive un nouveau rayon meurtrier et court vers Sirius :
- Nous ne pouvons pas rester ici !dis-je, essayant de ne pas laisser transparaître la panique dans ma voix. Ils sont trop nombreux et avec leur bouclier, RIEN ne peut les atteindre !
- Je sais !me répond-il. Il faut partir le plus vite possible ! Les habitants sont en sûreté, il ne servirait plus à rien de risquer nos vies…
J’acquiesce d’un signe de tête, trop épuisée pour répondre. James et Remus viennent de nous rejoindre, l’air mal en point. Maugrey se tourne vers nous et aboie :
- Allez !!! ON s’en va ! Nous ne pouvons plus rien faire ici. Il faut IMPPERATIVEMMENT se retirer !!!!!!!!

Frank, Alice, Minerva et Hagrid nous rejoignent le souffle court. Autours de nous, des éclairs fusent sans nous attendre, comme si nos adversaires voulaient jouer un peu avec nous avant de nous atteindre. Avec la même cruauté que le chat qui s’amuse avec la pauvre souris terrifiée, avant d’en finir avec elle, ils se délectent de notre peur, rient de nous voir impuissants devant eux. C’est facile de se moquer des autres quand on est bien à l’abri derrière un bouclier géant ! Mais c’est peut-être également l’occasion de mettre leur attitude à profit et de leur fausser compagnie. Puisqu’ils ont la tête ailleurs…
Sous la direction de Maugrey, nous sous réfugions à toute allure derrière un mur délabré, ancien vestige d’une maison en ruine. Rudimentaire, mais efficace. Les sortilèges des Mangemorts ricochent contre les antiques pierres et font trembler le mur avec violence. Ca ne tiendra pas longtemps. Espérons que d’ici là, nous aurons déjà pris la poudre d’escampette. Maugrey évalue nos forces et déclare :
- Bon. Retour au QG et pour tout le monde ! Nous allons tous transplaner ensemble. Si quelqu’un est pris…

BOOOOOOOUMMMM !!!!!!!!!!!!!!!

Le mur tremble violement sous l’impact du choc. Notre protection faiblit, des bouts de pierre se détachent du haut de l’édifice et s’écrasent au sol dans un nuage de poussière qui nous fait tousser.
- … si quelqu’un est pris, recommence Maugrey en toussant. Si quelqu’un est pris avant de pouvoir s’échapper, personne ne viendra à son aide. Vous connaissez le Code.
Nous hochons silencieusement la tête. Oui. Nous le connaissons. Et il est très clairement stipulé qu’en cas de capture, et si l’on est sûr que rien n’est à tenter, on ne doit pas porter secours au disparu. Car nous entourerions de plus grands risques encore. C’est un point du règlement malheureusement injuste, et nous avons du mal à le respecter, mais c’est pour notre bien. Nous sommes trop peu nombreux pour tenter une mission suicide.

Maugrey m’arrache de mes songes d’une manière peu agréable. En me cirant dans les oreilles, autrement dit :
- Attention ! Troi… Deux…. Un….

CRRRRRRRRAAAAAAAAAAAAAAAAAC !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ca y est. Le mur s’est effondré. Je m’en reçois la plus grande partie sur la tête, ce qui m’étourdi passablement, et je regarde, impuissante, mes compagnons et amis transplaner devant moi. J’essaie de les suivre, en vain. Je suis plus faible qu’un oisillon tombé de son nid. Je vois le regard paniqué de Sirius qui me fixe avant de disparaître à son tour. Je rassemble mes forces pour essayer de transplaner, mais je ne peux pas. En s'effondrant, une pierre tranchante m'a entaillé profondément le bras et c'est un miracle qu'elle ne l'ait pas tranché net. Le sang chaud coule abondement, je le sens contre mon flanc contusionné. Je me relève, tant bien que mal, soulevant des nuages de poussière. Le plâtre m'aveugle, m'obscurcit la vue et c'est à peine si je distingue les silhouette floues qui m'entourent. Le mur a été réduis en miette et des morceaux de pierres jonchent le sol. Mieux vaux ne pas s'attarder ici. Je lève ma baguette, ma préparant transplaner, quand soudain :
- Expelliarmus !

Une voix froide, sèche et méprisante, claque à mes oreilles, comme un coup de tonnerre fatidique. Le sort me frappe de plein fouet, m’arrachant ma baguette, et m’éjecte en arrière. Incapable de contrôler ma trajectoire, je m’écrase brutalement contre la parte d’une maison heureusement inoccupée, qui cède sous l’impact. Tout mes os craquent, tels des brindilles sèches dans la main d’un géant. Effondrée sur le sol au milieu des débris, je sens la douleur m’assailli peu à peu. Elle ne s’arrêtera pas là. Je dois m’attendre à bien pire. Maigre consolation en perspective ! Mes pensées se voilent lentement, me faisant perdre la notion de réalité.

Tout à coup, des mains glacées me soulèvent brusquement et me jettent sans ménagement sur le parvis mouillé. J’entends de nombreuses voix, des brides de conversations qui heurtent rapidement mes oreilles douloureuses pour arriver à mon cerveau fatigué, sans que je parvienne à en saisir les sens :
- Qui est-ce ?
- Je ne sais pas.
- Aucune importance.
- Qu’allons-nous faire d’elle ?
- Tuons-la avant que les autres ne reviennent la chercher.
- Tout à fait d’accord. Ces Aurors sont pire que des chiens, je ne souhaite pas les affronter de nouveau.
- Aurais-tu peur ?
- Pas le moins du monde !
- Allons-y, alors, tuons-la. Elle ne nous est d’aucune utilité.
- Non ! Vous ne pouvez pas…
- Pourquoi ? Serrait-tu devenu sentimental, Lucius ?
- Pas exactement, mais mon instinct me dis que nous ferrions mieux de la garder en vie.
Des rires un peu incrédules. Puis les voix reprennent :
- Ton instinct ?! Et depuis quand l’écoutes-tu ? Si tu crois que nous allons t’obéir à cause de ton instinct, comme tu dis…
- Tu aurais peut-être intérêt à m’écouter, en effet, Bellatrix. Les ordres sont clairs. Le Maître veut des prisonniers VIVANTS !
Moment de silence, puis :
- Alors… si le Maître l’a ordonné. Soit. Il aura une prisonnière vivante.

Vivante. Je le suis, mais pour combien de temps, encore ? Mes pensées se tournent vers Voldemort. Comment a-t-il su ? La douleur est de plus en plus intense. Comment a-t-il su ? Un Mangemort s’approche et pointe sa baguette sur moi. Les mêmes yeux gris et cruels que j’ai vu auparavant me font comprendre qu’il me laissera en vie, mais n’aura pas de pitié. Ce sera donc la torture, et non la Mort. J’aurais largement préféré la Mort, et cela doit se lire dans mon regard voilé, car mon bourreau tord sa bouche en un sourire satisfait, cruel, pervers et ironique.
- Endoloris.

Je n’essaie plus de me contrôler. D’ailleurs, comment le pourrais-je ?! C’est trop horrible, ce que j’endure. Je hurle de douleur et mon cri se répercute dans l’air gelé de la nuit. C’en est trop pour moi. Je m’évanoui, vaincue, terrassée par une souffrance indéfinissable. Le monde devient noir. Je n’entends ni ne vois plus rien. Tout simplement.

Comment a-t-il su… ?!

Fin du flash-back.


Dernière édition par le Mar 13 Sep à 20:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 20:30

Le Manoir, 25 janvier 1986, minuit.

- Maître… Ils sont de retour et viennent d’arriver. Ils de mande à vous voir. Il… il paraît qu’ils ont ramené une prisonnière…

Il y eut un moment de silence. Dans la bibliothèque privée du maître, on entendait seulement le feu qui crépitait allègrement dans l’âtre. Apparemment, Lord Voldemort réfléchissait, prenant pleinement conscience des intéressantes nouvelles que l’on venait de lui transmettre. Assis près de la cheminée noire de la pièce, dans un grand fauteuil de bois sombre, il était en train de se consacrer à l’étude d’un ancien manuscrit occulte retrouvé dans des grottes sacrées, au Pérou. Il espérait dénicher là-dedans de quoi passer ses rares moments de liberté, mais pour l’instant, il n’avait rien trouvé qu’il ne sache déjà. Cela était donc sans importance. Mais il avait été interrompu. D’ordinaire, il ne tolérait aucune interférence dans ses occupations, sauf peut-être de la part de Lucius Malefoy, qui était pour lui ce qui pouvait se rapprocher le plus d’un ami, si seulement il avait eu connaissance de cette merveilleuse chose que l’on appelle « amitié », dont il ignorait tout. Habituellement, l’impudent qui avait le malheur de le déranger avait toutes les chances (ou les malchances, cela dépend du point de vue…) du monde d’en payer le prix. Et ce prix pouvait être assez élevé, selon l’humeur du maître. Cela pouvait aller d’une simple torture à la mort la plus affreuse, si IL se sentait particulièrement nerveux ce jour-là. Mais c’était rare, car Lord Voldemort n’aimait pas le gaspillage.

Mais il n’y aurait pas de torture aujourd’hui, à la grande joie du Mangemort agenouillé devant la grande silhouette menaçante. Il faut dire que les circonstances étaient assez exceptionnelles. En effet, le Mage Noir s’était réfugié dans la tranquillité rassurante de sa bibliothèque, attendant le retour des Mangemorts envoyés à Pré-au-Lard. Si ce que Queudver lui avait appris sur l’Ordre du Phénix était exact (et dans l’intérêt de Peter, il valait mieux que ce soit le cas…), il fallait s’attendre à ce que tout le village ait été évacué d’avance. Ce n’était pas grave. Les habitants eux-mêmes n’intéressaient pas le Seigneur des Ténèbres, non, car leur heure viendrait bien assez tôt. Ce qui le préoccupait plus, c’était la position stratégique du bourg de Pré-au-Lard. Mais il en avait le contrôle, à présent, et cela ne ferait qu’affaiblir davantage le Ministère, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Une fois que tous ces idiots auraient enfin pris des mesures draconiennes, il serait déjà trop tard, le Ministère de la Magie serait déjà tombé sous la coupe du Mal. Et puis ensuite, viendrait Poudlard, ce qui sonnerait le glas de la puissance de Dumbledore.

Voldemort se frotta les mains d’un air satisfait. Jamais il n’aurait espéré qu’il soit aussi facile de semer le trouble dans la communauté des mages et sorcières de Grande-Bretagne. C’était bien plus facile que prévu, même si il lui restait deux ou trois obstacles à abattre avant d’avoir la puissance absolue. Une fois Dumbledore à terre, plus rien ne pourrait arrêter le règne total des Ténèbres. Et le monde dirait adieu aux Moldus et aux Sangs-de-Bourbes.
Ce n’était pas encore pour tout de suite, cependant.
Et, encore plus important que la chute de Pré-au-Lard, il y avait cette prisonnière. Si elle était une membre de l’Ordre, elle pourrait se révéler une source d’information encore plus précieuse que Queudver, dont les renseignements manquaient parfois de clarté. Cela rendrait plus facile l’éradication complète des Aurors et de leur stupide Ordre du Phénix. Si ce n’était pas le cas, tans pis. Elle mourrait. Il n’avait pas le temps de faire du sentiment.

La bouche étirée en un sourire cruel, Voldemort se leva dans un bruissement de tissu. Décidément, ce n’était pas une journée de perdue…
- Très bien, Avery, dit-il enfin d’une voix glaciale au Mangemort agenouillé. Va leur annoncer que je veux les voir dans la Haute Cour. Et immédiatement !
Ses yeux bleus lançaient des éclairs, signifiant qu’il attendait qu l’on agisse tout de suite à ses ordres.
- Et qu’ils enferment la prisonnière dans le plus grand cachot, ajouta-t-il. Je m’en occuperais personnellement
La voix du maître avait claqué, sèche et froide, comme à son habitude. Avery comprit qu’il devrait rapidement et convenablement s’acquitter de sa tâche, aussi minime soit-elle. Il sortit donc rapidement s’inclinant bien bas. Il valait mieux se faire bien voir, histoire de ne pas déplaire au maître.

Une fois seul, Voldemort étira ses longs doigts et fit craquer les jointures. Le moment était venu. Il ouvrit la porte en poussant un profond soupir. Parfois, il lui arrivait d’être las de tout cela. La Mort, la violence, la haine. Cela ne permettrai pas de changer le passé. Juste à satisfaire son irrépressible soif de vengeance. Durant ces moments de tristesse muette, ses pensées se tournaient la plupart du temps vers Vivyan. Il ne l’avait jamais revue et, aussi étrange que cela paraisse, il ressentait un chagrin encore plus profond quand il pensait à elle, comme si il regardait une ancienne blessure en constatant qu’elle le faisait toujours souffrir. Il aurait voulut retrouver la jeune femme et vivre avec elle. Mais il ne se faisait pas d’illusion. Elle l’avait sans doute oublié…

Tout en marchant dans les couloirs obscurs du Manoir, Voldemort s’interrogeait sur ces sentiments, si différents de ceux qu’il éprouvait d’habitude. Aimer, lui ? Oui, aimer. Il fallait bien se rendre à l’évidence : il aimait Vivyan d’un amour passionné et sincère depuis la première fois qu’il l’avait vue. Mais il le cachait, ne voulant pas que l’on découvre son inavouable secret. Il préférait faire comme si rien ne c’était jamais passé. Il avait même fini par se persuader qu’il n’éprouvait absolument rien pour cette femme. Mais au fond de son cœur blessé par d’innombrables épreuves, il savait que ce n’était pas la vérité. Et Voldemort attendait avec espoir le jour où il reverrait Vivyan…

Le Seigneur du Mal marcha d’un pas vif dans l’air piquant de la suit, l’obscurité le dissimulant aux yeux des éventuels Mangemorts encore debout à cette heure avancée de la nuit. Les pans de sa longue cape noire tourbillonnant derrière lui sans un bruit, il passa sous une arche de pierre gothique merveilleusement sculptée en des motifs serpentins, et atteignit enfin la Haute Cour, au centre du Manoir. Il traversa sans s’arrêter le cloître désert et passa en coup de vent devant les massifs florissants du jardin et les pelouses luisant sous la lune. Les étoiles brillaient d’un éclat inhabituel, annonciateur de grands bouleversements, d’après certains. Au centre des jardin, près d’une fontaine à l’eau sombre, se tenaient les vingt silhouettes de ses plus fidèles serviteurs.

À l’approche de leur Maître, ils s’inclinèrent tous profondément, montrant ainsi leur respect et leur total dévouement. Voldemort eut un sourire appréciateur et leur fit signe de se redresser. Il écouta ensuite le récit de leur bataille, le combat avec les Aurors, la fuite de ceux-ci et leur victoire écrasante avec une attention très marquée. Il souhaitait en effet se faire une meilleure idée de cet Ordre du Phénix. Ce qu’il appris le laissa apparemment de marbre. Mais ce n’était qu’une façade. Car au travers des comptes-rendus de ses troupes, il avait découvert que l’Ordre du Phénix représentait tout de même une menace de poids, qu’il ne fallait pas négliger.

Puis, une fois qu’il eurent fini, il les congédia tous jusqu’au lendemain matin, et resta seul avec Malefoy, désireux d’avoir son point de vue, lui qui était rester cois tout le long.
- Et bien, demanda Voldemort d’un air soucieux, en regardant les Mangemorts s’éloigner dans les jardins. Qu’en penses-tu, Lucius ? Toi qui m’est d’habitude de si bon conseil, tu n’as rien dis de tout cela…
Malefoy passa une main sur son menton d’un air songeur, conscient que le maître l’observait et qu’il attendait une réponse. Il se décida finalement à livrer ses impressions :
- Je pense sans doute la même chose que vous, Seigneur. Sans le Bouclier d’Energie, et malgré notre nombre supérieur, nous aurions probablement subit de nombreuses pertes et peut-être même perdu l’affrontement…
Voldemort sourit à nouveau, heureux que Malefoy ait parlé franchement et sans détour, ce qui était rare avec ses serviteurs.
- Oui, approuva-t-il en hochant la tête. C’est ce que je pense, moi aussi. Cet Ordre du Phénix représente une menace non négligeable pour nous, et il est plus que temps de l’éradiquer… Mais je peux compter sur le soutien de l’un de mes espions au sein même de l’Ordre…
Malefoy eut un mouvement de surprise :
- Au sein de l’Ordre ?!s’exclama-t-il avec stupeur. Pardonnez-moi, mais… n’est-ce pas un peu risqué ? Avec Dumbledore…
- Ne t’en fais donc pas autant, l’interrompit le mage Noir avec un geste apaisant de la main. Mon espion est parfaitement infiltré, il n’y a aucun risque qu’il soit découvert…
Voldemort rejeta la tête un arrière et observa les étoiles longuement, le scrutant comme à la recherche d’une réponse qui ne venait pas. Finalement, il conclut :
- Mais ce n’est pas une raison pour s’endormir sur nos lauriers. Je vais aller rendre une petite visite à notre prisonnière, histoire de voir si elle a des choses intéressantes à nous apprendre…

Il éclata d’un rire glacial et cruel avant de s’en aller rejoindre l’obscurité fétide des cachots, laissant Malefoy seul sous la lune.

***
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 20:31

Vivyan se réveilla brusquement, trempée et meurtrie. Elle ouvrit péniblement les yeux. De tout évidence, quelqu’un venait de lui balancer un plein seau d’eau glacée sur la tête. Elle s’aperçut alors qu’elle était enchaînée étroitement contre un mur de pierres glacées, incapable de bouger. De grosses chaînes la retenaient prisonnière et de lourdes menottes pendaient à ses poignets, dernières parures d’une condamnée. Les chaînes avaient au moins l’avantage de la maintenir debout. Sans elles, la jeune femme aurait chuté sur le sol, incapable de tenir sur ses jambes faibles. Elle leva lentement les yeux, et fut horrifiée par le spectacle qui s’offrait à elle :

Une pièce au plafond bas, voûté, et faiblement éclairée par des chandelles à la lumière vacillante. Des instruments de torture terrifiants pendaient au plafond et aux murs, tellement atroces qu’elle ne pouvait les décrire. Leurs formes même suffisaient à donner des frissons et des spasmes de frayeur. Une rangée de longs poignards effilés attendait patiemment sur une table sculptée de découper la chair de leur victime. Et plus loin, un étrange instrument dont elle ne voulait même pas connaître l’usage. Mais le pire, ce fut la tache de couleur rouille qu’elle aperçut contre le mur. Du sang. Du sang humain.

Vivyan s’arracha à la contemplation de ces instruments de mort quand une voix dure l’apostropha :
- J’espère que tu n’es pas pressée de mourir, ma jolie, car ça va être pour toi une très longue agonie.
En face d’elle se tenait Bellatrix Lestrange, une des cousines de Sirius. La Mangemorte la regardait avec une délectation cruelle et un plaisir palpable. Vivyan passa outre, ignorant sa remarque et détoura la tête, méprisante.
- Oui, c’est ça, fais encore ta fière pendant qu’il en est encore temps. Tu riras moins quand le Maître s’occupera de toi. Et il sait s’y prendre avec les rebelles, crois-moi.
Vivyan ne put s’empêcher de frémir, mais lança bravement :
- Je ne peux pas croire que toi, Bellatrix Lestrang, bien que tu sois un être méprisable et vicieux, tu acceptes de suivre un sadique meurtrier comme Voldemort ! J’aurais pensé que, malgré ta bêtise, tu aurais plus de jugeotte que cela. Mais ce n’est vraisemblablement pas le cas !
Bellatrix grimaça devant les insultes et, prise, d’une rage incontrôlable, gifla violemment Vivyan qui vacilla sous le choc.
- Ne t’avise jamais plus d’insulter mon Maître de la sorte, espèce de petite parvenue ! Tu connais certainement mon imbécile de cousin, mais ce soir, ce n’est pas lui qui viendra te sauver quand tu implorera le Seigneur des Ténèbres !!!! cria Bellatrix, hors d’elle.
- Implorer ce fou assassin ?! hurla Vivyan encore plus fort. Alors ça, JAMAIS !!!!!!!!!!!!!!!!!!

Mais c’en fut trop pour Bellatrix. Elle bondit sur Vivyan et prit la jeune femme entravée à la gorge, serrant avec une force incroyable, et lui murmura à l’oreille :
- Tu as de la chance que le Maître te veuille vivante… je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu’il va bien s’amuser avec toi… Mais dis-moi… j’espère que tu n’es plus vierge, sinon, il se ferra un plaisir de…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase. Avec toute sa hargne et sa colère, Vivyan venait de lui cracher au visage. Bellatrix recula, libérant la jeune femme de son emprise. Elle essuya son visage souillé, se dirigea ver la porte, l’ouvrit et s’écria avant de partir :
- Tu ne seras pas toujours indispensable. Lorsque le Maître en aura fini avec toi, je m’arrangerai pour que ce soit moi qui me charge de te supprimer. Et tu peux être sûre de mourir dans les pires souffrances, je te le jure !

Elle partit en claquant la porte avec un grand rire sardonique et cruel, laissant Vivyan seule et désemparée. La jeune Auro savait que la Mangemorte disait vrai et que Lord Voldemort n’aurait aucune pitié envers elle. Elle se retournait sans cesse dans la tête une phrase qu’avait prononcée Bellatrix. « J’espère que tu n’es plus vierge, sinon, il se ferra un plaisir de… » De quoi ? De la violer, probablement ! Elle s’imagina alors aux prises avec cet homme, obligée de subir ses attouchements répugnants sans broncher. Elle n’aurait pas son mot à dire, c’était évident. Elle regretta alors d’être encore vierge. Oui, elle l’était. Voldemort aurait la satisfaction de l’avoir… encore "pure". Elle étouffa un sanglot. Bientôt, des larmes ruisselèrent sur son beau visage, ses yeux noisette envahis d’une terreur indescriptible. Ce n’est pas ainsi qu’elle aurait voulut connaître ses premiers émois amoureux. Elle aurait voulut que cela soit tout autrement, et qui pourrait lui en vouloir ? Il n’y avait qu’un seul homme à qui elle aurait souhaiter donner sa virginité en gage de son amour. Et elle savait tout à fait qui…

Tom.

Le Tom qu’elle avait connu, autrefois, et qui était parti avant qu’elle ait pu lui dire combien elle l’aimait. Mais c’était fini, à présent, c’était trop tard… Elle ne connaîtrait jamais ce suprême bonheur d’avoir pu partager avec lui une union parfaite, tant au niveau du corps que de l’âme. Au lieux de cela, elle allait être livrée en pâture, impuissante, à un homme vile et cruel, qui la violerai sans remord en y prenant plaisir, de surcroît.

Soudain, un grincement de métal retentit, lui faisant lever la tête. La poignée de la porte tournait lentement, et allait bientôt s’ouvrir sur celui qui été vraisemblablement Lord Voldemort. Vivyan ravala ses pleurs. Elle ne voulait pas lui donner la satisfaction de la voir pleurer, en plus de la violer… Alors elle attendit, terrifiée, de voir apparaître le Seigneur du Mal en personne.

La porte s’ouvrit brusquement, et elle aperçut alors…

« Tom, tu ne sauras jamais à quel point je t’ai aimé… Je voudrais te l’avouer maintenant, mais tu n’es pas là, et il est trop tard, de toute façon. Tu es le seul homme, je le jure, le seul avec qui j’aurai voulu devenir une femme. Dans tes bras, je me serai donnée corps et âme, et je n’en aurai ressenti aucuns remords. Juste un puissant désir et un amour parfait. Oh, Tom ! À présent, je vais être violée sans aucune pitié, par un homme que je hais et que je méprise plus que tout, et je n’aurai plus de raison de vivre… IL va me faire souffrir, je le sais, et il se délectera de ma peur et de ma douleur. Et puis, comme si cela ne suffisait pas, il me prendra la seule chose que je voulais te donner : ma virginité. Je ne serai plus digne de toi. Pardonne-moi, mon amour, de ne pas avoir su te dire combien je t’aimais. Combien je t’aime… »

Voilà! Qu'en avez-vous pensé? Pour ma part, j'aime beaucoup la troisième partie, dans les cachots, avec Bellatrix... je vous promets que dans le prochain chapitre, on parlera beaucoup plus de notre vénéré Maître... dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 23:50

Quand le Seigneur des Ténèbres rend visite à sa prisonnière... que se passera-t-il donc entre eux? Va-t-il la reconnaîre, après toutes ces années...! J'espère que vos aimerez... Laissez-moi votre avis, SVP!!!!!!!!! Très content

Chapitre écrit en collaboration avec une de mes amies, Eva. Merci de tout coeur pour ton aide! Coeur


Chapitre 12 : Retrouvailles et…

« La peur. Quelle chose horrible, n’est-ce pas ? Je suis sûre que vous avez déjà éprouvé ce sentiment, au tréfonds de votre âme… Je ne parle pas de la simple frayeur ou de la petite poussée d’adrénaline, non, je vous parle de la VRAIE peur. Celle qui vient du plus profond de nos sens, et qui réveille en nous des cauchemars depuis longtemps oubliés. Sournoisement, comme un fantôme venu de l’ombre, elle se glisse sans bruit derrière vous, vous murmurant des paroles traîtresses à l’oreille et distillant habilement le poison qui vous terrifiera. Au début, vous ne vous rendez compte de rien. Evidemment, sinon, ça enlèverait tout le plaisir de vous voir soudainement acculé au mur, prisonnier de vos propres sentiments. Donc, vous ne sentez rien. Juste un léger malaise, une impression désagréable qui s’estompe rapidement. Et puis soudain, avec la rapidité d’un tigre bondissant sur sa proie, la peur passe à l’action à une vitesse phénoménale. Son attaque est foudroyante et redoutable. Aussi rapide et dangereuse que l’éclair, elle vous attrape, vous prend à la gorge dans son étreinte glacée. Malheureusement pour vous, quand elle vous serre entre ses griffes décharnées, il est déjà trop tard, vous ne pouvez plus vous échapper. Vous êtes comme la malheureuse antilope aux prises avec le redoutable tigre, vous attendez votre propre fin sans pouvoir rien tenter… Alors, lentement, comme pour faire durer son plaisir macabre, la peur s’amuse avec vous, se délectant de votre frayeur, essayant de voir jusqu’au vous tiendrez avant de vous briser, telle une branche sèche qui se rompt bruyamment. Elle joue avec vos sens, utilisant vos rêves, vos cauchemars, vos souhaits et vos espérances pour vous faire lentement sombrer dans le puit sombre de l’Horreur.

Et puis, une fois que vous êtes résigné à votre triste sort, résolu à mourir sans rien tenter, juste à laisser le destin faire son travail, la peur frappe et vous jette à terre. Et c’est fini…

Il ne lui a fallut qu’une allusion, qu’une phrase même à demi prononcée pour m’emprisonner dans sa toile perfide et cruelle. « J’espère que tu n’es plus vierge, sinon, il se ferra un plaisir de… » Ce n’est qu’un sous-entendu, pourtant, mais c’est tellement clair à mes yeux. Et depuis, je ne cesse de me ressasser cette phrase incomplète, me demandant si, pour mon plus grand malheur, elle contient une part de vérité. Sans doute, je ne vois pas pourquoi Lord Voldemort se gênerait. Il aura une jeune femme vierge, de surcroît à sa protée alors il ne va pas se déranger pour la violenter et la…

Tout à coup, j’entends un bruit dans le couloir. La porte est fermée, mais les murs de pierres me renvoient le son diffus qui parvient jusqu’à mes oreilles. Des bruits de pas. Ce n’est pas les claquements des bottes si caractéristiques de Bellatrix Lestrang, non, je les auraient reconnus. Ce bruit est beaucoup plus discret. C’est autre chose, quelqu’un d’autre. Mais qui ?

Le froissement d’une cape qui voltige. Bellatrix n’avait pas de cape. En tendant l’oreille attentivement, je peux également percevoir une respiration légère et assez rapide, de l’autre côté de la porte. De l’autre côté ?! Mais… déjà ?! Ca a été si rapide. Quelqu’un vient de s’arrêter devant l’entrée du cachot. Mon cachot. Serrait-ce… LUI ?! Si vite ? Oh non !

Un mot de passe murmuré d’une voix basse et sifflante dans un langage incompréhensible. Aucun doute, c’est bien lui. Un cliquetis métallique de serrure qui s’ouvre et soudain… La poignée de fer de la porte s’abaisse lentement. Ca y est. IL arrive. Voldemort. Tout est fini pour moi, maintenant. Il va entrer, me violer, tout d’abord, si j’en crois Bellatrix et puis… la torture, si je ne me montre pas coopérative. Puis, lorsqu’il m’aura tout pris, les informations et ma virginité, je pourrais mourir, enfin. C’est la seule chose que je souhaite encore…

Je suis heureuse que om ne sois pas là, qu’il ne me voit pas en ce moment, enfermée, à la merci de mon bourreau, cet homme sans cœur et sans scrupules. Qu’il ne sache pas qu’un autre que lui va me prendre ma pureté… »


Le Manoir, 25 janvier 1986, minuit et demi :
Lord Voldemort marchait, silencieux, dans les couloirs déserts du Manoir. Il se déplaçait sans bruit, telle une grande ombre noire annonciatrice de mort. Il était si discret qu’on ne pouvait discerner sa présence, à moins de tendre attentivement l’oreille. Seul le doux claquement de ses bottes de cuir noir et le faible froissement de la cape qui voltigeait derrière lui trahissait sa venue. Masqué dans la noirceur de sa profonde capuche, ses yeux n’exprimaient aucuns de ses sentiments, son visage restait de marbre. Rien. Juste de l’indifférence. Mais au fond de son cœur ronger par les ténèbres, le Seigneur Maléfique jubilait. Enfin, il allait pouvoir apprendre tout ce qu’il désirait sur l’Ordre du Phénix et les projets futiles de Dumbledore. Et ensuite, rien ne pourrait plus l’arrêter. Il éliminerait les Aurors un à un, s’emparerait de Poudlard et finalement, éradiquerait pour toujours ce vieux gâteux de Dumbledore de la surface de la Terre. Plus rien ne se tiendrait alors en travers de sa route… Et sa vengeance serrait alors presque achevée.
Si, bien sûr, la prisonnière ce révélait être une membre de l’Ordre. Sinon, il s’arrangerait pour qu’elle meure le plus vite possible, sa souffrance excessive. Mais dans les deux cas, peut-être aurait-il le temps de… s’amuser un peu avec elle. Juste pour le plaisir…

Voldemort arriva alors devant un profond escalier de pierre froide. Il descendit les marches, une à une, sans se presser. Leva le clapet de la haute porte de bois qui lui faisait face, la faisant grincer dans le courant d’air naissant. Il pénétra dans le couloir peu illuminé qui traversait les catacombes. L’humidité et le souffle glacial qui s’engouffrèrent dans sa cape, l’enveloppèrent tout entier comme pour le ronger jusqu’à l’os. Ce froid mordant aurait fait immédiatement dresser les poils de n’importe quel être. Mais le Lord Maléfique restait insensible face à cette atmosphère. Rien n’est plus froid que le cœur du Seigneur des Ténèbres.

Il dirigea ses pas vers la gauche. Au mur, une torche grossissait, l’illuminant de plus en plus. On pouvait maintenant lire sur son visage les traits d’une expression cruelle. Il appréciait ces moments précédant une possible révélation. Ses pas réguliers étaient bercés par le glissement des gouttes d’eau sur la paroi rocheuse. Les larmes de la terre s’écrasaient au sol dans un bruit diffus.
Tandis ce qu’il avançait, la torche n’éclairait plus que son dos. Avec la même assurance, il traversa une zone d’ombre, avant d’apercevoir le scintillement d’une nouvelle flamme. Mais avant de les atteindre, il bifurqua à droite, pour faire face à une lourde porte de chêne.

Voldemort siffla alors un mot qui fit se rabattre la porte sous son regard sévère.

***


Le grincement des boulons résonna dans la tête de Vivyan, tel l’écho d’un gong lointain. Une ombre passa sans un regard pour elle. Une vague de terreur lui glaça soudain les entrailles. À quelques mètres d’elle, le Seigneur de Ténèbres. Ses membres se raidirent et au fin fond de sa tête commença une migraine qui n’était pas prête de s’arrêter. Elle était en présence du Mal en personne.
Arrivant à la table, Voldemort se saisit des couteaux émoussés. Dans un bruit strident de métal, il frotta les lames rouillées les unes contres les autres. Vivyan n’apercevait que le dos du Lord Maléfique. Chaque tintement d’acier résonnait dans son esprit, emplissant sa tête d’une douleur lancinante. Il exécutait son œuvre avec une régularité affolante.

La tête de la jeune femme n’était plus qu’une boule douloureuse dans un jeu de bille que l’on martelait avec la monotonie de l’aiguisement. Ca y était, elle le sentait. Elle allait mourir. Elle allait crever là, couverte d’écorchures, de sang coagulé, et il n’y aurait rien de courageux ni de noble dans cet acte.

Peu à peu, la douleur se voila, le frottement se fit moins strident. Une brume rempli lentement ses yeux : elle marchait sur une colline qui dépassait des nuages. La rosée lui rafraîchissait agréablement les pieds. Elle vit une vague forme noire, surmontée d’une voûte. Un tunnel qui la mènerait sous le brouillard. Mais… elle n’avait aucune envie de descendre dans cette obscurité. Elle avait peur du noir…
Progressivement, les nuages virèrent au gris et soudain, un éclair jaillit de l’orage. Elle trébucha et se retrouva face contre terre.
« Non… je ne veux pas mourir ici… Pas comme ça ! se dit-elle. Je ferrais n’importe quoi… »
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 23:51

Comme un boulet accroché à son cœur, l’image du cachot lui tomba dessus. Et avec elle, la douleur devint soudain aussi martelant qu’avant. Vivyan aurait dit tout ce que son tortionnaire voulait, simplement pour rester en vie. Elle l’implorerait à genoux si il le fallait, si c’était pour repousser la Mort de quelques secondes...

***


Les couteaux de Voldemort étaient déjà aiguisés au point de pouvoir trancher un os sous une caresse. Il entendit un marmonnement indistinct dans son dos.
- Je vous en supplie, murmurait la prisonnière d’une voix terrorisée. Ne me tuez pas… Je… je ferais tout ce que vous voudrez… Je… je vous en prie… je vous dirais tout… absolument tout… Ayez pitié…
Toujours les mêmes, ces gens-là, à le supplier au dernier moment. Mais il n’avait que faire de leurs prières. C’était même à rire aux larmes ! Toutes les personnes parlaient tant qu’elles le pouvaient, dans l’espoir d’échapper à la Mort. Puis, la fête commençait, pour lui et tous ses Mangemorts.

Dans un geste de mépris total et avec l’envie vampirisante d’apercevoir un visage suppliant, le Seigneur des Ténèbres tourna légèrement la tête. Il vit alors une jeune femme, accrochée aux chaînes. Son visage avit quelque chose d’étrangement familier. Ses cheveux auburn étaient maculés de sang coagulé. Ses yeux noisette ayant déjà pleuré toutes les larmes de son corps l’imploraient, misérablement. Mais bizarrement, ses hanches avaient gardé, selon lui, quelque chose de désirables…

Et soudain, Voldemort réalisa que c’était sa bien-aimée, la femme de ses rêves, celle qui hantait ses pensées jour et nuit. Surtout la nuit… Une certaine Vivyan au corps d’ange et au cœur de petite fille qu’il avait rencontré un soir d’hiver et n’avait jamais réussi à oublier.

Sous le coup de la surprise, les couteaux lui tombèrent des mains et heurtèrent le sol glacé dans un bruyant tintement qui résonna en écho.

***


Les lames martelèrent bruyamment le sol de pierre. Le vacarme produit par le métal fit exploser la migraine de Vivyan. Chaque millimètre carré de sa tête était en proie à une torture inimaginable. Et chaque écho résonnait en elle comme une nouvelle vague assourdissante de douleur. Elle eut l’occasion de constater que la manière traditionnelle de faire le Mal valait bien les sortilèges interdits ; et la torture n’avait pas encore commencé…

Vivyan remarqua alors que le Seigneur des Ténèbres ne bougeait plus. Réfléchissait-il aux peines nouvelles qu’il lui ferait subir ? Le temps était aussi immobile que la scène, semblant s’être figé dans un cocon de glace. Rien ne bougeait. Voldemort gardait la tête légèrement tournée, mais son visage restait encore dans l’ombre de sa profonde capuche. Il pivota la tête mais se stoppa rapidement, comme s’il venait de faire une erreur. Il semblait ne pas vouloir qu’elle le voit, mais pourquoi donc… ?

La jeune femme apercevait maintenant le menton et la bouche de son geôlier, illuminés par une torche vacillante. Malgré la lumière chaude des flammes, elle distinguait sa peau pâle, presque aussi blanche que celle d’un cadavre. Sur ces lèvres minces, flottait le souvenir d’un rictus cruel. Mais elle ne parvenait pas à voir ses yeux. Bizarrement, elle senti venir de lui une étrange impression, comme un vent tiède d’envie et d’appréhension. Ses sentiments humains étaient presque palpables.

Une vague de nausée revint, l’assaillant à nouveau : l’odeur du sang était bien trop présent pour qu’elle se l’imagine. Le Seigneur du Mal tourna rapidement la tête. La capuche glissa alors de son visage, révélant enfin toute sa face. Ses cheveux noirs, décoiffé par le vent, et au fond de ses orbites, des yeux perçants de serpent. Tout à coup, comme quand le monde se retourne sur son axe, Vivyan vit ses cils gracieux, ses fossettes coquines et sa fine bouche sucrée.
Mais ?!
- T… T… T…

Tom vit les doux yeux de Vivyan rouler. Il accourut pour la soutenir. Un instant plus tard, elle s’évanouit dans ses bras, sans même avoir compris…

***


Il se précipita vers elle, craignant de la voir tomber sur le sol dur. D’un coup de baguette magique, Tom la libéra des chaînes qui l’entravaient. Elle glissa dans ses bras, aussi légère et inanimée qu’une poupée de chiffon. Lentement, avec douceur, il la déposa sur les pierres froides, écoutant sa respiration de moins en moins régulière. Il s’aperçut avec horreur que les vêtements déchirés de Vivyan étaient tachés de sang frais, qui coulait abondement de son bras blessé. Il devait la soigner, et vite, car sinon…

Allongée sur le dos, la jeune femme n’avait plus conscience du monde qui l’entourait. Elle ne sentait, ne voyait rien, n’entendait rien. Tom lui ôta précautionneusement son col roulé de laine noire, essayant de la bouger le moins possible. Il entrevit alors sa peau douce comme un pêche, et son sous-vêtement de dentelle blanche, rougi par le sang. Mais il n’avait pas le temps pour cela : il fallait faire vite. Il ne pu cependant s’empêcher d’admirer son corps, s’arrêtant sur ses seins fermes, désirables et sa taille fine.
Se reprenant soudain, il entreprit de la soigner sommairement, arrêtant son hémorragie et effaçant ses ecchymoses diverses. Cela suffirait bien… pour l’instant.

***


Dans la brume, elle vit apparaître progressivement un anneau rouillé. Peu à peu, un deuxième maillon vint s’y rattacher. Bientôt, elle vit toute la chaîne accrochée au mur. Un mur de pierre parsemé de moisi. Tournant son regard sous la voûte du plafond, elle aperçu une table de bois brut. Le matériel disposer la fit frissonner. Le décor restait aussi immobile qu’une photo.

Dans cette atmosphère figée, Vivyan distingua soudain un vague mouvement. Sortant du brouillard, elle tenta de relever la tête pour vois ce qui ce mouvait ainsi. Mais sa migraine revint en force et sa nuque, sur laquelle elle avait dû chuter, l’élançait terriblement. Elle se recoucha donc, abandonnant l’idée même de bouger. Pourtant, sa curiosité augmentait : elle n’était pas morte et sentait des pressions et des gestes doux sur tout son corps.

Et si c’était vraiment… ?

***


Tom entendait son cœur battre. Vivyan avait ouvert à nouveau les yeux. Maintenant la pression sur la plaie ouverte de son bras, il l’entoura avec précaution d’un bandage de lin blanc. L’hémorragie était presque arrêtée. Il avança la tête pour être en face d’elle et l’observa attentivement. Elle n’avait presque pas changé, durant toutes ces années. Ses cheveux auburn étaient peut-être un peu plus longs qu’il se les rappelaient, et sa bouche semblait plus désirable, plus tendre encore. Mais elle avait mûri et cela se voyait sur les traits harmonieux de son visage. La courbe douce de sa mâchoire était à présent plus marquée. Et maintenant, son corps était celui d’une véritable femme, et non plus celui d’une jeune fille. Oui, elle était toujours belle, et il sentit son cœur se gonfler à nouveau de cet amour sans borne qu’il croyait avoir à jamais oublié.

Il savait parfaitement qu’il aurait dû faire demi-tour, s’en aller afin qu’elle ne le voit pas dans cet endroit… Car cela amènerait ans doute des questions auxquelles il n’était guère disposé à répondre. Mais c’était trop tard, à présent. Il était sûr qu’elle l’avait vu et reconnu. Autant aller jusqu’au bout…
Ne pouvant résister à l’envie de la caresser, il effleura tendrement sa cuisse dénudée, à peine cachée par son pantalon en lambeau. Elle frémit sous ces doigts et tourna lentement la tête vers lui.

Tom vit avec tristesse l’air désespéré et terrifié de Vivyan. S’il avait su plus tôt que c’était elle… Mais non, il ne l’avait même pas regardée, voulant commencer tout de suite la torture… Et à présent…
Dans un besoin profond de la rassurer, il souleva doucement son buste, puis s’assit près d’elle, laissant reposer sa tête sur ses genoux. Lorsqu’il se mit à lui caresser les cheveux et à essuyer les larmes qui coulaient sur son visage, elle murmura avec peine et hésitation :
- Tom… c’est bien toi… Tom… ?
Il acquiesça et lui dit tout bas, mais avec appréhension :
- Tu dois te demander ce que je fais là, Vivyan...?


Woua!!!!!!!!! C'est déjà fini?!?!?! Triste Et oui, malheureusement pour vous! C'est tout pour l'instant, car je n'ai pas encore écrit le chapitre 13... Pauvre de vous, il va vous falloir patienter encore quelques semaines... Que je suis cruelle! Vous laissez en plan, comme ça, alors que le suspens devenait haletant... Et oui, mais ma fois, c'est mon privilège d'auteure et je compte bien en user! Niark, niark, niark!

Laissez-moi vos avis, bons ou mauvais, ça me ferrais plaisir!!!
La suite bientôt... dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 23:52

Voici, après (compte sur ses doigts) presque 4 mois de très longue absence, la suite de cette fic! Je suis vraiment heureuse d'être parvenue à bout de l'écriture du chapitre 13. Treize, c'est pas un chiffre qui me porte bonheur... Triste Je suis vraiment désolée d'avoir été si longue, mais j'ai eu tous les ennuis du monde: le surmenage, les exams, le stress, le manque d'inspiration (syndrome de la page blanche!), mon PC qui boguait (j'ai faillit perdre tous mes textes!)... J'ai vraiment pas eu le temps d'avancer. Enfin... c'est du passé! Je tiens à remercier tous mes revieweurs, pour leur soutien, leurs encouragements et leurs petits messages (je ne mérite pas tant!). Et je dédicace ce chapitre à BECOME, qui l'a attendu avec tant d'impatience...!

Bisouxxx à tous et toutes!!!!!!!!! Très content

Chapitre 13 : … toussotements !


« Mon Dieu ! Que vais-je faire ? Me voici dans une impasse. Que vais-je lui dire ? Comment expliquer ma présence en ce lieu ? Elle s’attendait sûrement à être torturée, et pire encore. C’était ce qui aurait dû se produire… normalement. Mais voilà… c’est elle ! Je ne peux quand même pas fait comme si de rien était et continuer ma sombre besogne ?! Comment ignorer ses cris, ses plaintes, les larmes qui ruissellent sur son doux visage, l’inondant d’un voile de désespoir ? Mais je ne peux tout de même pas lui avouer mon lourd secret. Car si je lui dis, tout sera perdu ! Et je ne le veux pas… Je… je l’aime ! Comment le prendrait-elle ? Mal, assurément. Très mal, même. Après tout, elle est du côté du Bien, du côté de la Lumière. Elle est censée être mon ennemie et moi le sien. Je devrais agir comme tel. Mais comment la combattre, la repousser alors que j’ai temps espéré son retour, nuit après nuit, jours après jours ? Même si j’ai voulu me convaincre du contraire, je savais au fond de mon cœur bercé par la haine et la douleur, je savais que je voulais qu’elle revienne. J’avais besoin de son retour. C’était une idée fixe qui m’assaillait dès que je me retrouvais seul. Comment jamais oublier la douceur de cette rencontre ? Je me le demande. En tout cas, me voici au pied du mur… pour la première fois depuis fort longtemps. »

Le Manoir, 25 janvier 1986, 1 heure du matin.
Sa tête reposait sur les genoux de l’homme. Elle était détendue, calme et sereine. Il était là, plus rien ne pourrait lui arrivé, désormais. Tout irait bien, quoiqu’il advienne. Ce n’était qu’un cauchemar, et il était terminé. Malgré tout, des interrogations se bousculaient dans la tête de Vivyan. Que faisait-il ici, après toutes ces années ? Comment était-il arrivé là ? Et pourquoi était-ce lui qui était venu, alors qu’elle croyait avoir affaire au plus terrifiant mage de tous les temps, Lord Voldemort lui-même ? À moins que ce ne soit Tom… ? À moins qu’il ne l’ai trompée, dupée ? Qu’elle se soit fourvoyée sur lui durant toutes ces années ? Mais non, voyons c’était impossible, elle n’aurait pas pu se tromper ! Il avait été si gentil et si doux avec elle. Il l’avait sauvée, après tout ! Un assassin aurait-il fait de même ? Sûrement pas ! Il n’aurait pas levé le petit doigt pour venir à son secours. Non, ce ne pouvait être le Mage Noir, elle en était sûre. Et puis… elle l’aimait. Durant des années, Vivyan avait essayé de se convaincre du contraire, se répétant inlassablement qu’elle était parfaitement heureuse avec Sirius. Mais le revoir, revoir Tom avait été comme une explosion de lumière qui lui avait ouvert les yeux, révélant la vérité au grand jour. Elle l’aimait. Elle n’avait jamais cessé de l’aimer et l’aimerait jusqu’à sa mort, c’était certain. Elle croyait en sa bonté, en sa gentillesse, en sa compassion, la tendresse dont il avait fait preuve avec elle. Il était pour elle sa moitié, son âme sœur, sa vie, son âme, sa raison d’être. Il était tout cela et bien plus encore. Elle l’aimait par-delà les mots, et n’aurait pu exprimer par de simples phrases ce qu’elle ressentait en le voyant. Ce qu’elle ne pourrait jamais s’expliquer. Mais s’il ne l’aimait pas ? Si l’éloignement de ces dernières années avait eu raison de son amour naissant ? S’il en aimait une autre, et qu’il la repoussait ? Comment pourrait-elle jamais survivre ? Pour cela, il fallait qu’elle sache. Qu’elle sache ce qu’il faisait ici, dans le manoir de ceux qu’elle considérait comme ses ennemis. Qu’elle sache si se sentiments n’avaient pas changé, ce qu’elle espérait. Qu’elle sache enfin de quel côté l’homme qu’elle aimait était. Et s’il était du côté du Mal… ? Tant pis, s’il l’aimait. Elle serait même prête à tout abandonner pour lui, pour un seul regard de ses yeux si bleus. Elle se damnerait, passerait du côté des Ténèbres s’il le fallait, mais ne pouvait se résoudre à le perdre à nouveau. Elle avait déjà trop souffert de cette rupture. Plus qu’elle ne voulait bien se l’avouer. Et elle ne voulait pas recommencer. Jamais. Mais pour cela, il lui fallait des réponses…

La situation de Tom n’était guère brillante. Il était acculé au mur, obligé désormais de se justifier devant Vivyan. Car les questions allaient venir, il les sentait. Il en percevait l’effluve léger, qui s’attachait à lui comme un voile traître, l’emprisonnant inéluctablement dans un dédale de mensonges embarrassants. Pourtant, il fallait bien qu’il trouve une raison, et vite. Quelque chose –n’importe quoi !- qui pourrait justifier aux yeux de la jeune femme ce qu’il faisait ici. Mais rien ne lui venait : aucun trait de génie, aucune idée brillante surgie des limbes de son esprit complexe, rien, pas le moindre petit début de commencement de justification. Il lui semblait que son cerveau et son esprit s’étaient comme gelés à la vue céleste de Vivyan et que plus jamais il ne pourrait penser ni même vivre comme auparavant. D’ailleurs, comment continuer à vivre si elle le repoussait après avoir appris la sinistre vérité ! Impossible… Il baissa la tête. Pour la première fois, Lord Voldemort était désemparé. Pour la première fois depuis bien longtemps, il ne savait que faire. Pour la première fois depuis longtemps, il avait peur des conséquences de ses actes.

Vivyan ne pouvait détacher les yeux de son visage, qui semblait si grave, si sérieux, comme si il se livrait à quelques duels intérieurs et profonds. À quoi pensait-il ? Elle ne le savait pas. Elle nota avec amusement qu’il avait peu changé durant ces trois années. Ses yeux étaient peut-être devenus un peu plus songeurs et son regard avait pris un éclat pensif, mais avait gardé ses magnifiques dégradés d’azur. Ses cheveux, peut-être plus long que dans son souvenir, retombaient en mèches élégantes mais indisciplinées sur sa nuque, soulignant par leur noirceur la blancheur de sa peau douce. Une fine ombre de barbe recouvrait son menton volontaire, et elle devinait à son expression blasée et inquiète qu’il n’avait pas dû dormir depuis plusieurs jours… comme s’il était préoccupé par quelques mystérieux événements. Enveloppé dans les replis de sa longue cape noire, il restait pareil à son souvenir, insaisissable, charismatique et énigmatique. Il n’avait rien perdu de sa ténébreuse beauté et Vivyan fut envoûtée comme par le passé, dès que ses yeux se posèrent sur lui. Le cœur de la jeune femme battait à nouveau d’un amour puissant et intense, le même qui l’avait parcourut toute entière lors de leur première rencontre. Il lui semblait qu’elle ne vivait, ne respirait et n’existait que pour lui, que pour plonger ses iris dans l’immensité bleutée que lui offrait son regard si doux, si compréhensif. Un instant, elle souhaita que cette nuit ne finisse jamais. Elle avait oublié l’Ordre, oublié qu’elle était en mission, oublié que, quelques instants plus tôt, elle se tordait de peur et de douleur, dans l’attente plus que probable d’une torture atroce. Tout avait été effacé dès qu’elle l’avait vu. Malheureusement, les questions revinrent en force et elle recommença à s’interroger.

Tom avait perçu le changement chez Vivyan. La jeune femme s’était un moment perdue dans sa contemplation, et il avait remarqué qu’elle le dévorait du regard, comme si elle le découvrait une seconde fois. Lui qui n’accordait que peu d’importance à son image, avait été flatté par cette marque d’attention de la part de celle qu’il aimait. Cela voulait peut-être dire que tout n’était pas perdu. Mais bientôt, il chassa ces sentiments futiles de son esprit, tourmenté par le coup d’œil interrogateur qu’elle lui lançait. Le temps des aveux était venu. Le temps des aveux ? Peut-être pas. Il pouvait mentir, cacher, tricher, ce qu’il savait fort bien faire. Il pouvait présenter la situation de telle sorte que Vivyan ne se rende pas compte du rôle terrible qu’il avait à joué dans l’affaire. Il pouvait. Mais… le croirait-elle ? Si elle était comme son grand-père, c’était peu probable. Elle accepterait ses justifications sans rien dire, mais n’en croirait pas un mot. Cela fallait toutefois la peine d’essayer. Ne rien dire aurait été plus désastreux encore et il ne voulait pas risquer de la perdre une seconde fois.
La jeune femme se redressa, quittant les genoux de l’homme à regret. Elle aurait souhaité rester plus de temps encore, apaisée par sa chaleur et sa présence rassurante. Elle rejeta ses longs cheveux aux reflets roux en arrière et baissa le regard, pour cacher sa gêne. Elle se pelotonna contre le mur et lissa les plis de son pantalon en lambeaux. Elle le fixa droit dans les yeux et :
- Tom… c’est vraiment… enfin je… tu… vous…
Tom sourit de son embarras. Il avait oublié à quel point elle était touchante lorsqu’elle était mal à l’aise. Il décida de l’aider un peu. Après tout, c’était plutôt à lui de se justifier.
- Oui… Te revoir… vous… Je ne m’attendais pas du tout à cette rencontre.
Vivyan dissimula un sourire. Elle non plus. Elle l’espérait dans son cœur mais n’aurait jamais cru à leurs retrouvailles.
- Je ne pensais jamais vous revoir… murmura-t-elle doucement.
Le tutoiement naturel dont ils avaient fait preuve auparavant avait cédé rapidement la place au vouvoiement conventionnel, emporté par le vent des convenances et de la gêne. Leurs paroles pouvaient paraître vides de sens et totalement futiles, mais après toutes ces années, après avoir attendu chacun de leur côté, espérant en solitaire, ils se savaient que se dire et sombraient dans l’embarras. En réalité, ils avaient tant de choses à se raconter, tant de temps à rattraper, qu’ils ne savaient pas où commencer ! Finalement, ce fut Vivyan qui se lança, rompant le silence glacé et demanda d’une voix qui résonna contre parois du cachot :
- Alors… ? Que faites-vous ici… après toutes ces années… ? Vous étiez parti si vite, la dernière fois. Je ne m’attendais pas du tout à vous retrouver un jour… C’est si… si étrange, si nouveau pour moi. Vous êtes là, face à moi et je… je ne sais pas quoi dire. J’ai tant attendu votre retour, au fond de mon cœur, et maintenant… C’est trop beau, c’est un rêve…
Tom sourit et lui caressa doucement la joue. Elle releva la tête. Il vit à son expression qu’elle était perdue, qu’elle ne savait pas, ne savait plus. Il chuchota tendrement au creux de son oreille :
- Dans ce cas, c’est un très beau rêve, Vivyan. Et je suis heureux de le partager avec vous…

La jeune femme frissonna en sentant son souffle chaud sur sa nuque. Elle ne pouvait pas expliquer pourquoi un seul de ses regards bleutés, un seul de ses sourires charmeurs la mettait dans un tel état. Elle aurait voulu que cette nuit ne finisse jamais, elle aurait voulu vivre toute sa vie aux côtés de Tom. Mais l’ombre des questions qui restaient sans réponses réapparu à nouveau et plana entre eux comme un voile sombre et sinistre.
- Vous ne m’avez pas encore répondu… souffla Vivyan, une lueur d’interrogation touchante dans ses yeux noisettes. Que faites-vous ici ?
Tom sentit le sang lui monter au visage. Il devait répondre mais… qu’allait-il dire ? Il se reprit pourtant et tenta stoïquement une réponse :
- Et bien… c’est que… enfin…
Il se mordit la lèvre jusqu’ au sang, en proie à une panique de plus en plus intense. Il ne savait que dire, ce qui ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps. Il sombrait lentement dans un embarras qui lui était étranger, prisonnier de ses mensonges et de ses crimes, tandis ce qu’en face de lui la femme qu’il aimait fronçait les sourcils, s’interrogeant sur ses hésitations et ses silences répétés. Les doutes de la jeune femme ne tardèrent pas à exploser au grand jour :
- Ne me dites pas que… non… Non ! Ce n’est pas possible… ! Vous et… LUI !
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 23:54

(suite du chapitre 13)

Vivyan tenta de se ressaisir, mais le choc de ses doutes fut trop violent. Elle eut un mouvement de recul et s’éloigna de Tom, comme frappée par une vérité mortelle. La tête lui tournait à nouveau et ses phrases s’embrouillaient dans son esprit, faisant danser des points noirs devant ses iris noisette. Elle avait peine à croire ce qu’elle osait penser mais elle sentait confusément qu’elle n’était pas loin de la vérité. Et si Tom était passé du côté des Ténèbre ? Et s’il avait tourné le dos à la lumière ? Et s’il était aux côtés du Lord Noir ? Que se passerait-il alors ? Ce n’était pas tellement la perspective de voir l’homme qu’elle aimait du côté du mal qui l’horrifiait, non, c’était plutôt la terreur de ne plus pouvoir le voir et de devenir son ennemie. Car elle savait que s’il était effectivement un Mangemort, comme elle le présentait, ils ne pourraient s’aimer, c’était impossible. Et pourtant… elle voulait y croire, elle voulait croire que leur histoire avait une chance de subsister, une chance de survivre. Et elle ferait tout pour y arriver. Ce fut donc avec une détermination nouvelle qu’elle se tourna vers Tom, prête à entendre la vérité de sa bouche.
Lui, de son côté, se giflait mentalement, se maudissant de l’aimer tellement et de la faire souffrir pareillement. Car elle allait souffrir, c’était sûr, une fois qu’elle apprendrait la vérité. Elle ne le comprendrait sûrement pas et le verrait comme un monstre, un être abjecte, un meurtrier assassin. Finalement, voyant qu’il fallait une réponse, il prit une profonde inspiration et se résolut à lui avouer tout.

- Et bien, en fait, avoua-t-il, une expression coupable et triste dans la voix. Je… je dois bien avouer que… que… Voyez-vous, quelques mois après notre rencontre, je me suis retrouvé un soir dans les rues basses de Londres, en prise avec SES sbires et…
Il s’interrompit un instant, passa la main dans ses cheveux corbeau, en proie à une lutte intérieure qu’il n’avait encore jamais éprouvée. Il était partagé entre la panique de s’emmêler dans ses explications factices et la culpabilité de lui mentir. Il choisi donc le mensonge, la seule voie qui s’ouvrait à lui, et décida de poursuivre jusqu’au bout.
- Malheureusement pour moi, il… IL voulait que je le rejoigne. J’étais piégé mais j’ai tenté de résister. Sans succès. IL a des moyens de persuasions convainquant et… Voyant qu’il n’arrivait pas à m’avoir, il a alors tué d’autres gens… des… des Moldus qui se trouvaient là. Je n’ai rien pu faire. Mourir, moi, je l’aurais accepté, mais le voir tuer ainsi d’autres personnes, sans aucuns scrupules… non ! Alors, j’ai… j’ai… accepté.
Un silence suivit cet « aveux ». Vivyan n’en croyait pas ses oreilles. Tom, le Tom qu’elle connaissait, accepter de passer un pacte avec le Mal et Le servir ? C’était impensable pour elle. Et pourtant… elle devait bien se rendre à l’évidence. Il ne pouvait s’agir que de l’exacte vérité, sinon, comment expliquer la présence de Tom dans un tel endroit ? Sous le choc de cette révélation autant que de sa récente blessure, elle sentit la tête lui tourner. Elle s’adossa au mur et ferma les yeux un instant, tentant vainement de remettre de l’ordre dans ses pensées, éparpillées dans son esprit, comme les morceaux funestes d’un miroir brisé. Un miroir brisé. C’était à peu près ce à quoi ressemblait son âme, à cette heure. Elle nageait dans un océan de doute et de questions, où elle risquait à tout moment de se noyer. Et il n’y avait que lui pour la sauver de la mort…
Tom, de son côté, regardait anxieusement la jeune femme, se demandant si, par un extraordinaire hasard, elle croirait son mensonge. La culpabilité lui piquait les yeux, brûlait sa gorge et assaillait ses sens, lui faisant ressentir une sourde douleur qu’il croyait avoir bannie depuis longtemps. Les sentiments se réveillent parfois, et il en faisait la triste expérience. Il ne parvenait pas à détacher ses yeux du visage de Vivyan. Elle paraissait à nouveau si frêle et jeune, alors que lui… Son cœur se gonfla d’amour pour cette femme si exceptionnelle. Il souhaitait plus que tout qu’elle le croie, qu’elle ne lui en veuille pas et… qu’elle reste avec lui. À jamais. Posant une main apaisante sur son épaule secouée de tremblements de doute, il posa la question fatidique :
- Me croyez-vous ?

Elle rouvrit les yeux et plongea ses prunelles dans l’azur de son regard. Un seul et unique mot résonna alors dans le cachot lugubre, scellant à jamais leurs destins à tout les deux, leur faisant prendre dès lors un chemin commun :
- Oui.
C’était dit avec tant de certitude, tant de sincérité, que Tom en eut presque les larmes aux yeux. Elle le croyait. Elle ne lui en voulait pas. Elle lui faisait confiance. Et lui… Lui la trahissait. En lui mentant. En lui faisant croire autre chose. En déformant et arrangeant la réalité à sa convenance. Cela lui paraissait impardonnable et le poids de la honte s’abattit comme une bourrasque glacée sur lui. Après cela, avait-il vraiment droit à tant de générosité naïve ? Tant de sollicitude ? Non. Non. Il fallait qu’il voit les choses en face : il n’était qu’un assassin. Et il en serait toujours ainsi. Mentir à Vivyan ne lui apporterait que des ennuis et, tôt ou tard, elle finirait par découvrir la sinistre vérité. Et alors… il préférait ne pas y penser, redoutant à imaginer le pire. Il pris alors une grande inspiration et fit le choix sans doute le plus douloureux de son existence : il décida de tout lui avouer. Maintenant. En bloc. Sans mentir, cette fois. Comme ça, elle saurait vraiment qui était l’homme à qui elle venait de pardonner. Il ouvrit la bouche et :
- Vivyan ?commença-t-il en baisant les yeux, mal à l’aise.
- Oui ?lui répondit-elle, levant sur lui un regard innocent et confiant…


QG de l’Ordre du Phénix, 25 janvier 1986, 1 heure du matin :
- Mais qu’attendez-vous ?! Il faut retourner la chercher ! On ne va quand même pas l’abandonner !!!!
Accablé par l’inquiétude, Sirius faisait les cent pas dans le grand hall, fulminant de rage et s’en prenant à quiconque lui adressait la parole. Evidemment, il s’inquiétait pour Vivyan. Elle ne les avait pas suivit et était restée à Pré-au-Lard. Il avait juste eu le temps de voir le mur de brique s’effondrer sur elle et il était trop tard. Lorsqu’il avait voulu retransplaner pour aller la chercher, on l’en avait formellement empêché. Les autres membres de l’Ordre semblaient atterrés par l’absence de Vivyan. Sur tous les visages se lisaient l’angoisse et la peur, mais aussi le chagrin et la tristesse. Ils se comportaient tous comme si c’était déjà trop tard, comme si elle était déjà morte. Et ça, Sirius ne pouvait l’accepter. Il ne voulait pas –il ne pouvait pas- baisser les bras en sachant qu’il restait peut-être une chance de ramener la jeune Auror vivante. Quitte à y aller seul, il irait la retrouver et il la ramènerait. Lily s’avança vers lui et tenta tant bien que mal de calmer sa fureur.
- Sirius… elle n’est peut-être pas morte, c’est vrai mais… retourner là-bas, ce serrait t’exposer toi au danger…
- Je me moque du danger !!!hurla Sirius en continuant à gesticuler comme un forcené. Je prendrais tous les risques si cela peut la sauver !!!
- Je sais, continua Lily en se tordant les mains de frustration. Mais… ce n’est peut-être qu’un problème passager… elle va peut-être bientôt arriver, saine et sauve…
Mais sa voix tremblait et manquait de conviction. Elle essayait de se convaincre, sans succès. Et Sirius n’était pas dupe.
- Tu sais très bien qu’elle est en danger, et peut-être même blessée ! Faites ce que vous voudrez, cria-t-il à l’assemblée muette des Aurors, mais moi, je retourne là-bas.
Il se prépara à transplaner. Maugrey ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais il s’arrêta en voyant paraître Dumbledore. Le vieil homme semblait avoir vieillit de 20 ans en seulement quelques heures, et son visage était résolument fermé, vide, et inexpressif. Ce fut d’une voix calme et impersonnelle qu’il s’adressa à Sirius, trépignant de rage :
- Tu n’iras nulle par, Sirius. Tu resteras ici, et tu attendras, comme nous tous.
- Mais attendre quoi ? reprit le jeune homme. Qu’elle meurt ? Vous savez que si nous ne faisons rien, c’est ce qui arrivera. Et je… je refuse de la laisser mourir, tout ça parce que vous ne voulez pas prendre de responsabilités !
Dumbledore gardait son air tranquille et se contenta de le contredire :
- Au contraire, je prends justement des responsabilités.
- En ne faisant rien, oui !grommela Sirius.
- Tu connais le Code, le coupa le vieil homme, une lueur d’avertissement dansant dans ses yeux gris-bleu. En aucun cas nous ne devons retourner sur un champ de bataille abandonné pour aller secourir l’un des nôtres. Cela n’occasionnerait que des morts inutiles pour une cause peut-être déjà perdue.
- Vous parlez comme au siècle dernier, cracha Sirius avec mépris. Comment pouvez-vous dire des choses pareilles ? Je me fiche du Code ! Tout ce que je veux, c’est la sauver !
- Moi aussi, murmura Dumbledore, semblant contenir un flot dangereux de sentiments.
- Non, contredit le jeune sorcier en hochant la tête. Si vous vouliez vraiment la sauver, vous n’agiriez pas ainsi. C’est votre petite-fille, tout de même !
Dumbledore ne répondit et Sirius brandit sa baguette, à nouveau prêt à transplaner. Il était conscient de faire le bon choix et ne se soucia par du regard de doute que lui lançait le directeur de Poudlard. Mais au dernier moment, une main se posa sur son épaule et le stoppa dans son élan. C’était James. Et il dit la seule chose censée qui pouvait encore le raisonner :
- Elle n’est pas morte, Sirius. Fais lui un peu confiance. Elle va s’en sortir.
C’était dit avec une foi inébranlable et sans aucun doute dans la voix. Ca avait l’air si vrai. Sirius voulait le croire. C’était si vrai. Et il le crut.
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 23:54

(suite du chapitre 13...)

Le Manoir, 25 janvier 1986, vers 1 heure du matin :

- Vivyan ?commença Tom en baisant les yeux, mal à l’aise.
- Oui ?lui répondit-elle, levant sur lui un regard innocent et confiant…
Il déglutit difficilement, prêt à faire voler en éclat toutes ses illusions en prononçant une simple phrase. Elle le fixait, un peu anxieuse de ce qu’il allait dire, lui adressant une mimique étonnée et curieuse. Elle paraissait si angélique, si anxieuse. Il ouvrit la bouche pour se lancer dans sa propre confession, mais au dernier moment, il s’arrêta. Il n’avait vraiment pas le cœur à lui dévoiler son terrible secret. Mais elle insista, se demandant ce qu’il voulait lui dire :
- Oui, Tom ? répéta-t-elle d’une voix douce, charmante. Qu’y a-t-il ?
- R… rien, assura Tom en détournant les yeux. Ce n’est rien, je vous assure.
Il ne voulait pas qu’elle le voie rougir. Il se maudissait intérieurement de ne l’avoir pas fait, de ne rien avoir dit. C’était si bête, et pourtant… Il aurait pu y mettre un terme. Mais il n’en avait pas la force. Il était trop lâche pour cela. Lui qui avait commis tant d’atrocités, il ne voulait même pas avouer la vérité à celle qu’il aimait. Tant pis. Il ne méritait pas son amour. Mais elle ne semblait pas de son avis et vient se blottir tout près de lui, enfouissant sa tête dans le creux de son épaule et respirant sa douce odeur. Il sentit contre lui sa peau de pêche, et prit soudain conscience qu’elle était là, si proche, presque nue, et tellement désirable. À peine eut-il remarqué cela que des nuées de pensées charnelles envahir son esprit. Elle se serra un peu plus près de son corps, glissant ses mains douces le long de son ventre, jouant avec les boutons de sa chemise anthracite. Des visions de Vivyan nue, étendue et languissante sur le sol du cachot assaillir Tom, le cernant comme des loups affamés. Il se voyait en train de la caresser, de l’embrasser, de la toucher comme il l’avait toujours rêvé. Il se voyait pénétrer doucement en elle, guettant le moindre signe de jouissance, porté par la force de ses gémissements. Il se vit… il se vit faire tout cela et bien d’autres choses encore, alors que depuis de nombreuses années il n’avait rien éprouver de tel. Elle réveillait en lui des pensées enfouies, des sentiments sauvages et puissants, violents comme la foudre. N’eut été le respect qu’il ressentait pour elle, pour ce qu’elle représentait à ses yeux, il aurait très bien pu la prendre là, tout de suite, immédiatement, sans autre forme de procès que la sensation grisante de se sentir en elle. Mais il ne pouvait pas. Il voulait qu’elle y consente. Et il était trop tôt pour cela. Quand elle serrait prête. Plus tard, peut-être. Plus tard… rien qu’à cette pensée, promesse de bonheur futur, il ne put s’empêcher de sourire et laissa son esprit vagabondé encore un instant dans les méandres peu explorés de cette partie de son imagination. Mais Vivyan le tira de sa rêverie en prenant tout à coup la parole d’une voix tendre :
- Tom ? demanda-t-elle de son ton le plus doux, le plus séduisant.
Des frissons parcoururent le dos de l’homme lorsqu’il l’entendit prononcer son nom. Jamais ce patronyme ne lui avait parut si beau que dans les lèvres de celle qu’il aimait. Il se tourna vers elle et replongea dans le bronze chaleureux de ses iris :
- Qu’y a –t-il ?interrogea-t-il, pressentant que c’était important.
Sous son regard insistant, elle rougit un peu, mais décida toutefois de prononcer enfin les mots qui, depuis tant d’années, hantaient son cœur avec une tristesse amère :
- Tom, je… hésita la jeune femme, s’embrouillant dans ses mots et oubliant momentanément toutes les belles phrases qu’elle avait longuement retournées dans on esprit. Je… c’est que…
Ses yeux étaient si bleus, sa peau était si douce, ses cheveux… sa bouche… son corps… Tout en lui la séduisait et elle avait plus que tout envie de le lui dire…
- C’est… je… continua-t-elle en piquant un fard. Je voulais vous dire que… que… que je…
Il approcha en douceur son visage du sien et ses lèvres frôlèrent la bouche tremblante de la jeune femme. Il savait qu’il jouait avec le feu, qu’il ne pouvait pas, qu’il ne devait pas, mais c’était trop bon, trop intense, trop tentant. Et, tendrement, il posa sa bouche sur la sienne, scellant par là même un pacte intime et secret qui devait le lier à tout jamais. Elle se laissa faire, fermant les yeux. Les mains de Tom s’égarèrent sur son dos, la serrant plus près de lui, la plaquant contre son torse tandis ce qu’il approfondissait leur baiser. Elle l’enlaça avec hésitation, mais s’enhardit lorsqu’il commença à caresser amoureusement sa peau. La langue de l’homme vint jouer avec ses lèvres, quémandant la permission d’aller plus loin dans leur exploration. Permission qu’elle lui donna, avec un soupir d’approbation…
Tom détacha lentement sa bouche de celle de son aimée et lui murmura d’une voix sensuelle:
- Je sais… moi aussi, je vous aime…
Et il reprit son baiser…

La porte du cachot s’ouvrit soudain, couinant légèrement en signe de protestation. Absorbés l’un part l’autre, enivrés par leurs retrouvailles, ils ne prêtèrent pas attention à cela et poursuivirent leur baiser passionné. Dans l’embrasure de l’entrée, une silhouette vêtue d’une cape noire apparut, et se figea sur place en découvrant brusquement le spectacle. Sous le choc, l’ombre vacilla en arrière, laissant glisser son profond capuchon. Une vague de cheveux blonds se répandit sur les épaules de Lucius Malefoy, qui fixai le tableau pour le moins étrange qui s’offrait à lui. Son Seigneur et Maître, au milieu de la pièce, en train d’enlacer une Auror et qui plus est, une prisonnière ! Non… il devait rêver. C’était impossible. Et pourtant. Ils s’embrassaient, Lucius le voyait bien. Et ils semblaient y prendre tout deux plaisir, de surcroît. Donc, elle était consentante. Etrange. D’habitude, les scènes de torture ne se déroulaient pas exactement ainsi. Mais après tout, c’était le Maître qui voyait. Et quelque chose disait au Mangemort qu’il ne tarderait pas à avoir des réponses à ses questions. Un peu indécis, Lucius décida finalement de signaler sa présence. Il n’aimait pas espionner les gens en privé, encore moins lorsqu’il s’agissait de son Maître. Il jeta un dernier coup d’œil au couple –ses yeux s’attardant sur les formes plus que désirable de la femme- et toussota discrètement, espérant qu’ils entendraient.
- Hum, hum…
Les deux amoureux s’arrêtèrent un instant, puis, ne voyant pas d’où provenait se bruit étrange, continuèrent avec plus d’ardeur leurs embrassades. À présent, c’était Vivyan qui, encouragée par Tom, aventurait timidement sa langue dans la bouche inexplorée de son aimé, pendant ce que ses mains descendaient le long de son dos. Lucius toussa encore une fois, priant pour qu’ils le voient :
- Hum, hum…
Pas de réaction des deux autres, qui reprirent avec passion. Nouvel essai, nouvel échec. Au désespoir, Lucius prit une bouffée d’air et perdit toute discrétion, souhaitant que ce ne soit pas sa dernière action en ce monde. Il connaissait trop bien les punitions du Maître.
- Hum… My Lord, hésita-t-il d’une voix chancelante. Excusez-moi, mais…
Tom se retourna et vit son Mangemort, debout, face à lui. La panique l’envahit à nouveau, comme une vague de fond glacée. Sous la surprise, Vivyan l’avait lâché et regardait le nouvel arrivant avec étonnement. Puis ses yeux se tournèrent vers Tom, demandant silencieusement une explication à tout cela. Voyant qu’il ne pouvait plus se dérober à ses questions, le Mage Noir prit une profonde inspiration et, faisant signe à Lucius de se taire, commença :
- Vivyan, je… je vais tout t’expliquer…
Mais sa réponse ne fut qu’un mensonge, car il était trop lâche pour dire la vérité. Il avait peur des conséquences de se actes. Il ne voulait pas lui avouer. Il ne voulait pas la perdre. Jamais…


Alors, satisfaits? J'espère que vous avez hâte de savoir la suite! Moi oui, en tout cas! Avec mes idées qui reviennent au grand galop, je pense qu'elle ne saurait tarder... Quoiqu'il en soit, vos commentaires serront les bienvenues, évidemment! dwarf
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 23:57

Heuuuu... Y'a-t-il quelqu'un dans l'assistance qui ne me déteste pas? *silence obstiné* Embarassé Boooon... quelqu'un qui ne m'en veut pas? *vague, très vague murmure* Et ben quand même!
Je sais, je sais, je suis vraiment incorrible! Je n'ai rien écrit depuis belle lurette, mais... ne m'en veuillez pas: j'étais la pôvre victime du syndrôme de la page blanche... sniiiif... Triste

Non, non, je suis incorrigible! Je n'ai aucune excuse! Pardon, pardon, pardon!!! Ne m'en veuillez pas, je vous en supplie! J'écrirais plus régulièrement, promis-juré-craché!

Dédicace toute spéciale à Become,qui a beaucoup attendu! Bisouxxxx!

BONNE LECTURE!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Très content


Chapitre 14 : Le Mensonge de l’Oubli…


« Pourquoi a-t-il l’air si… paniqué ? On dirait vraiment qu’il a peur. De quoi ? Je ne comprends pas… dire qu’il était si tendre, si attentionné si… j’étais tellement contente de le retrouver ! Mais maintenant, je doute. Il dit avoir été enrôlé de force dan SON armée… est-ce vrai ? Je voudrais le croire, mais… et puis… qui est cet homme, qui se tient à la porte ? Il me rappelle quelqu’un… quelqu’un que j’ai déjà vu… mais qui ? Oh, je ne sais plus ! J’ai l’esprit tellement embrumé. Il me semble avoir dormi des jours, et m’être réveillée seulement maintenant. Ce n’est pas le cas, bien sûr, mais… oh, ma tête ! »

Le Manoir, 25 janvier 1986, 1 heure 30 du matin :
Tom respira un grand coup. Ça y était. Il n’avait plus le droit à l’erreur. Il devrait mentir, lui mentir, sinon, il la perdrait pour de bon. Il lui sembla soudain jouer le plus grand rôle de sa vie. Jusqu’à présent, il ne s’était pas rendu compte à quel point il aimait Vivyan, à quel point il tenait à elle. Il ne pouvait prendre le risque de voir son amour brisé, non. Pour devenir celui qu’il était, à présent, pour devenir Lord Voldemort, il avait trop sacrifié, trop mis de côté. D’autres rêves, d’autres attentes… mais pas cette fois. Il ne voulait pas renoncer à elle. Plutôt mourir. Ou mentir. C’est justement ce qu’il s’apprêtait à faire.

Un sourire amer lui traversa le visage. La situation était ironique. Il aimait une femme… qui était censée être sa pire ennemie. Enfin… la petite-fille de son pire ennemi. La vie est parfois mal faite. Pourquoi devait-il souffrir à ce point, alors qu’il n’y avait pas de raison, en somme… ? Son rictus désabusé s’élargit. Aucune raison, vraiment ? Il en doutait. Tous ces meurtres, ces morts… la ligne de ses innombrables victimes s’alourdissaient de jours en jours, sans qu’il en éprouve une once de remord. Mais maintenant… alors qu’il plongeait ses yeux dans les prunelles bronze de Vivyan, il lui venait des doutes. Avait-il raison, ou bien tort ? Suivait-il le bon chemin, ou se fourvoyait-il dans sa route, comme bien des gens, avant lui ? Il ne savait pas. Pour la première fois depuis longtemps, il avait même peur. Peur de ne pas être à la hauteur. Car il ne faisait aucun doute que la jeune femme qu’il avait choisie était une grande sorcière. Douée, puissante, et belle. Comment pouvait-il rivaliser avec tant de charme ? Impossible ! Il ne pouvait pas, ne pouvait plus revenir en arrière. C’était trop tard. Et qu’adviendrait-il de lui si elle apprenait la vérité ? Il en serait anéanti, à jamais. C’est pourquoi il fallait mentir. Il relégua ses doutes au fond de son esprit, voulant se consacrer tout entièrement au nouveau défi qui s’offrait à lui. Un défi épineux, dangereux. Vital. Nul que ses actions –sa montée au pouvoir, ses adeptes, ses pouvoirs toujours grandissants-, tout cela lui était nécessaire. Mais Vivyan ne devait jamais rien en savoir.

Puis il tourna les yeux vers Lucius. Il se tenait immobile, dans l’ombre, ses longs cheveux blonds reflétant doucement la lueur des torches. Ses yeux étaient fixes, mais ils brillaient d’une étrange lueur. Il avait deviné qu’il se passait quelque chose d’anormal. La prisonnière, indemne, sans trace de lutte, de torture ou de viol. Le Maître, agenouillé à côté d’elle. Et, finalement, le baiser. Tom savait que le Mangemort doutait, mais il avait foi en sa loyauté. Jamais il ne le trahirait –à moins de le payer de sa vie. Mais il était pourtant nécessaire qu’il ne parle pas, afin de ne pas divulguer plus de choses qu’il ne fallait. Sinon, le mensonge ne servirait plus à rien. Décidé, Tom ferma les yeux, concentrant ses pouvoirs pour pénétrer l’esprit de son serviteur…

QG de l’Ordre du Phénix, 25 janvier 1986, 1 heure 30 du matin:
Des coups frappés discrètement. Une porte s’ouvrit, grinçant légèrement. Un visage amical, passant par l’entrebâillement de la porte. Sirius, couché sur son lit, ne se retourna même pas. Il ne voulait parler à personne. Après que Dumbledore eut prononcé son verdict, il était monté directement dans sa chambre. L’idée même d’abandonné Vivyan, aux mains des Mangemorts, lui était tout bonnement intolérable. Malgér la confiante assurance de Lily, il ne parvenait à se résigner. Pour lui, c’était tout bonnement impossible. À chaque instant, des images venaient le hanter. Visions de cauchemar, songes démoniaques, illusions impalpables de son esprit blessé. Vivyan torturée, les membres brisés, le sang coulant sur sa peau blanche, comme des éclairs sanguinolents. Vivyan, nue, aux prises avec les Mangemorts. Vivyan, brisée, violée, abandonnée dans la boue, dans la neige. Vivyan… morte. Le visage livide, le corps déjà froid, les yeux cernés de bleus. Atroce. Il luttait, fermait les yeux pour échapper à ces hallucinations démentes. Mais elles le poursuivaient, impossible d’y échapper. Des larmes de rage, de douleur et de peine perlaient à ses yeux. Aussi ne se retourna-t-il pas lorsque la porte s’ouvrit.

Remus s’avança, pratiquement sans bruit. Le silence étant un des maigres avantages que lui offrait sa condition de loup-garou. Attentif, il se tint debout, près du lit, observant Sirius dont la nuque frissonnait, ses yeux glissant sur le dos tremblant de son ami. Il soupira. La perte de Vivyan les affectait tous, bien sûr, mais Sirius encore plus qu’eux tous. Nul n’ignorait les sentiments qui le liaient à la jeune femme –leur tendre affection mutuelle, qui bientôt s’était changé en amour timide. La rumeur comme quoi leurs fiançailles ne tarderaient pas était communément admise. Et maintenant… tout était brisé. Remus comprenait tout à fait ce que ressentait Sirius. Le choc avait dû être terrible. Mais l’espoir subsistait. Pourtant, Remus ne pouvait se mentir à lui-même : Vivyan était probablement perdue, et rien ne la leur ramènerait. Inquiet, il murmura tout bas, presque comme pour lui-même :
- Se cacher n’est pas la bonne solution…
Sirius ne répondit pas, et se contenta d’un grognement vindicatif. Il avait le cœur trop blessé pour entamer la conversation. Personne ne pourrait la lui ramener, de toute façon, et il le savait. Remus, pourtant bien décidé à ne pas le laisser seul, s’assit é côté de lui, sur le matelas moelleux :
- Je sais à quel point la douleur est horrible…
Sirius se redressa. Ses yeux brillaient –de larmes, de rage, de chagrin :
- Non, tu ne sais pas, personne ne le sait !
Un silence, et puis :
- Je… je l’aimais… tu comprends ?! Et maintenant… maintenant… elle est perdue, perdue ! Et à cause de qui ? Dumbeldore ne veut même pas aller la chercher…
Puis il se détourna, violemment, repoussant son ami avec brusquerie.
- Laisse-moi seul ! Je ne veux voir personne !

Cela ne suffit pourtant pas à décourager Remus. Toutefois, il respectait la douleur de son ami. Il se releva, à regret, et ouvrit la porte. Mais avant de sortir, il se retourna et dit, doucement :
- Elle est vivante. J’en suis persuadé.
C’était un mensonge, mais il ne supportait pas de voir Sirius dans cet état. Il ne supportait pas de le voir souffrir. Mais ce que Remus ignorait, c’est que son mensonge était en fait une réalité…


Le Manoir, 25 janvier 1986, 1 heure 35 du matin :
Lucius releva les yeux, légèrement étourdi. Son regard se posa un instant sur le Maître, et il comprit tout de suite où celui-ci voulait en venir. La Légilimencie. Ce ne pouvait être que ça. Sinon, comment expliquer ce soudain vertige, ces étoiles qui dansaient faiblement devant ses yeux, et cette sensation de ne pas être seul dans sa tête. Il sondait son esprit. Il allait peut-être enfin comprendre ce qui se passait. Mais il en doutait. Le Maître ne divulguait ses secrets que lorsqu’il le décidait, et il était très difficile de prévoir quand. Avant tout, il devait vider son esprit de toutes critiques ou pensées négatives. Le Maître n’appréciait guère les remarques négatives. Lucius ferma les yeux, se concentrant uniquement sur la voix qui résonnait dans sa tête.
« Lucius… »
« Oui… oui, Maître ? »
Le ton était étrangement tendu, comme… inquiet. Plus anxieux et haché qu’à l’ordinaire. Le Maître craignait-il donc quelque chose ?
« Je te demanderais simplement de sortir, en fermant la porte derrière toi. »
Le Mangemort fronça les sourcils. Il s’attendait à un ordre dépourvu de toutes explications, mais il ne pouvait s’empêcher d’être déçu, frustré.
« Mais, Maître… »
« Obéis, c’est tout… »
La voix, hésitante, encouragea le serviteur à insister, chose que d’ordinaire il n’aurait même pas envisagé.
« Maître, me direz-vous… »
La phrase claqua, sèche et piquante, comme la morsure d’un fouet. Lord Voldemort ne tolérait plus aucune protestation :
« Il suffit, Lucius. Depuis quand discutes-tu mes ordres ? »
Voyant que le vent tournait, le Mangemort baissa les yeux avec humilité. Mieux valait ne rien dire, et marcher droit, dans ces situations. Mais il ne put s’empêcher de trembler, lorsqu’il ressentit un éclair brûlant traverser son esprit. Une douleur fulgurante, aussi poignante que fugace déferla sur lui. Il retint un gémissement. Torture mentale. Puissante, et redoutablement efficace. Il fixa dès lors le sol avec obstination, n’osant plus croiser les pupilles brillantes de rage du Maître :
« Pardonnez-moi, mon Seigneur, je ne voulais pas… »
« La prochaine fois, susurra la voix froide du Lord, dans son esprit, la prochaine fois, je ne serais pas si clément. Vas-t’en, à présent, et laisse-moi seul. Sors, et sans t’incliner ! »
Lucius fronça les sourcils à cette étrange demande, mais de dit rien. Il avait trop peur. Il tourna donc les talons, et rouvrit la porte. Mais la voix résonna à nouveau dans l’esprit du Mangemort :
« Et ne dis rien de tout cela, à personne. Ce qui s’est passé ici doit rester secret. Personne ne doit savoir. Est-ce clair ? »
Il hocha la tête, avant de sortir. Une dernière phrase le pénétra, froide comme la mort :
« Car si tu parles… je le saurais. »

Lucius remonta le long couloir de la salle des cachots, non sans frissonner. Les événements de la soirée tournaient et retournaient dans sa tête –l’attaque de Pré-au-Lard, les Aurors, leur victoire écrasante. Et puis la prisonnière, toujours indemne. Quelque chose clochait, mais il ignorait quoi…
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MessageSujet: Re: Le Phénix et le Serpent...   Mar 13 Sep à 23:59

Vivyan observait avec curiosité les deux hommes. Son bien-aimé Tom, et cet étranger blond, qu’elle connaissait sans vraiment arriver à mettre une identité fiable sur la personne. Elle savait qu’une chose étrange était en train de se passer, mais ignorait de quoi il s’agissait. Il ne lui serait jamais venu à l’esprit qu’ils communiquaient grâce à la Légilimencie, non. Elle était trop choquée, trop perturbée et effrayée par tout ce qu’elle venait de vivre. Seuls comptaient pour elle ses bras autour de sa taille, et les explications qu’il allaient bientôt lui donner. Mais elle craignait quelque chose. Quoi ? Elle ne savait pas exactement, mais il lui semblait que tout n’était pas limpide. Un fois le sorcier blond sorti, elle se tourna vers Tom qui, curieusement avait un sourire étrangement satisfait. Troublée, elle piqua un baiser sur sa joue si douce, recherchant un peu de chaleur, un peu de tendresse. Il lui rendit son étreinte, trop heureux de la serrer contre lui, trop content de sentir sa présence contre son torse. Ça y était. Le mensonge. Il devait lui mentir, car sinon, il la perdrait.

Mais lorsqu’elle le fixa de son regard innocent, un regard de petite fille qui n’avait pas encore souffert, il fut touché par sa fraîcheur, sa jeunesse. Avait-il vraiment le droit de corrompre un être aussi pur, aussi… vulnérable ? Il ne voulait pas lui mentir, non, il ne le voulait plus. Toutefois, lui dire la vérité reviendrait à tout faire éclater. Elle ne le supporterait pas, cela la tuerait. Alors, il prit une troisième option. Infiniment plus facile à mettre en œuvre, mais blessante pour son âme. Pire que le mensonge. L’oubli.

Tom repoussa tendrement une mèche sur le front de la jeune femme. Elle lui sourit, la crainte de ce qu’elle avait vécu effacée par l’amour qu’elle lui portait. Elle se sentait bien ici, même si elle n’avait pas l’esprit très clair. Mais tout cela n’avait plus d’importance. Il était là, et c’était tout ce qui comptait pour l’instant. Malgré tout, elle posa deux questions. Uniquement deux.
- Tom… qui était… qui était… cet homme ? Je le connais, mais… qui est-il ? Et pourquoi vous a-t-il appelé… « My Lord »… ?
Il tressaillit en entendant cela. Se mordit la lèvre inférieure. Puis plongea ses yeux dans les prunelles noisette de Vivyan. Doucement, il approcha son visage du sien, plongeant ses iris saphir au plus profond du bronze. Avec tendresse, il lui sourit, murmurant d’un voix grave emplie de sensualité et de douceur :
- Cela… n’a aucune importance…
Vivyan hocha la tête, comme dans un état second. D’un geste las, elle accosta la tête à l’épaule de Tom, fermant les yeux de fatigue.

***


Inutile de dire que le cœur de Tom était à feux et à sangs. L’oubli était sans doute pire que le mensonge. Il avait très subtilement fait subir à la jeune femme un léger sortilège d’Amnésie, rendant tous souvenirs de la soirée passée flous. Ainsi, elle ne se souviendrait de presque rien, le lendemain, sinon qu’elle l’avait revu, et qu’il allait bien. Ses sentiments seraient les mêmes, bien sûrs, mais elle oublierait ses liens avec l’Ordre des Ténèbres… ce qui était mieux, après tout. Pourtant, Tom ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir. Avait-il vraiment le droit de modifier sa mémoire, et de lui faire tout oublier ? Oublier que… de toute façon, la vérité éclaterait, tôt ou tard. Il ne pouvait pas se cacher dans le mensonge éternellement. C’était impossible. Vivyan était intelligente, brillante… quoiqu’un peu naïve et ingénue, parfois, avec une touche d’arrogance un peu agaçante, et elle finirait bien par se douter de quelque chose.

Mais il ne voulait pas y penser maintenant. Ses souvenirs s’effaçaient peu à peu, et il était primordial pour la réussite de son plan qu’elle quitte le Manoir au plus vite. Il allait faire ce qu’il n’avait jamais fait, à aucune prisonnière : lui rendre sa liberté, et la renvoyer chez elle, saine et sauve. Mais il est vrai qu’elle était la première prisonnière à lui ravir le cœur…

***


La jeune femme sentait ses esprits et ses sens la quitter, peu à peu. Comme dans un rêve… que se passait-il ? Elle ne savait pas. Elle n’arrivait plus à réfléchir concrètement. Une fumée opaque embrumait ses souvenirs, les noyant dans une brume insipide et épaisse. Bientôt, elle aurait tout oublié, mais elle l’ignorait. Elle avait froid. Tremblante, elle se serra, plus prêt de Tom, effleurant maladroitement la peau pâle de l’homme, sentant sa chaleur, respirant son odeur si forte, si rassurante. Lui, de son côté, avait du mal à se contenir. La présence de la jeune femme, si prêt de lui, sa chaleur troublante mettait le feu à son cœur et à ses sens. Elle était si frêle, si ingénue… belle, tellement belle… sans doute n’avait-elle encore jamais connu d’hommes. Était-il le premier ? Il sourit à cette pensée.

Ses lèvres se posèrent doucement sur son front. Il la berça entre ses bras avec tendresse, pleinement heureux de l’avoir enfin retrouvée.
- Ce n’est pas important… chuchota-il, lui caressant la joue. Ne vous inquiétez pas… bientôt, vous n’aurez plus à vous inquiétez de rien…
Un baiser vint la rassurer. Profond, tendre, amoureux. Un peu fougueux, peut-être. Elle gémit doucement quand une langue insistante s’insinua entre ses lèvres. Si bon… si doux… elle y répondit avant de tomber dans l’inconscience, victime de la fatigue et de l’oubli. Elle murmura un dernier mot :
- Tom…

Et tandis ce qu’il la portait dans les couloirs déserts du Manoir, caressant calmement ses paupières clos, le Seigneur des Ténèbres, Lord Voldemort lui-même, prononça la phrase qu’il pensait ne plus jamais avoir à dire :
- Vivyan… je t’aime…
Au creux de sa main fermée, il déposa un petit billet de parchemin, presque invisible si on y prêtait pas attention…


QG de l’Ordre du Phénix, 25 janvier 1986, 2 heures du matin:
La porte s’ouvrit à la volée, claquant avec force, sous la poussée violente du vent de la nuit. Des feuilles mortes voltigèrent dans le grand hall, alors qu’une débandade faisait grincer les marches de chêne de l’antique escalier. Réveillé en sursaut par la porte de l’entrée, Sirius avait quitté sa chambre, courrant dans les couloirs sombres, tout son cœur tendu vers un seul et unique espoir : Vivyan a survécu. Il n’y croyait plus, mais ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle était revenue. La porte ne s’était pas ouverte toute seule…

Et dans le hall… une ombre, couchée sur l’épais tapis brodé d’or et de rouge. Sirius retint son souffle, ses yeux d’ordinaire rieurs écarquillés de surprise et d’espoir. Cette silhouette… ces courbes, à la fois gracieux et fragiles… cette crinière ondulée de mèches d’un roux foncés… et ce visage… c’était elle ! Mon Dieu ! Sirius poussa un cri. Vivyan… !

Il se précipita vers elle, enserrant avec douceur son corps inanimé. Était-elle morte ? La peur assaillit son cœur, le glaçant de l’intérieur. Non… non, elle vivait. La veine battait à son coup, et sa peau gardait la délicieuse chaleur des vivants. Vivante, et sans aucune blessure. Un peu pâle, peut-être, mais visiblement en bonne santé. Quelle joie… !
Alarmés par son cri, les autres membres de l’Ordre descendirent un à un l’escalier de bois, se précipitant au risque de rater des marches. Ils ne pouvaient croire à ce miracle. Jamais… jamais un prisonnier n’avait été relâché des terribles salles de torture de Lord Voldemort. Tous en étaient conscients. Comment était-ce possible, alors ? Nul ne le savait. Mais était-ce bien important… ? Dumbledore, sa barbe blanche ébouriffée, encore vêtu de sa robe de chambre, chancelait sous la surprise et le bonheur. Il n’arrivait pas à y croire. Sa petite-fille… vivante ! Comment… ? Il connaissait bien Tom, et jamais il n’aurait relâché de son plein gré une prisonnière… vivante, de surcroît. Il y avait anguille sous roche, il le sentait. Mais l’heure n’était pas aux sombres interrogations.

Il est inutile de décrire les effusions de joie qui eurent lieux cette nuit-là. Chacun se réjouissait du retour de Vivyan, sans pouvoir expliquer sa mystérieuse chance. Tout semblait baigner sous un voile de mystère impénétrable. Mais la vérité finissait toujours par éclater… tôt ou tard.


"Je ne peux m’expliquer ce qui est arrivé cette nuit-là. Je ne m’en souviens pas moi-même, aussi aurais-je du mal à le raconter. Tout me semble flou… comme brouillé. Pourquoi, je n’en sais rien. Tout ce que je me souviens, c’est d’avoir retrouvé Tom, cette nuit-là. Je ne crois pas l’avoir rêvé. Non, jamais je n’aurais pu l’imaginer. Je me souviens de lui, de ses yeux, de ses lèvres, de ses mains. De la douceur de sa peau… de sa bouche. Je suis sûre qu’il a joué un grand rôle dans le théâtre de cette nuit. Mais j’ignore lequel.

Etrangement, je n’en ai parlé à personne, comme j’ai gardé secrète notre première rencontre, au court de cette froide nuit d’Halloween. Pourquoi ? Ca non plus, je n’en sais rien. Un pressentiment, sans doute, comme… une nécessité. Mais cela fait sans doute beaucoup d’inconnues dans cette équation.

Et puis, il y a aussi ce message. Je l’avais au creux de ma main, à mon réveil, et personne n’y avait touché. Je n’ai pas osé l’ouvrir, car Sirius me veillait, attentif, à côté de moi. Le bonheur de le retrouver a été immense, sans doute, mais… je ne puis m’expliquer l’étrange sentiment qui m’assaille lorsqu’il m’embrasse. Cela vient-il de mes retrouvailles avec Tom… ? Probablement.

Tous ont été ravis de me retrouver. Le voir a été pour moi un étrange soulagement. Je ne me souviens que de la bataille, à Pré-au-Lard, et aussi d’avoir été fait prisonnière par les Mangemorts, sans savoir où ils m’ont emmenée et ce qu’il est advenu de moi par la suite. Ai-je été violée, blessée, torturée ? Sans doute as, car je n’ai aucune trace de blessure. Mais la Médico-Magie fait merveille, de nos jours…
Je sais que, même s’il n’en dit rien, mon grand-père trouve tout cela étrange. Je sais que quelque chose cloche, mais je ne sais pas pourquoi, ni comment. Peut-être le découvrirai-je un jour… ?

La seule certitude que j’ai est que j’ai revu Tom. Et cela suffit à me réconforter, à effacer mes craintes. Et ce message que j’ai retrouvé dans ma main… ce message est de lui, je le sais. Que dit-il ? Je le découvrirais bientôt…"



Voilààà! Fin du 14ème chapitre! La suite viendra bientôt, maintenant que l'inspiration m'est revenue... Cela vous a plus? Alors, une pitite review me ferait le plus grand plaisir... Merchiiiii!

Bye et bonne nuit à tous et toutes!
dwarf
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